Plomberie Guide

Odeurs d'égout en salle de bain : siphons et ventilation

L'odeur d'égout dans une salle de bain a presque toujours une cause mécanique, et donc une solution. Le plus souvent, c'est la garde d'eau d'un siphon, ce petit bouchon d'eau qui sépare la pièce du réseau, qui a disparu ou qui est contournée. La ventilation des chutes, les joints et les raccords complètent le tableau, à examiner dans un ordre précis.

Robinet en laiton posé sur une table en bois

Visuel d'illustration.

La garde d'eau

Chaque appareil sanitaire est relié à l'évacuation par un siphon, un tuyau coudé ou une petite cloche qui retient en permanence un peu d'eau. Cette réserve, appelée garde d'eau, forme un bouchon liquide entre la pièce et le réseau d'évacuation, où circulent des gaz malodorants. Tant qu'elle est en place, ces gaz ne remontent pas. Le lavabo, la baignoire, la douche, le bidet, le siphon de sol et la machine à laver ont chacun le leur ; la cuvette du WC intègre le sien.

Tout le système repose sur cette petite quantité d'eau. Une odeur d'égout signifie donc, le plus souvent, que la garde d'eau a disparu, qu'elle a été contournée par une fuite d'air, ou que le siphon lui-même est encrassé et dégage sa propre odeur. Pour leur mise en œuvre, le NF DTU 60.1 donne les règles de la plomberie sanitaire pour bâtiments, alimentation et évacuation comprises. Un réseau posé dans les règles préserve les gardes d'eau ; un réseau modifié sans soin les met à l'épreuve.

Un siphon qui se vide

La garde d'eau disparaît de plusieurs façons. Par évaporation, d'abord, dans une pièce peu utilisée, chauffée, ou au-dessus d'un plancher chauffant qui assèche un siphon de sol. Par autosiphonnage, ensuite : l'eau qui s'écoule d'un appareil entraîne avec elle celle de son propre siphon, quand la canalisation qui suit est mal dimensionnée ou trop pentue. Par siphonnage induit, enfin, quand l'écoulement d'un autre appareil, une chasse d'eau à l'étage par exemple, aspire l'eau au passage.

D'autres causes, plus discrètes, existent. Une surpression dans la chute peut repousser la garde d'eau vers la pièce, avec des bulles et un glouglou caractéristiques. Un cheveu ou un fil pendu dans le siphon peut, par capillarité, l'assécher lentement. Un siphon fêlé ou mal revissé laisse fuir son eau. Le signe commun de ces situations : en regardant dans la bonde, on ne voit plus d'eau, ou son niveau baisse visiblement entre deux usages.

Ventilation primaire et clapets

La ventilation primaire, c'est-à-dire le prolongement de la chute jusqu'au toit, laisse l'air entrer dans le réseau quand l'eau descend et protège ainsi les gardes d'eau. Si sa sortie se bouche, par un nid, des feuilles ou un chapeau mal adapté, ou si elle a été supprimée lors d'un aménagement de combles, les siphons des étages se vident à chaque écoulement important. L'odeur apparaît alors surtout après une chasse d'eau ou une vidange de baignoire, accompagnée de gargouillis.

Le clapet aérateur, posé en haut d'une chute ou d'une branche quand la sortie en toiture fait défaut, s'ouvre pour laisser entrer l'air et se referme aussitôt. S'il se bloque fermé, il ne joue plus son rôle et les siphons se vident ; s'il reste entrouvert, il laisse passer l'odeur du réseau dans le coffrage ou les combles, puis dans la pièce. Un clapet se contrôle donc lors de chaque recherche d'odeur : il doit être accessible et propre, et se remplace s'il ne fonctionne plus.

Joints et raccords

Une odeur qui persiste alors que tous les siphons sont pleins vient souvent d'une fuite d'air sur le réseau lui-même. Le raccordement du WC est un suspect classique : la pipe ou le manchon qui relie la cuvette à l'évacuation se déboîte légèrement, son joint durcit, ou la cuvette a bougé sur son support. Un joint de silicone posé autour du pied peut alors masquer le défaut sans le résoudre. Les bouchons de dégorgement mal revissés et les raccords collés fissurés laissent aussi passer l'air.

