Chauffe-eau Guide

Mitigeur thermostatique en sortie de ballon

Garder le ballon assez chaud pour l'hygiène et servir aux robinets une eau qui ne brûle pas : le mitigeur thermostatique placé en sortie de ballon concilie ces deux exigences. Il mélange l'eau chaude stockée à de l'eau froide pour livrer au réseau une température stable. Son efficacité dépend de sa place dans l'installation, de son réglage et de son entretien.

Pompe à chaleur installée devant une maison moderne aux murs blancs

Visuel d'illustration.

Stocker chaud, distribuer tempéré

Le ballon d'eau chaude doit garder son eau à 55 °C au minimum, valeur conseillée pour limiter le développement des légionelles. Les robinets de la salle de bain obéissent à une autre limite : l'arrêté du 30 novembre 2005, modifiant l'arrêté du 23 juin 1978, fixe un plafond de 50 °C à l'eau chaude puisée dans les pièces destinées à la toilette. Entre ces deux valeurs, il faut un appareil qui assure la transition, sans compter sur la main de chacun pour doser l'eau froide.

Le mitigeur thermostatique en sortie de ballon remplit ce rôle. Il reçoit l'eau chaude stockée et de l'eau froide, et délivre au réseau une eau mitigée, réglée à la température choisie. L'hygiène est gardée dans le ballon, la sécurité dans la distribution. Un effet secondaire mérite d'être connu : une eau stockée chaude puis mélangée fournit davantage d'eau à température d'usage que la même réserve stockée tiède, ce qui compte dans une maison où les douches s'enchaînent.

Le principe de fonctionnement

L'appareil compte trois raccordements : l'arrivée d'eau chaude, l'arrivée d'eau froide et la sortie d'eau mitigée. À l'intérieur, une cartouche thermostatique renferme un élément thermosensible, qui se dilate ou se rétracte selon la température du mélange. En bougeant, il déplace un tiroir qui ouvre plus ou moins chaque passage. Si l'eau du ballon arrive plus chaude, la part d'eau froide augmente ; si la pression de l'eau froide chute, la part d'eau chaude se réduit.

Pour que cette régulation fonctionne, chaque arrivée reçoit un clapet anti-retour, intégré ou ajouté, qui empêche l'eau chaude de passer dans le réseau froid, et inversement, quand les pressions diffèrent. Les mitigeurs thermostatiques de la robinetterie sanitaire font l'objet de la norme NF EN 1111 (PN 10) ; pour un appareil placé en sortie de ballon, on vérifie dans sa documentation les normes auxquelles il répond et les usages pour lesquels il est prévu.

Où le placer

Le mitigeur se monte près du ballon, sur son départ d'eau chaude, et sa prise d'eau froide se fait sur l'alimentation froide de la maison, selon le schéma de sa notice. Il doit rester accessible, avec une vanne d'isolement sur chacune de ses trois voies, pour pouvoir le démonter sans vidanger le ballon, et de préférence un thermomètre sur la sortie mitigée, qui permet de lire d'un coup d'œil la température envoyée au réseau.

Une précaution découle de son principe : en aval du mitigeur, l'eau circule tempérée, donc dans une plage favorable aux légionelles si elle stagne. On limite par conséquent la longueur de canalisation qui transporte cette eau mitigée. Dans une grande maison, plutôt qu'un seul mitigeur au ballon suivi de longs parcours d'eau tiède, on préfère souvent un mitigeur au départ de chaque groupe de salles de bain, alimenté en eau chaude à température d'hygiène.

Le réglage de l'appareil

Le réglage se fait ballon chaud, après avoir laissé couler l'eau au robinet le plus éloigné jusqu'à ce qu'elle se stabilise. On mesure alors la température au thermomètre, au point de puisage, et l'on ajuste la molette du mitigeur par petites touches, en mesurant de nouveau à chaque fois. Pour les salles de bain, la valeur retenue ne dépasse pas, au robinet, la limite de 50 °C ; elle tient compte de la chaleur perdue en chemin entre l'appareil et les points d'eau.

Une fois la bonne valeur trouvée, on verrouille le réglage, avec le capuchon ou la vis prévus, pour éviter qu'un geste involontaire ne le modifie. Le mitigeur ne peut pas fournir plus chaud que l'eau qu'il reçoit : si le ballon a été baissé, il délivre une eau plus fraîche que prévu, et c'est le ballon qu'il faut corriger, pas le mitigeur. On note la valeur retenue et la date du réglage sur une étiquette fixée près de l'appareil.

Avec un bouclage

Un réseau bouclé, où l'eau chaude circule en permanence entre le ballon et les points d'eau, pose une question de placement. Si le mitigeur se trouve en sortie de ballon et que toute la boucle tourne en eau mitigée, la boucle entière reste tiède, ce qui contredit son intérêt sanitaire. La boucle doit rester chaude sur toute sa longueur, et l'eau se tempère au plus près des salles de bain, sur les antennes qui en partent ou au départ de chaque groupe de pièces.

Certains mitigeurs sont conçus pour s'intégrer à une boucle : leur notice décrit le raccordement du retour, qui doit éviter que l'eau de la boucle refroidisse le mélange ou perturbe la régulation. Le schéma se décide à la conception, avec le dimensionnement de la boucle et du circulateur. Dans une installation existante, on commence par relever les températures au départ, au retour de boucle et aux robinets, avant de déplacer quoi que ce soit.

L'entretien au fil des ans

Le calcaire et les particules sont les ennemis de la cartouche. Le tartre se dépose sur le tiroir et sur l'élément sensible, qui réagissent alors lentement ou se bloquent ; les particules arrachées aux vieux tuyaux encrassent les filtres d'entrée et les clapets. Une dérive de la température mitigée, une eau qui met longtemps à se stabiliser ou un débit qui faiblit signalent un appareil à entretenir. Dans une eau calcaire, un traitement en amont protège le mitigeur autant que le ballon.

L'entretien se fait vannes fermées : on nettoie les filtres, on contrôle les clapets anti-retour, on détartre ou l'on remplace la cartouche selon la notice, puis l'on refait le réglage au thermomètre. Une vérification de la température aux robinets de la salle de bain, à chaque entretien du chauffe-eau, suffit à repérer une dérive. Un mitigeur négligé finit par livrer une eau trop chaude ou une eau tiède, et l'on perd alors le bénéfice qu'il devait apporter.

Questions fréquentes

Ce mitigeur remplace-t-il les thermostatiques de douche ?

Non, les deux se complètent. Le mitigeur en sortie de ballon plafonne la température envoyée au réseau ; le thermostatique de douche maintient la température choisie par l'utilisateur, malgré les variations de pression quand un autre robinet s'ouvre. Le premier protège toute l'installation, le second apporte confort et stabilité au point d'usage.

Quel réglage choisir pour l'eau qui part vers les salles de bain ?

Une valeur qui, mesurée au robinet, ne dépasse pas 50 °C, la limite fixée pour les pièces destinées à la toilette par l'arrêté du 30 novembre 2005. On règle ballon chaud, au thermomètre, au point de puisage le plus éloigné, puis l'on verrouille. Le ballon, lui, reste réglé pour atteindre au moins 55 °C.

Le mitigeur peut-il se placer loin du ballon ?

Oui, et c'est parfois préférable. Placé au départ d'un groupe de salles de bain, il réduit la longueur de tuyau où circule une eau tempérée, plus favorable aux bactéries si elle stagne. Il faut alors que l'eau chaude lui parvienne à température d'hygiène, par un réseau court ou bouclé, et qu'il reste accessible pour l'entretien.