Chauffe-eau Guide

Ballon tampon ou ballon d'eau chaude : la différence

Deux cuves isolées côte à côte dans le local technique n'ont pas forcément le même rôle. Le ballon tampon stocke l'eau du chauffage, celle qui circule dans les radiateurs ou le plancher et ne sort jamais au robinet. Le ballon d'eau chaude sanitaire stocke l'eau potable que l'on utilise. Les confondre conduit à de mauvais réglages, voire à des erreurs de sécurité.

Pompe à chaleur installée devant une maison moderne aux murs blancs

Visuel d'illustration.

Deux ballons, deux eaux

Une maison chauffée par une chaudière ou une pompe à chaleur contient deux eaux qui ne doivent jamais se mélanger. L'eau de chauffage tourne en circuit fermé, traitée contre la corrosion, et passe des années dans les tubes et les radiateurs. L'eau chaude sanitaire, elle, vient du réseau public, se réchauffe dans un ballon, puis part aux robinets et à la douche : elle se renouvelle à chaque usage et doit garder la qualité de l'eau potable.

Les deux appareils se ressemblent : même forme de cuve, même habillage isolant, des piquages en nombre. Ce qui les distingue se lit sur leur plaque signalétique et dans leurs raccordements. Le ballon tampon est relié au circuit de chauffage, avec ses sécurités propres. Le ballon d'eau chaude reçoit l'eau froide du réseau par un groupe de sécurité et alimente les points d'eau. Avant tout réglage, on identifie donc chaque cuve, et l'on étiquette les tuyaux si ce n'est pas déjà fait.

Le ballon tampon

Le ballon tampon sert de réserve d'eau de chauffage. Avec une pompe à chaleur, il augmente le volume d'eau du circuit et lui évite des démarrages trop courts et trop rapprochés, quand la maison demande peu de chaleur ou que des zones se ferment. Avec une chaudière à bois, il stocke la chaleur produite par une flambée pour la restituer ensuite, au fil des heures. Il peut aussi séparer hydrauliquement le générateur des circuits de chauffage, chacun gardant son propre débit.

Il n'est pas toujours nécessaire. Sa présence dépend du générateur, du volume d'eau de l'installation et de sa régulation, et la notice du fabricant précise souvent quand il s'impose. Faisant partie du circuit de chauffage, il est protégé par les sécurités de ce circuit, soupape et vase d'expansion, et non par un groupe de sécurité sanitaire. Son isolation compte : un ballon tampon mal isolé, installé dans un garage froid, perd une partie de la chaleur qu'il devait garder.

Le ballon d'eau chaude sanitaire

Le ballon d'eau chaude sanitaire stocke l'eau que l'on utilise, réchauffée par une résistance électrique, par un échangeur relié à la chaudière ou à la pompe à chaleur, ou par une petite pompe à chaleur intégrée dans le cas d'un appareil thermodynamique. Il est soumis à la pression du réseau, et l'eau s'y dilate en chauffant. Un groupe de sécurité est donc obligatoire sur son arrivée d'eau froide : la norme NF EN 1487 porte sur ces groupes de sécurité hydrauliques des chauffe-eau à accumulation.

Ce groupe rassemble trois fonctions dans un même corps : couper l'arrivée d'eau, interdire à l'eau du ballon de repartir vers le réseau, et libérer la surpression quand l'eau dilatée ne trouve plus de place. Quelques gouttes s'en échappent pendant la chauffe, ce qui est normal ; c'est pourquoi il se raccorde à une évacuation par un entonnoir à siphon. La cuve se protège de la corrosion par une anode, le plus souvent une pièce de magnésium qui se dégrade à la place de l'acier, ou par une anode alimentée électriquement selon les modèles.

Le ballon combiné

Certaines installations réunissent les deux fonctions dans une seule cuve. Le ballon combiné, appelé aussi ballon mixte, contient l'eau de chauffage, et l'eau sanitaire y est réchauffée soit dans une seconde cuve plongée dans la première, soit en traversant un serpentin, un long tube enroulé à l'intérieur. On le rencontre avec les pompes à chaleur, les chaudières à bois ou les capteurs solaires, quand on veut gagner de la place et partager une même réserve de chaleur.

