Chauffage Guide

Raccorder un sèche-serviettes au chauffage central

Raccordé au chauffage central, le sèche-serviettes devient un radiateur à part entière du circuit. Il en suit donc les règles : une puissance adaptée à la pièce, une alimentation et un retour bien placés, des robinets pour l'isoler, un purgeur et un réglage qui lui donne sa juste part d'eau chaude. Reste la question de l'été, à trancher dès le projet.

Radiateur électrique blanc dans une salle de bain avec fenêtre et baignoire

Visuel d'illustration.

Un radiateur comme les autres

Un sèche-serviettes à eau est irrigué par le même circuit que les radiateurs, depuis le générateur de la maison. L'eau entre par l'alimentation, traverse les tubes de l'appareil et repart par le retour vers le générateur. Son choix commence par la puissance : elle se détermine d'après les pertes de chaleur de la salle de bain, et non d'après la largeur du mur disponible. La température de confort visée dans une salle de bain est d'ailleurs en général plus haute que dans les autres pièces, et le calcul l'intègre.

La puissance annoncée par un fabricant correspond à une température d'eau de référence. Avec une pompe à chaleur ou une chaudière réglée à basse température, l'appareil chauffe nettement moins que cette valeur, et il faut parfois choisir un modèle plus grand pour obtenir le même confort. Des serviettes posées sur les tubes freinent aussi la diffusion de chaleur : un appareil choisi trop juste sèche le linge, mais laisse la pièce fraîche.

Emplacement et volumes

Sa place se décide avec l'usage de la pièce : le plus près possible de la douche ou de la baignoire, pour attraper une serviette chaude sans traverser la pièce mouillé, et hors du débattement des portes et des tiroirs. Ses fixations travaillent. Un appareil rempli d'eau, chargé de linge humide et parfois tiré par la main, demande des chevilles adaptées au mur, et un renfort dans une cloison en plaques de plâtre, posé avant la fermeture. Sans ce renfort, les fixations finissent par prendre du jeu.

Un modèle purement hydraulique ne comporte aucun élément électrique. Dès qu'il reçoit une résistance d'appoint, un soufflant ou une commande électronique, la norme NF C 15-100 (installations électriques à basse tension) entre en jeu avec ses volumes de sécurité, tracés à partir de la baignoire et de la douche, et l'emplacement se valide avec l'électricien. Ce point se règle sur le plan : déplacer un appareil après coup oblige à reprendre tubes, carrelage et fixations.

Tubes encastrés ou apparents

Les tubes arrivent du sol ou du mur. En rénovation complète, on les encastre dans une saignée ou un doublage, en multicouche ou en polyéthylène réticulé sous gaine, d'une seule longueur jusqu'aux sorties, sans raccord caché dans la paroi. Les sorties doivent tomber exactement à l'entraxe de l'appareil, c'est-à-dire à l'écart entre ses deux orifices de raccordement : on choisit donc le modèle avant de fermer les murs, notice en main.

Quand le mur ne s'ouvre pas, les tubes restent apparents. Un cuivre bien dressé, chromé ou laissé brut, peut alors faire partie du décor, à condition de suivre des lignes franches et des fixations régulières. On évite les longues traversées de pièce en applique, qui encombrent et refroidissent l'eau en chemin. Dans tous les cas, les tubes sont mis en pression et contrôlés avant la pose du carrelage, et leur tracé est photographié pour les interventions futures.

Robinets et purgeur

L'appareil reçoit deux organes. Sur l'alimentation, un robinet de réglage, manuel ou thermostatique, module la chaleur. Sur le retour, un té de réglage, petit robinet dont la vis se règle à la clé, sert à l'équilibrage puis reste en place. Fermer les deux isole le sèche-serviettes du circuit : on peut alors le déposer pour peindre le mur ou le remplacer, sans vidanger toute l'installation. Leur position se choisit pour qu'ils restent accessibles une fois l'appareil posé.

Une tête thermostatique se place de façon à mesurer l'air de la pièce, et non la chaleur des serviettes : enfouie sous le linge, elle ferme trop tôt. En haut de l'appareil, un purgeur permet d'évacuer l'air qui s'accumule et empêche l'eau de circuler dans les derniers tubes. Il en existe des manuels, qui s'ouvrent avec une petite clé, et des automatiques, qui laissent sortir l'air seuls mais se surveillent, car un purgeur encrassé finit par goutter.

L'équilibrage du circuit

Une salle de bain se trouve souvent au bout du circuit, loin de la chaudière, et le sèche-serviettes y reçoit moins d'eau chaude que les radiateurs proches. À l'inverse, un appareil placé près du générateur peut capter trop de débit et priver les autres. Le té de réglage du retour sert précisément à corriger ces écarts : on le ferme plus ou moins pour que chaque émetteur reçoive sa part, sans excès ni manque.

Le réglage se fait chauffage en marche, en comparant la température de l'eau à l'entrée et à la sortie des appareils, puis en retouchant d'abord ceux qui sont les mieux servis. Après l'ajout d'un sèche-serviettes, on purge tout le circuit, on contrôle la pression au manomètre du générateur et l'on vérifie que le circulateur suffit à la nouvelle configuration. Les réglages retenus se notent, pour être retrouvés après un entretien ou un remplacement.

Et pendant l'été ?

Raccordé au seul circuit de chauffage, l'appareil en suit le calendrier. Dès que la chaudière ne sert plus qu'à l'eau chaude, ou qu'elle est arrêtée pour la belle saison, il reste froid, et les serviettes sèchent à l'air de la pièce. Dans une salle de bain bien ventilée, ce n'est pas toujours gênant. Dans une maison où les douches s'enchaînent, ou dans une pièce qui garde l'humidité, l'absence de chaleur se remarque vite.

Deux réponses existent. Le modèle mixte, équipé d'une résistance électrique, prend le relais hors saison, avec ses propres règles de raccordement et de sécurité. Un petit appareil électrique distinct peut aussi compléter le sèche-serviettes à eau, si la pièce s'y prête. Faire tourner tout le chauffage l'été pour un seul appareil n'a guère de sens. Le choix se fait à la conception, quand les murs sont ouverts et que l'électricien peut prévoir son alimentation.

Questions fréquentes

Le chauffage doit-il être vidangé pour raccorder l'appareil ?

Souvent en partie. Si l'on remplace un radiateur muni de ses robinets, on l'isole et l'on ne vide que l'appareil. Pour créer un nouveau piquage sur le circuit, c'est-à-dire une nouvelle dérivation, il faut vidanger au moins la partie concernée, puis remplir, purger et contrôler la pression. C'est aussi l'occasion de regarder l'état de l'eau du circuit.

Un plancher chauffant peut-il alimenter le sèche-serviettes ?

Rarement de façon satisfaisante. L'eau d'un plancher chauffant est trop tiède pour qu'un sèche-serviettes sèche bien le linge. On le raccorde de préférence au circuit des radiateurs, quand il existe, ou l'on choisit un modèle mixte ou électrique. Dans une maison entièrement chauffée par le sol, la question se tranche dès la conception de la salle de bain.

Le haut de l'appareil reste froid : faut-il s'inquiéter ?

Le plus souvent, de l'air s'est logé dans les tubes supérieurs, où l'eau ne circule plus. On le chasse par le purgeur, circulateur à l'arrêt, puis l'on remet le circuit à la bonne pression. Si le phénomène revient vite, on cherche l'entrée d'air, ou un manque de débit que l'équilibrage corrigera.