Douche Guide

Niche et banc maçonnés dans la douche : l'étanchéité

Une niche pour les flacons, un banc pour s'asseoir : deux éléments qui changent le confort d'une douche. Ils ajoutent aussi des angles, des arêtes et des surfaces horizontales dans la zone la plus arrosée de la salle de bain. Leur réussite se joue sous le revêtement, dans la structure et l'étanchéité.

Douche à l'italienne vitrée habillée de marbre clair, près d'un plan vasque en marbre

Visuel d'illustration.

Ranger et s'asseoir dans la douche

Une niche murale remplace les étagères rapportées et les paniers suspendus : les flacons trouvent leur place dans l'épaisseur du mur, sans rien qui dépasse ni qui rouille. Un banc maçonné offre une assise pour se laver les pieds, se raser ou profiter de la vapeur, et un appui bienvenu pour les personnes moins assurées. Bien conçus, ces deux éléments se fondent dans le revêtement et semblent appartenir à la douche depuis toujours.

Ils ont pourtant un coût caché : chaque niche, chaque banc ajoute des angles, des arêtes et des surfaces horizontales là où l'eau tombe le plus. Ce sont autant d'endroits où l'étanchéité doit rester continue et où l'eau ne doit jamais stagner. Leur conception se fait donc avant le gros des travaux, en même temps que la forme de pente du sol et le choix du système d'étanchéité.

Où placer la niche

La niche se place hors du jet principal, sur un mur que la pluie n'atteint qu'en éclaboussures : les flacons ne baignent pas et le fond sèche entre deux douches. L'endroit idéal est une cloison légère ou un doublage, dont on connaît l'épaisseur et le contenu. Dans un mur extérieur, elle amincit l'isolation et crée une zone froide où la vapeur se condense ; dans un mur porteur, elle demande une vérification avant toute entaille.

Avant de tracer, on repère ce que contient le mur : canalisations, gaines électriques, montants d'une cloison. La hauteur se décide avec les utilisateurs, accessible debout et, s'il y a un banc, depuis l'assise. Les dimensions se calent sur le module du revêtement, pour que les bords tombent sur des joints et non au milieu d'un carreau. Des caissons de niche préfabriqués, aux angles déjà formés, limitent aussi les points délicats.

La structure du banc

Un banc de douche se construit en maçonnerie de petits blocs, ou en panneaux de mousse rigide revêtus de mortier armé, assemblés et renforcés selon la notice de leur fabricant. Plein et posé au sol, il est le plus simple. Suspendu en porte-à-faux le long d'un mur, il dégage le sol et facilite le nettoyage, mais il exige un mur capable de reprendre son poids et celui de la personne assise, avec des fixations adaptées.

Dans tous les cas, le banc doit être parfaitement rigide : la moindre flexion fissure les joints, puis l'étanchéité, sans que rien ne se voie au début. Sa base ne doit pas couper la pente du sol : l'eau qui ruisselle à son pied continue vers l'évacuation, sans former de retenue. Une assise d'une seule pièce de pierre, posée sur la structure, évite les joints sur la surface où l'eau s'attarde le plus.

Étancher les angles

Niche et banc se construisent avant l'étanchéité, qui les recouvre ensuite sans interruption, avec le sol et les murs. Le système employé, de type SPEC ou SEL, fait l'objet d'un avis technique ou d'un document technique d'application délivré par le CSTB. C'est ce document qu'il faut obtenir pour le système réellement posé, et suivre à la lettre pour chaque point délicat, angles et arêtes compris.

Chaque angle rentrant reçoit une bande de renfort noyée dans l'étanchéité, et chaque arête sortante une pièce d'angle préformée ou une bande repliée. Une fois la membrane appliquée, on vérifie son épaisseur et sa continuité, surtout là où le pinceau passe mal, au fond d'une niche étroite ou sous le nez d'un banc. Les endroits à soigner :

  • Les angles rentrants du fond et des côtés de la niche
  • Les arêtes sortantes autour de l'ouverture de la niche
  • La jonction du banc avec le sol et avec le mur
  • Le nez et les angles sortants du banc
  • Les traversées éventuelles, câble d'éclairage compris

Pentes et finitions

Le fond de la niche et l'assise du banc reçoivent une légère pente vers l'intérieur de la douche, réalisée dans le support et non dans la colle : l'eau s'écoule au lieu de dessiner un cerne de calcaire autour des flacons. La tablette de la niche gagne à être d'une seule pièce, en pierre ou dans un grand carreau, pour qu'aucun joint ne reste dans l'eau.

Les arêtes se finissent par des coupes en biseau, qui joignent deux carreaux sans montrer leur tranche, par un profilé de finition discret ou, pour la pierre, par un chant adouci. Dans les angles rentrants, un joint souple accepte les légers mouvements entre deux plans, là où un joint rigide finirait par se fendre. Les joints de la niche et du banc s'entretiennent comme ceux du sol : souvent, et sans produit agressif.

Éclairer la niche

Une lumière dans la niche met en valeur la matière et sert de veilleuse. On utilise en général un ruban lumineux logé dans un profilé, en partie haute de la niche, alimenté en très basse tension. L'alimentation, le transformateur et le choix du matériel relèvent d'un électricien : il retient un équipement adapté à la zone de douche et place le transformateur hors de la zone mouillée, dans un endroit accessible.

Côté étanchéité, l'éclairage se décide avant la membrane : le câble traverse le support et crée un point de plus à traiter, avec une manchette adaptée. Le profilé doit rester démontable, pour remplacer le ruban sans toucher au revêtement. Placée en haut de la niche, la lumière éclaire les flacons sans éblouir, et une teinte chaude met en valeur la pierre comme le bois des accessoires.

Questions fréquentes

Un banc en porte-à-faux est-il assez solide ?

Oui, s'il est fixé dans un mur capable de le porter, maçonnerie pleine ou cloison renforcée par une structure prévue pour cet usage, et monté selon la notice du système employé. La rigidité compte autant que la résistance : un banc qui fléchit, même légèrement, finit par fissurer ses joints. Dans une cloison légère, on préfère souvent un banc plein, posé au sol.

Où ranger les flacons quand le mur ne permet pas de niche ?

Dans un muret bas construit pour l'occasion, dont le dessus sert de tablette, ou dans un doublage partiel qui crée l'épaisseur nécessaire derrière la douche. À défaut, une tablette en pierre d'une seule pièce, fixée hors du jet et légèrement inclinée, évite les étagères métalliques qui finissent par rouiller.

Existe-t-il des niches prêtes à poser ?

Oui : des caissons préfabriqués, en mousse rigide revêtue, s'encastrent dans une cloison et reçoivent ensuite l'étanchéité et le revêtement. Leurs angles déjà formés simplifient le travail, mais leurs dimensions doivent s'accorder avec le module du carrelage. Leur raccord à l'étanchéité du mur suit les prescriptions du système employé.