Une pluie qui tombe d'en haut
Le ciel de pluie est une large tête de douche, encastrée dans le plafond ou suspendue à un bras, qui laisse tomber l'eau à la verticale sur toute une surface. Les jets latéraux, ou jets corporels, sont de petites buses encastrées dans le mur, à hauteur du corps. Associés, ils changent la douche en moment de soin, mais aussi l'installation : l'eau doit monter jusqu'au plafond, se répartir entre plusieurs sorties et garder partout la bonne température.
La hauteur sous plafond guide le choix. Sous un plafond haut, une descente de plafond, tige rigide fixée au plafond, rapproche la tête de la personne ; sous un plafond bas, une tête encastrée à fleur laisse la place aux grandes tailles. Le ciel de pluie goutte encore un moment après la fermeture, le temps de se vider : on le place au-dessus de la zone de douche, jamais au-dessus du passage ou de la paroi.
Pression et débit
Une grande tête répartit l'eau entre de nombreuses buses : pour obtenir une pluie dense et non un simple ruissellement, elle demande un débit important et une pression suffisante, que son fabricant indique dans la fiche technique. Quand les jets latéraux s'ouvrent en même temps, leurs débits s'ajoutent à celui du ciel de pluie. C'est ce total qui doit être disponible au mitigeur, en eau chaude comme en eau froide.
L'eau d'un ciel de pluie encastré monte depuis le mitigeur jusqu'au plafond, ce qui ajoute de la longueur et des coudes au circuit. La pression perdue en chemin se compense par une canalisation de diamètre adapté et un trajet aussi direct que possible. Quand le plafond se trouve sous des combles non chauffés, cette canalisation se protège du gel et s'isole : sans cela, elle risque de geler en hiver et refroidit l'eau à chaque douche.
Le thermostatique à plusieurs sorties
Le mitigeur thermostatique maintient la température choisie malgré les variations de pression du réseau ; ces appareils relèvent de la norme NF EN 1111. Pour une douche à plusieurs sorties, on choisit un modèle encastré : un corps logé dans le mur, une commande de température, puis une commande de répartition ou un robinet d'arrêt par sortie, qui ouvrent le ciel de pluie, les jets ou la douchette séparément ou ensemble.
Le corps doit accepter le débit total des sorties ouvertes en même temps : un thermostatique prévu pour une douchette ne nourrira pas un ciel de pluie et des jets. Une butée de sécurité, qu'il faut enfoncer pour dépasser une température de confort, limite le risque de brûlure quand des enfants se douchent. La commande se place à portée de main depuis l'entrée, pour régler l'eau sans passer sous une pluie encore froide.
Fixer au plafond, encastrer les jets
Un ciel de pluie encastré se fixe dans une structure, et non dans la seule plaque du plafond : un cadre ou une platine reprend son poids, et sa canalisation est solidement attachée pour ne pas transmettre de vibrations. Le plafond de la douche reçoit un parement adapté à l'humidité, plaque hydrofuge ou enduit prévu pour les pièces humides, et la ventilation évacue la vapeur qui monte vers lui.
Les jets latéraux s'encastrent dans un mur assez épais pour recevoir leurs corps et leurs raccordements, ce qui conduit souvent à un doublage, une seconde paroi montée devant le mur existant. Chaque traversée crée un point délicat pour l'étanchéité : une manchette, pièce souple collée autour du tube, s'y raccorde à la membrane. Avant de refermer les murs et le plafond, on vérifie :
- La fixation du ciel de pluie dans une structure
- Le trajet de la canalisation et sa protection au plafond
- La hauteur des jets, réglée d'après les utilisateurs
- Les manchettes d'étanchéité autour de chaque traversée
- La profondeur du corps encastré dans le mur
Calcaire et buses
Les buses d'un ciel de pluie sont fines et nombreuses : le calcaire les obstrue une à une, et la pluie devient irrégulière, puis part de travers. La plupart des têtes ont des picots souples en silicone, qui se nettoient d'un passage du doigt ou d'un chiffon ; répété souvent, ce geste évite l'emploi de détartrants. Les jets latéraux, plus petits, s'entartrent de la même façon et se nettoient selon leur notice.
Le calcaire touche aussi l'intérieur du mitigeur. La cartouche thermostatique, qui contient l'élément sensible à la température, réagit moins bien quand elle s'entartre, et la température dérive. Les filtres placés à l'entrée du corps, qui arrêtent les particules, s'encrassent eux aussi. Avec une eau dure, la question d'un traitement de l'eau se pose à l'échelle de la maison, et les finitions se nettoient avec des produits compatibles, sans acide fort.
Garder un accès pour l'entretien
Tout ce qui est encastré doit rester démontable par l'avant. La cartouche thermostatique, les filtres et les clapets anti-retour, ces petites pièces qui empêchent l'eau chaude de passer dans l'eau froide, se changent en retirant la plaque de commande. Le corps se pose donc à la profondeur prévue, avec la rallonge du fabricant si le mur est plus épais, pour que la façade s'ajuste et que l'accès reste possible.
Au plafond, la tête du ciel de pluie se dévisse pour atteindre son raccord, ou une trappe discrète est prévue à proximité. Aucun raccord démontable ne se noie dans un mur ou un plafond sans accès : c'est lui qui fuira un jour, et il faudrait casser le revêtement pour l'atteindre. Avant de refermer, les canalisations encastrées subissent un essai sous pression, qui révèle une fuite tant que tout est encore visible.
Questions fréquentes
Pourquoi un ciel de pluie coule-t-il parfois si faiblement ?
Le plus souvent parce que le débit ou la pression disponibles au mitigeur sont inférieurs à ce que la tête demande, ou parce que d'autres sorties sont ouvertes en même temps. Des buses entartrées ou un filtre encrassé à l'entrée du mitigeur produisent le même effet. On nettoie d'abord buses et filtres, puis l'on mesure la pression pendant que l'eau coule.
Comment éviter la première averse d'eau froide ?
En plaçant la commande hors de la pluie, près de l'entrée, et en ouvrant d'abord la douchette pour laisser venir l'eau chaude. Quand la production est éloignée de la douche, une boucle de recirculation réduit cette attente. Le thermostatique se règle ensuite une fois pour toutes sur la température habituelle de la maison.
Que faire si la tête goutte longtemps après la douche ?
Un égouttement de quelques instants est normal : la tête se vide de l'eau qu'elle contient. S'il dure, le mitigeur ou un robinet d'arrêt ne ferme plus parfaitement, souvent à cause du calcaire sur la cartouche ou d'un joint usé. La pièce se change par l'avant, sans casser, si le corps a été posé avec son accès.