Les deux eaux restent séparées par une paroi : l'une ne se mélange jamais à l'autre. Chacune garde donc ses sécurités. Côté sanitaire, un groupe de sécurité protège la partie qui contient l'eau potable ; côté chauffage, la soupape et le vase d'expansion du circuit restent en place. Ces appareils demandent une étude précise, car la température de la partie chauffage conditionne celle de l'eau sanitaire, et donc son hygiène au quotidien.

Les températures à régler

Le ballon tampon se règle d'après les besoins du chauffage : sa température suit souvent la courbe de chauffe, plus élevée par grand froid, plus basse en demi-saison. Baisser sa consigne ne pose pas de problème d'hygiène, puisque son eau ne sort jamais au robinet ; le seul risque est de manquer de chaleur dans les pièces. Le ballon d'eau chaude sanitaire obéit à une autre logique, où l'hygiène et la sécurité passent avant l'économie d'énergie.

Pour l'eau sanitaire, la consigne du ballon ne descend pas sous 55 °C, réglage conseillé pour limiter la prolifération des légionelles. À l'autre bout du réseau, l'arrêté du 30 novembre 2005 (modificatif de l'arrêté du 23 juin 1978) fixe à 50 °C la limite de l'eau chaude là où l'on fait sa toilette, aux points de puisage des salles de bain et des salles d'eau : un mitigeur thermostatique concilie les deux exigences. Dans un ballon combiné, on vérifie que la partie sanitaire atteint bien sa température d'hygiène.

L'entretien au fil des ans

Le ballon tampon demande peu de chose : une purge de l'air en partie haute, un contrôle de son isolation et de ses sondes, et la surveillance de l'eau du circuit, dont la qualité et l'inhibiteur se vérifient avec le reste du chauffage. Une pression qui baisse dans le circuit le concerne aussi : on cherche la fuite ou l'on fait contrôler le vase d'expansion. Les vannes qui permettent de l'isoler se manœuvrent de temps en temps pour ne pas gripper.

Le ballon sanitaire réclame davantage. On manœuvre régulièrement la soupape du groupe de sécurité, selon sa notice, pour éviter qu'elle se bloque, et l'on vérifie que l'évacuation reste libre. L'anode se contrôle et se remplace quand elle est usée. Dans une eau calcaire, le tartre se fixe sur la résistance ou l'échangeur et forme des dépôts au bas de la cuve : vidanger et détartrer, à une fréquence qui tient compte de la dureté locale et des volumes consommés, garde l'appareil efficace.

Questions fréquentes

Toutes les pompes à chaleur demandent-elles un ballon tampon ?

Non. Le ballon tampon s'impose quand le volume d'eau de l'installation est trop faible pour le générateur, quand des zones se ferment souvent, ou quand la notice du fabricant le demande. D'autres installations fonctionnent très bien sans lui. La décision se prend par calcul, à la conception, en fonction du générateur, des émetteurs et de la régulation.

L'eau d'un ballon tampon est-elle potable ?

Non, et elle ne doit jamais le devenir. C'est de l'eau de chauffage, qui circule en circuit fermé, reste des années dans l'installation et reçoit souvent un traitement contre la corrosion. Elle n'est reliée à aucun robinet. Les deux réseaux restent séparés, et le remplissage du chauffage passe par un dispositif qui empêche tout retour vers l'eau potable.

Un ballon tampon a-t-il besoin d'un groupe de sécurité ?

Pas d'un groupe de sécurité sanitaire. Il appartient au circuit de chauffage et se trouve protégé par les sécurités de ce circuit : soupape, vase d'expansion, manomètre. Le groupe de sécurité, objet de la norme NF EN 1487, équipe les chauffe-eau à accumulation qui contiennent l'eau potable, y compris la partie sanitaire d'un ballon combiné.