Salle de bain Guide

Verrière entre chambre et salle de bain : les règles

Entre une chambre et sa salle de bain, une verrière partage la lumière du jour sans ouvrir complètement la pièce. Elle impose pourtant ses règles : un vitrage sûr, une hauteur pensée pour l'intimité, une position réfléchie par rapport à la douche et un cadre qui ne craint pas l'humidité.

Salle de bain avec meuble en bois, douche vitrée et tableaux

Visuel d'illustration.

Partager la lumière, pas la vapeur

Une verrière est une cloison vitrée, le plus souvent tenue par un cadre métallique fin, qui sépare deux pièces sans les isoler visuellement. Posée entre une chambre et une salle de bain, elle apporte le jour à une salle d'eau sans fenêtre ou, à l'inverse, prolonge la chambre vers une salle de bain lumineuse. Sa réussite tient à un principe : la lumière passe, la vapeur, les odeurs et l'eau restent du côté du bain.

Cela suppose une verrière fixe, ou dont les parties ouvrantes ferment avec un joint, et des raccords soignés au sol, au plafond et aux murs, là où l'air passerait par le moindre interstice. Cela suppose aussi une extraction efficace dans la salle de bain : elle maintient la pièce en légère dépression, et l'air qu'elle aspire est remplacé par celui de la chambre, qui entre par le bas de la porte. L'air va ainsi de la chambre vers le bain, et pas l'inverse.

Vitrage clair, dépoli ou cannelé

Le verre d'une verrière intérieure se choisit parmi les verres de sécurité, surtout près du sol et dans une pièce où l'on circule pieds nus. Le verre feuilleté, deux feuilles collées par un film qui retient les éclats en cas de choc, reste en place même brisé. Le verre trempé, traité pour résister aux chocs, se fragmente en petits morceaux peu coupants. Pour une verrière, le feuilleté a l'avantage de garder la cloison fermée jusqu'à son remplacement.

L'aspect du verre règle ensuite l'intimité. Le verre clair partage tout, lumière et regards. Le verre dépoli ou acidé diffuse une lumière douce et cache les silhouettes. Le verre cannelé, aux stries verticales, déforme les formes sans couper la clarté et donne du relief à la cloison. On peut mêler les trois : clair en partie haute pour la lumière, dépoli ou cannelé à hauteur du corps. Pour un verre texturé, on place en général la face lisse côté salle de bain, plus simple à nettoyer.

Hauteur et position par rapport à l'eau

La partie basse de la verrière, appelée allège, peut être pleine : un muret ou une cloison maçonnée sur laquelle repose le vitrage. Une allège haute garde l'intimité de la baignoire ou de la vasque, et protège la chambre des éclaboussures. Une verrière toute hauteur, du sol au plafond, laisse passer davantage de lumière, mais expose tout ce qui se passe derrière. Le choix se fait selon l'équipement placé contre le verre.

La douche contre la verrière demande une conception particulière. Le verre reçoit alors le jet direct, le calcaire et les projections de savon, et la jonction entre la verrière et le sol de la douche devient une zone d'étanchéité à part entière. Mieux vaut placer la douche sur un autre mur et réserver la verrière à la vasque ou à la baignoire. Le WC, lui, reste hors de vue depuis la chambre, quel que soit le vitrage.

Cadre métallique et condensation

Le cadre d'une verrière est le plus souvent en acier ou en aluminium. L'acier, fin et rigide, donne les profils les plus élancés, mais il rouille si l'eau stagne sur sa traverse basse ou pénètre par une rayure de la peinture. Il reçoit donc une protection contre la corrosion et une finition résistante, comme un thermolaquage, une peinture en poudre cuite au four. L'aluminium ne rouille pas, mais ses profils sont souvent un peu plus épais.

La condensation menace surtout la traverse basse, côté salle de bain. Quand la chambre est fraîche et le bain chaud, la vapeur se dépose sur le verre et sur le métal, puis ruisselle et s'accumule dans l'angle. Une traverse qui ne retient pas l'eau, un joint souple en bon état entre le verre et le cadre, et une ventilation qui évacue la vapeur avant qu'elle ne touche la verrière limitent ce risque. Un coup de chiffon après la douche fait le reste.

Rideaux, stores et intimité

Même dépolie, une verrière laisse passer la lumière de la salle de bain vers la chambre. Le soir, celui qui se prépare peut réveiller celui qui dort. Un rideau ou un store, posé de préférence côté chambre, où l'air est sec, règle ce problème et apporte une intimité complète quand on reçoit. Côté salle de bain, un textile resterait humide et se tacherait vite.

D'autres solutions existent. Des stores intégrés entre les deux verres d'un double vitrage restent à l'abri de la poussière et de l'humidité. Un film occultant ou dépoli se pose sur un vitrage existant. Le verre à opacité commandée, qui passe du transparent au translucide sur commande électrique, offre les deux usages, mais son alimentation est l'affaire d'un électricien et se prévoit dès la pose. Une lumière de la salle de bain sur variateur limite aussi la gêne la nuit.

Entretenir la verrière

Le verre côté salle de bain reçoit le calcaire de l'eau et les projections de produits. Un nettoyage régulier avec un produit doux et une raclette évite que le calcaire ne s'incruste, surtout sur un verre texturé où il se loge dans le relief. Les produits abrasifs rayent le verre et attaquent la peinture du cadre ; on les réserve à d'autres surfaces, ou mieux, on s'en passe.

Le cadre et ses joints vieillissent plus vite que le verre, car ils travaillent avec les variations de température et d'humidité. Une inspection de temps en temps, à la belle saison comme en hiver, permet d'intervenir avant que la rouille ou l'humidité ne s'installent. Elle porte sur quelques points précis :

  • les joints entre le verre et le cadre, à refaire s'ils se décollent ou noircissent
  • la traverse basse côté bain, où l'eau ne doit pas stagner
  • les éclats de peinture, à retoucher avant que la rouille n'apparaisse
  • les charnières et le joint d'une partie ouvrante, s'il y en a une

Questions fréquentes

Une verrière laisse-t-elle passer le bruit ?

Oui, davantage qu'une cloison pleine. Un simple vitrage isole peu des bruits d'eau et de ventilation. Un verre feuilleté acoustique, dont le film intercalaire amortit les vibrations, améliore les choses, à condition que les joints du cadre soient continus. Une allège pleine et une porte bien ajustée complètent l'isolement entre le bain et la chambre.

Remplacer une cloison par une verrière, est-ce toujours possible ?

Pas toujours. Une cloison légère se remplace en général sans difficulté, après vérification des réseaux qu'elle contient. Un mur porteur, lui, demande une étude et un linteau, la poutre posée au-dessus de l'ouverture pour porter le mur. Il faut aussi déplacer ce qui passait dans la cloison : tuyaux, câbles, interrupteurs, sans oublier l'appui d'un meuble vasque.