Trop de pression
La pression de l'eau au robinet dépend d'abord du réseau public : de la hauteur du réservoir qui alimente le secteur, de la position de la maison, en bas ou en haut d'une pente, et de l'heure. La nuit, quand la consommation chute, la pression du réseau remonte souvent. Deux maisons d'une même rue peuvent donc recevoir des pressions différentes, et une même maison voir la sienne varier au fil de la journée.
Une pression excessive se trahit par des signes concrets : des jets qui éclaboussent à l'ouverture d'un robinet, des claquements à la fermeture, une chasse d'eau qui siffle, un groupe de sécurité de chauffe-eau qui coule en permanence. Plus discrètement, elle fatigue les joints, les cartouches de mitigeur et les flexibles, dont la rupture provoque des dégâts des eaux. Les notices des appareils indiquent la plage de pression qu'ils acceptent : c'est la référence à confronter à la mesure.
Mesurer chez soi
La mesure se fait au manomètre, un cadran gradué qui se visse sur un robinet fileté, celui du lave-linge ou un robinet extérieur, avec l'adaptateur adéquat. On relève d'abord la pression statique, tous les robinets fermés, à plusieurs moments de la journée, en particulier tôt le matin ou tard le soir, quand le réseau est le moins sollicité. On note chaque valeur avec l'heure, pour repérer les écarts entre le jour et la nuit.
On mesure ensuite la pression dynamique, un robinet ouvert à côté du manomètre, pour voir de combien elle chute quand l'eau coule. Une forte chute signale un réseau intérieur trop étroit ou entartré, un problème que le réducteur ne réglera pas. On compare enfin les valeurs relevées avec les exigences des appareils les plus sensibles : mitigeurs thermostatiques, WC lavant, douche de tête, chauffe-eau. Le service des eaux peut indiquer la pression habituelle du secteur.
Le réducteur de pression
Le réducteur de pression est un petit appareil en laiton qui abaisse la pression de l'eau en aval, à une valeur réglée, et la maintient à peu près constante malgré les variations du réseau. À l'intérieur, un ressort agit sur une membrane ou un piston qui ouvre plus ou moins le passage : quand la pression aval monte, le passage se resserre ; quand on puise, il s'ouvre. Une vis de réglage, sous un capuchon, modifie la force du ressort et donc la valeur de sortie.
La plupart des modèles comportent un emplacement pour un manomètre, qui affiche la pression aval, et certains intègrent un filtre qui retient les particules. Le réducteur se choisit selon le diamètre de la canalisation et le débit de la maison : trop petit, il freine l'eau quand plusieurs robinets coulent ensemble. Il ne supprime pas à lui seul les coups de bélier, mais en abaissant la pression il en atténue la violence.
Où installer l'appareil
Le réducteur se pose en tête d'installation, après le compteur et la vanne d'arrêt générale, avant que le réseau ne se divise vers les différents appareils. Il protège ainsi l'ensemble de la maison, chauffe-eau compris. On le place de préférence après un filtre, qui le préserve des grains de sable et des particules susceptibles d'abîmer son clapet. Le sens d'écoulement est indiqué par une flèche sur son corps, et la mise en œuvre suit le NF DTU 60.1, relatif à la plomberie sanitaire pour bâtiments.
Il doit rester accessible et à l'abri du gel : un regard de compteur au fond du jardin, souvent humide et difficile à ouvrir, n'est pas l'endroit idéal si l'on peut faire mieux dans la maison. Deux vannes, une de chaque côté, permettent de l'isoler pour le démonter sans vidanger l'installation. Un arrosage qui a besoin de toute la pression du réseau peut, selon l'installation, être piqué avant le réducteur, sur un circuit séparé et clairement repéré.
Le régler correctement
Le réglage se fait à l'aide du manomètre aval, en tournant la vis par petites fractions, robinets fermés, puis en vérifiant la pression robinet ouvert. La valeur se choisit d'après les appareils de la maison : assez haute pour que la douche du dernier étage reste agréable et que les appareils exigeants fonctionnent, assez basse pour rester dans la plage indiquée par toutes les notices. On part d'une valeur un peu haute, puis l'on descend jusqu'au bon compromis.
Le réglage se vérifie à l'usage. On ouvre la douche du dernier étage en même temps qu'un robinet de cuisine, on lance une chasse, on observe le remplissage d'un appareil : si le débit s'effondre, la valeur est trop basse ou l'appareil sous-dimensionné. Une fois la bonne valeur trouvée, on remet le capuchon, on la note sur une étiquette près du réducteur, et l'on prévient les occupants qu'il ne faut pas y toucher.
Le contrôler et l'entretenir
Un réducteur s'use. Son signe de fatigue le plus typique est une pression aval qui monte lentement quand personne ne puise, jusqu'à rejoindre celle du réseau : le clapet ne ferme plus parfaitement. D'autres indices doivent alerter : un retour des éclaboussures et des claquements, un groupe de sécurité qui coule de nouveau en permanence, un manomètre qui bouge sans raison. On le contrôle à chaque visite d'entretien, en lisant simplement son manomètre.
Une hausse de pression peut aussi venir du chauffe-eau. Quand l'eau chauffe, elle se dilate ; or le réducteur, comme un clapet, l'empêche de repartir vers le réseau. La pression monte alors dans la partie chaude jusqu'à l'ouverture de la soupape du groupe de sécurité, qui laisse couler un peu d'eau : c'est normal pendant la chauffe. Si ce rejet devient important, un vase d'expansion sanitaire, petit réservoir prévu pour l'eau potable, peut l'absorber. Filtre et cartouche du réducteur s'entretiennent selon la notice.
Questions fréquentes
Un réducteur de pression diminue-t-il le débit de la douche ?
Bien choisi et bien réglé, il réduit la pression sans priver la douche de débit. Les problèmes viennent d'un appareil trop petit pour la canalisation, qui freine l'eau quand plusieurs robinets coulent, ou d'un réglage trop bas, surtout ressenti à l'étage. On vérifie donc le réglage en faisant couler plusieurs points d'eau ensemble, puis l'on ajuste.
Pourquoi la pression remonte-t-elle quand personne ne puise ?
Deux causes sont fréquentes. Soit le clapet du réducteur ne ferme plus parfaitement, et la pression aval rejoint peu à peu celle du réseau ; soit le chauffe-eau dilate l'eau pendant sa chauffe, dans une partie du réseau qui ne peut plus se décharger vers l'extérieur. Le manomètre, relevé à différents moments, permet de distinguer les deux situations.
Qui est responsable de la pression du réseau public ?
Le service des eaux gère le réseau public et la pression qu'il délivre au compteur, qui dépend du secteur. Ce qui se passe après le compteur relève du propriétaire : c'est à lui de protéger son installation par un réducteur si la pression est trop forte. Le service peut en revanche renseigner sur la pression habituelle du quartier.