Dans une maison ancienne, une chute en fonte peut présenter un joint ouvert ou une fissure, souvent dans un coffrage, sous un plancher ou dans une gaine. Dans une douche de plain-pied, c'est parfois le raccordement du siphon sous le sol qui fuit. Pour localiser ces défauts, le professionnel dispose d'un essai à la fumée : une fumée prévue à cet effet est envoyée dans le réseau, et l'on observe où elle ressort. Une odeur qui s'intensifie près du sol ou dans un placard oriente aussi la recherche.

Les pièces peu utilisées

Une salle de bain d'invités, une salle d'eau de résidence secondaire ou une douche d'été restent parfois des semaines sans servir. Leurs siphons s'évaporent lentement, et l'odeur accueille les premiers occupants. La parade est simple : laisser l'eau couler un moment dans chaque appareil à intervalles réguliers, y compris le bidet, la baignoire rarement utilisée et le siphon de sol, que l'on oublie toujours. La personne qui veille sur la maison peut s'en charger lors de ses passages.

Avant une longue absence, quelques précautions limitent le phénomène : fermer les abattants des WC, remplir chaque siphon juste avant de partir et, pour les siphons de sol, choisir lors des travaux un modèle muni d'un dispositif qui freine l'évaporation et les remontées d'air, en complément de la garde d'eau. Au retour, on remplit d'abord tous les siphons, puis l'on aère, avant de conclure à une panne. Une odeur qui disparaît ainsi désignait simplement un siphon sec.

Chercher la cause avec méthode

Une recherche d'odeur se mène dans un ordre précis, du plus simple au plus technique. On observe d'abord quand l'odeur apparaît : en permanence, après une chasse, par grand vent, au retour d'une absence, par temps chaud. Chacun de ces moments oriente vers une cause différente. On procède ensuite par étapes, en notant ce qui change à chaque vérification, et sans multiplier les produits avant d'avoir trouvé l'origine :

Un siphon encrassé mérite une attention particulière : les dépôts de cheveux, de savon et de résidus qui s'y accumulent fermentent et sentent mauvais par eux-mêmes, même avec une garde d'eau intacte. Un démontage et un nettoyage à l'eau chaude règlent souvent le problème. Les produits très agressifs, en revanche, abîment les joints et certains tuyaux, sans traiter une cause de ventilation ou de raccordement.

  • remplir tous les siphons et attendre : si l'odeur disparaît, ils s'étaient vidés
  • démonter et nettoyer le siphon de l'appareil suspect
  • écouter les gargouillis lors des écoulements, signe d'un manque d'air dans la chute
  • vérifier le clapet aérateur et la sortie de ventilation en toiture
  • contrôler le raccordement du WC et les joints visibles
  • faire réaliser un essai à la fumée si la cause reste introuvable

Questions fréquentes

Par grand vent, l'odeur revient : y a-t-il un lien ?

C'est possible. Le vent qui balaie le toit peut créer des variations de pression dans la chute par sa sortie de ventilation, et faire osciller les gardes d'eau jusqu'à les affaiblir. On vérifie alors la sortie en toiture, son chapeau et son dégagement. Si les siphons sont bien pleins et que l'odeur suit le vent, cette piste devient la plus probable.

Un déboucheur chimique fait-il disparaître l'odeur ?

Rarement de façon durable. Il peut dissoudre une partie des dépôts d'un siphon encrassé, mais un démontage et un nettoyage font mieux et ménagent les joints. Il ne règle ni une garde d'eau qui s'évapore, ni une ventilation bouchée, ni un raccord qui laisse passer l'air. Utilisé souvent, il peut même abîmer certaines canalisations.

Une odeur après la pose d'un nouveau WC, est-ce normal ?

Non. Une odeur qui apparaît après une pose signale le plus souvent un défaut de raccordement : manchon mal emboîté, joint pincé, cuvette qui bouge sur son support, ou pipe d'évacuation mal alignée. On vérifie d'abord la fixation de la cuvette, puis le raccordement, au besoin en déposant l'appareil. Un joint de silicone autour du pied ne suffit pas à corriger ce défaut.