Deux modes de chauffe
En hiver, l'appareil fonctionne comme un radiateur du circuit : l'eau chauffée par le générateur le traverse, et sa chaleur suit le rythme du chauffage. Hors saison, une résistance électrique plongée dans le bas de l'appareil réchauffe l'eau qu'il contient, qui circule alors à l'intérieur des tubes par simple différence de température. Le sèche-serviettes devient ainsi un radiateur électrique à fluide, sans que la chaudière ait à redémarrer pour lui.
Tous les modèles à eau n'acceptent pas cette transformation. Le fabricant prévoit un orifice dédié, au bas de l'appareil, pour recevoir la résistance, et précise la puissance et le type de résistance admis. Le choix se fait donc à l'achat, en vérifiant la compatibilité dans la notice plutôt que sur une photo. Une résistance mal adaptée chauffe mal, ou trop vite, et peut abîmer l'appareil comme l'installation électrique.
Le raccordement à eau
Côté plomberie, le principe ne change pas : une alimentation et un retour depuis le circuit de chauffage, un robinet sur chacun, un purgeur en partie haute. La différence tient à la place prise par la résistance, qui occupe l'un des orifices du bas. Selon le modèle, le raccordement à eau se fait alors par un raccord en T qui partage cet orifice, ou par les autres sorties prévues. La notice décrit l'ordre de montage, qu'il faut suivre pour garder l'étanchéité.
Les sorties d'eau se positionnent avant la fermeture des murs, à l'entraxe exact de l'appareil, en tenant compte de l'encombrement de la résistance et de son boîtier de commande. On laisse sous l'appareil la place de démonter la résistance sans dévisser tout le radiateur. Une fois l'ensemble posé, on remplit, on purge, puis l'on vérifie l'étanchéité du joint de la résistance, chauffage en marche : ce raccord mérite une attention particulière.
La résistance électrique
La résistance se visse dans son orifice avec le joint prévu, appareil isolé ou vidangé, puis son boîtier de commande se fixe sous le sèche-serviettes. Ce boîtier porte en général un thermostat, une minuterie ou une programmation, et parfois une fonction de séchage rapide. Sa puissance est dimensionnée pour l'appareil seul, non pour chauffer toute la salle de bain : en mode électrique, le sèche-serviettes sèche le linge et tempère la pièce, sans remplacer un vrai chauffage en hiver.
Le raccordement électrique revient entièrement à l'électricien : il crée ou vérifie le circuit qui alimente la résistance, choisit sa protection et réalise le branchement selon les règles de la salle de bain. Le plombier pose l'appareil et sa résistance mécaniquement, mais ne branche rien. Cette répartition se prévoit dès le plan, pour que l'arrivée électrique se trouve du bon côté, à la bonne hauteur, et ne croise pas les tubes de chauffage.
Basculer d'un mode à l'autre
Au printemps, quand le chauffage s'arrête, on met la résistance en service. La notice précise alors la position des robinets. En général, on ferme un seul robinet, pour que la chaleur de la résistance reste dans l'appareil au lieu de partir dans les tuyaux, et l'on laisse l'autre ouvert : l'eau qui chauffe se dilate, et elle doit pouvoir rejoindre le circuit et son vase d'expansion, le réservoir qui absorbe ces variations de volume.
Fermer les deux robinets en laissant la résistance chauffer est l'erreur à ne jamais commettre : l'eau enfermée monte en pression sans issue, au risque d'endommager l'appareil. À l'automne, on fait l'inverse. On rouvre le robinet fermé, on coupe ou l'on baisse la résistance, qui ferait sinon double emploi avec le chauffage, puis on purge l'appareil quand le circuit redémarre. Une étiquette discrète sous le sèche-serviettes, rappelant ces gestes, rend service à toute la maison, et plus encore à des locataires.
Volumes et sécurité
Le sèche-serviettes mixte est un appareil électrique installé dans une pièce d'eau. La norme NF C 15-100, relative aux installations électriques à basse tension, y trace, à partir de la baignoire et de la douche, des volumes de sécurité, et l'électricien s'assure que l'appareil comme son boîtier sont admis dans le volume qui les reçoit. Il vérifie aussi le degré de protection du boîtier contre les projections d'eau, que le fabricant indique dans sa documentation.
La sécurité tient aussi à l'usage. On ne couvre pas le boîtier de commande avec des serviettes, on ne fait pas fonctionner la résistance dans un appareil vidangé ou à moitié rempli, et l'on ne la remplace jamais par un modèle d'une autre puissance sans l'accord du fabricant. Après tout démontage, la résistance retrouve un joint neuf adapté, et l'appareil est rempli et purgé avant d'être remis sous tension.
L'entretien au fil des ans
L'entretien suit celui du chauffage. Chaque automne, on purge l'appareil, on vérifie l'absence de suintement au joint de la résistance et aux raccords, et l'on contrôle que les robinets manœuvrent sans forcer. L'eau du circuit compte aussi : des boues présentes dans le chauffage se déposent au bas du sèche-serviettes, autour de la résistance, et réduisent son efficacité en mode électrique. Un circuit propre, désemboué si nécessaire et protégé, garde les deux modes en bon état de marche.
Si la résistance cesse de chauffer, elle se remplace sans changer l'appareil : l'électricien met d'abord le circuit hors tension, puis on isole le sèche-serviettes, on le vidange partiellement et l'on dévisse l'ancienne résistance. Dans une maison occupée par périodes ou louée l'été, la programmation se cale sur les séjours : inutile de laisser chauffer une salle de bain vide. Les réglages se notent, pour que chacun retrouve le bon mode à la bonne saison.
Questions fréquentes
Peut-on ajouter une résistance à un sèche-serviettes à eau déjà posé ?
Seulement si le fabricant le prévoit : l'appareil doit posséder l'orifice adapté et accepter un modèle de résistance précis, indiqué dans sa notice. Il faut ensuite l'isoler, le vidanger, monter la résistance avec son joint, et faire créer l'alimentation par un électricien, à un emplacement admis dans la salle de bain. Sans compatibilité établie, mieux vaut passer à un modèle mixte.
La résistance chauffe-t-elle aussi les autres radiateurs ?
Elle n'est pas faite pour cela : sa puissance est calculée pour l'appareil seul. Si les deux robinets restent ouverts, une partie de la chaleur peut partir dans les tuyaux du circuit, et le linge sèche moins bien. C'est pourquoi la notice indique quel robinet fermer en mode électrique, l'autre restant ouvert pour laisser l'eau se dilater.
En été, faut-il laisser la résistance allumée en permanence ?
Non. La minuterie ou la programmation du boîtier suffit : quelques plages autour des heures de douche sèchent les serviettes et chassent l'humidité de la pièce, sans chauffer inutilement le reste du temps. Dans une maison louée, une programmation simple et une consigne écrite évitent qu'un appareil tourne jour et nuit pendant tout un séjour.
