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Zellige dans la douche : joints et étanchéité

Derrière l'éclat de son émail, un zellige de douche laisse passer l'eau : par ses joints fins et irréguliers, par ses bords non émaillés, par son biscuit poreux. Ce n'est pas un défaut si la protection a été prévue au bon endroit, c'est-à-dire dessous. Une étanchéité continue, des joints choisis pour ses arêtes et quelques gestes d'entretien suffisent alors à faire durer la douche.

Salle de bain à l'ancienne carrelée de bleu, avec miroir et lavabo, vue par une porte entrouverte

Visuel d'illustration.

Un mur exposé à l'eau

Dans une douche, le mur en zellige reçoit le jet direct, le ruissellement, la vapeur et le savon, plusieurs fois par jour. L'émail résiste à tout cela, mais le carreau n'est pas une barrière : ses joints sont étroits et de profondeur inégale, ses chants ne sont pas émaillés, et son biscuit, la terre cuite qui forme le corps du carreau, absorbe l'eau. Celle-ci finit par gagner la colle, puis le support, lentement et sans se montrer.

Les zones les plus exposées se repèrent facilement : le mur qui fait face à la pomme de douche, le bas des parois où l'eau s'accumule en descendant, les angles rentrants, le fond des niches et des tablettes, le pourtour du mitigeur et du bras de douche. C'est là que les premiers signes apparaissent quand rien ne protège le support : joints qui restent sombres, moisissures, carreaux qui sonnent creux. Le zellige est un parement ; la protection de la douche se joue en dessous.

L'étanchéité sous le zellige

Avant la pose, le support reçoit un système d'étanchéité sous carrelage : un SPEC, système de protection à l'eau sous carrelage, ou un SEL, système d'étanchéité liquide, appliqués en plusieurs couches avec des bandes de renfort, ou encore une natte collée selon les produits. Ces systèmes relèvent d'avis techniques ou de documents techniques d'application du CSTB. Demandez celui du système posé chez vous, et vérifiez avec le poseur qu'il convient au revêtement prévu et à la colle choisie.

La continuité se joue dans les détails : bandes dans tous les angles, manchettes autour de chaque tuyau qui traverse le mur, collerette autour des corps encastrés, retours soignés dans les niches, raccord avec l'étanchéité du sol jusqu'au siphon. Le plombier place les corps de robinetterie et le bras de douche à la bonne profondeur, en tenant compte de l'épaisseur du zellige et de sa colle. Les fixations des accessoires se décident avant, pour ne pas percer la couche étanche ensuite, et chaque étape se photographie avant d'être recouverte.

Des joints à part

Un joint de zellige n'a ni largeur ni profondeur constantes. Le mortier doit pourtant remplir toute l'épaisseur, sans quoi un joint creux garde l'eau et le savon. On choisit un mortier de joint fin, capable de pénétrer dans un interstice étroit, et adapté aux zones humides. On travaille par petites surfaces, en pressant le mortier en diagonale avec une taloche en caoutchouc, puis on nettoie avec une éponge à peine humide et l'on retire le voile restant avant qu'il ne durcisse sur l'émail.

Les joints soumis aux mouvements ne se font pas au mortier. Dans les angles verticaux, à la jonction entre mur et sol, autour d'une fenêtre ou d'un receveur, un mastic souple prend le relais, car un joint rigide y fissurerait. La teinte compte aussi : un joint très clair se tache vite dans une douche, un ton moyen proche de l'émail vieillit mieux. Enfin, la douche ne sert qu'une fois le mortier et les mastics durcis, selon les durées indiquées sur leurs fiches.

Le zellige au sol de la douche

Le zellige mural n'est pas fait pour le sol. Son émail brillant devient glissant une fois mouillé, sa surface ondulée retient de petites flaques sur la pente, et un flacon qui tombe peut écailler l'émail. Il existe des zelliges plus épais, parfois mats ou non émaillés, destinés aux sols ; au sol d'une douche, ils demandent malgré tout une protection suivie, surtout lorsque la terre cuite est à nu, et un entretien plus attentif que les murs.

