Le sol, point de départ
Une douche à l'italienne, sans receveur ni marche, a besoin de deux choses sous le carrelage : une pente vers l'évacuation, et la hauteur nécessaire pour loger le siphon et le tuyau jusqu'à la chute. Selon la construction, cette hauteur se trouve dans l'épaisseur de la dalle, entre les solives d'un plancher ou sous le sol, dans un vide sanitaire. Chaque cas appelle une technique différente.
Le bâti de la commune couvre toutes les époques. D'après l'Insee, 8,2 % des résidences principales de Pont-l'Évêque ont été achevées avant 1919, 19,8 % entre 1946 et 1970 et 26,8 % entre 1971 et 1990, et 56,3 % des logements sont des maisons. Pour savoir sur quoi l'on construit, un sondage suffit souvent : une plinthe déposée, une trappe ouverte, un carreau retiré à l'emplacement prévu.
Sur une dalle en béton
Sur une dalle coulée directement sur le sol, au rez-de-chaussée, on peut parfois creuser un décaissé, c'est-à-dire une réservation de quelques centimètres sous la zone de douche, pour loger la pente et le siphon. L'opération se fait après avoir vérifié l'épaisseur du béton et l'absence de canalisation ou de câble noyé. À l'étage, ou sur une dalle qui porte la structure, le béton ne se creuse pas sans l'avis d'un spécialiste.
Quand le décaissé est impossible, deux solutions restent. La première rehausse l'ensemble du sol de la pièce : une petite marche ou une pente douce apparaît à l'entrée de la salle de bain, mais la douche et la pièce partagent le même niveau. La seconde fait appel à un receveur extra-plat ou à un siphon de faible hauteur, associé à une évacuation qui chemine le long du mur jusqu'à la chute.
Sur plancher bois
Les maisons à pans de bois conservées à Pont-l'Évêque ont le plus souvent des planchers en bois à l'étage. Sur bois, la rigidité passe avant tout : la moindre flexion sous le poids d'une personne finit par fendre les joints, puis l'étanchéité. Une solive trop faible se double d'une pièce neuve boulonnée contre elle, et le support de douche se pose sur des panneaux adaptés aux pièces humides, solidement vissés.
En plancher bois, l'évacuation chemine de préférence dans le sens des solives, ce qui évite de les percer. Le siphon se choisit selon la hauteur disponible entre le dessus du plancher et le plafond du dessous ; un caniveau contre un mur, raccordé à une évacuation qui longe ce mur, contourne souvent la difficulté. L'étanchéité, enfin, doit être souple pour accepter les petits mouvements du bois sans se rompre.
Avec un vide sanitaire
Le vide sanitaire, espace bas et ventilé entre le sol naturel et le premier plancher, offre la configuration la plus confortable. L'évacuation traverse le plancher et rejoint la chute par en dessous, avec toute la pente voulue. On y accède par une trappe, souvent dans un placard ou sous l'escalier, ce qui permet aussi de contrôler plus tard l'absence de fuite sous la douche.
Deux précautions s'imposent. Les canalisations qui courent dans le vide sanitaire sont exposées au froid : on les calorifuge, surtout l'arrivée d'eau, ou on les protège du gel autrement. On vérifie aussi que l'espace reste ventilé et sain, sans eau stagnante. Le plancher qui le couvre, en béton ou en hourdis, ces blocs posés entre des poutrelles, se perce par carottage, un perçage circulaire net, à l'emplacement exact du siphon.
Étanchéité et ventilation
Quel que soit le sol, la douche reçoit une étanchéité sous carrelage, membrane continue appliquée au sol et remontée sur les murs de la zone de douche. Elle se raccorde au siphon par une platine prévue à cet effet, se renforce dans les angles par des bandes, et se teste à l'eau avant la pose du carrelage. C'est elle, et non le carreau ou le joint, qui protège le plancher et la pièce du dessous.
Une douche ouverte produit beaucoup de vapeur dans la pièce. La ventilation mécanique, VMC ou extracteur, doit l'évacuer, avec une entrée d'air sous la porte. Dans une maison à pans de bois, c'est une protection pour l'ossature autant qu'un confort. L'eau de Pont-l'Évêque, autour de 27 à 28 °f d'après le contrôle sanitaire du ministère de la Santé, marque aussi moins une pièce qui sèche vite.
Revêtements et paroi
Le choix du carrelage dépend de la pente. Avec un siphon central, le sol se découpe en plusieurs pentes qui convergent vers lui : les petits formats ou la mosaïque s'y adaptent mieux. Avec un caniveau linéaire, une seule pente suffit, et les grands carreaux restent entiers. Au sol, on retient un grès cérame antidérapant, classé pour les pieds nus mouillés.
La paroi se choisit selon la largeur de la douche. Une paroi fixe sans porte, avec un retour si la place le permet, suffit quand la zone de douche est assez profonde. Le verre traité contre le calcaire se rince plus facilement. Un profilé fin, posé au sol ou au plafond, laisse la lumière circuler ; le nuancier du site rassemble les finitions de robinetterie et de profilés qui s'associent.
Questions fréquentes
Comment savoir si ma maison a un vide sanitaire ?
Cherchez une trappe dans un placard, sous l'escalier ou dans un couloir, et des grilles d'aération basses sur les murs extérieurs. Le vide sanitaire est un espace de faible hauteur sous le premier plancher. S'il existe et qu'il est accessible, il simplifie beaucoup le passage d'une évacuation de douche.
Une douche de plain-pied peut-elle donner des remontées d'odeurs ?
Pas si son siphon garde sa garde d'eau, ce bouchon d'eau qui bloque les odeurs. Une douche peu utilisée peut s'assécher : faites couler un peu d'eau de temps en temps. Des odeurs persistantes signalent plutôt une évacuation mal ventilée, ou un siphon trop plat pour garder assez d'eau, à faire vérifier.