La solution la plus courante consiste à garder le zellige pour les murs et à choisir pour le sol une matière accordée à sa couleur : une pierre adoucie ou brossée, une mosaïque, un grès cérame qui accroche, ou un receveur en pierre ou en résine minérale. La jonction entre mur et sol se traite par un joint souple. Si vous tenez au zellige jusque sous vos pieds, choisissez un modèle prévu pour le sol, une pente bien formée et testez un échantillon mouillé avant de commander.

Hydrofuger ou non

La face émaillée n'a besoin d'aucun traitement : un hydrofuge ne pénètre pas dans l'émail et y laisserait des traînées. Ce qui gagne à être protégé, ce sont les joints à base de ciment, qu'un produit spécifique rend moins absorbants et moins salissants, et les chants poreux, qu'une protection appliquée avant le jointoiement empêche de se teinter. Un zellige non émaillé, en terre cuite nue, demande en revanche une imprégnation complète, renouvelée selon l'usure.

Aucun de ces produits ne remplace l'étanchéité posée sous le zellige : ils limitent les taches et facilitent le nettoyage, sans empêcher l'eau d'atteindre le support. On les applique sur une surface propre et sèche, en essuyant aussitôt l'excédent tombé sur l'émail, après un essai sur des carreaux de réserve. Le traitement des joints se renouvelle quand l'eau cesse d'y perler, ce qui arrive plus vite au bas des murs que près du plafond.

Entretien et réparations

Sur une surface ondulée, la raclette passe mal : une microfibre après la douche, la porte ou la paroi laissée entrouverte et une bonne ventilation évitent l'essentiel des dépôts et des moisissures. Le nettoyage courant se fait au savon neutre, avec une brosse souple sur les joints, sans acide, qui attaquerait le ciment, ni abrasif, qui rayerait l'émail. Les mastics des angles se refont dès qu'ils noircissent ou se décollent, avant que l'eau ne passe derrière.

Remplacer un carreau fêlé dans une douche demande une précaution particulière : ne pas blesser l'étanchéité. On dégage les joints autour avec une scie à joint ou un outil oscillant, on casse le carreau depuis le centre, puis l'on retire la colle sans gratter jusqu'à la couche étanche ; toute entaille se répare avec le produit du système avant de recoller une pièce de réserve. Pour que ce travail reste simple, conservez :

  • Quelques carreaux de la même production
  • La référence et la teinte du mortier de joint
  • Le nom du système d'étanchéité et son document technique
  • Les photos des étapes prises avant la pose du zellige

Questions fréquentes

Un mastic noirci dans les angles se nettoie-t-il ?

Rarement de façon durable : les moisissures se logent dans l'épaisseur du mastic, et la tache revient. Mieux vaut le retirer entièrement, nettoyer et sécher l'angle, puis poser un mastic sanitaire neuf, compatible avec la terre cuite et l'émail. Une bonne ventilation et un essuyage des angles après la douche retardent ensuite son retour.

Un joint époxy est-il indispensable avec du zellige ?

Non. Il offre une très bonne tenue à l'eau et aux taches, mais il se nettoie difficilement sur un émail ondulé et piqueté, et un voile mal retiré reste visible. Un mortier de joint fin, adapté aux zones humides, convient très bien, puisque l'étanchéité est assurée dessous. L'époxy se réserve aux mains expérimentées, après un essai sur quelques carreaux.

Quels signes montrent que l'eau passe derrière le zellige ?

Plusieurs signes l'indiquent : des joints qui restent sombres longtemps après la douche, des carreaux qui sonnent creux, des moisissures qui reviennent dans les angles, une peinture qui cloque ou une tache de l'autre côté du mur. Ces indices justifient un diagnostic rapide, car l'eau continue d'abîmer le support tant que sa cause n'est pas traitée.