Bien-être Guide

Spa intérieur : traiter l'humidité de la pièce

Maintenu chaud, un spa évapore de l'eau jour et nuit, même quand personne ne s'y baigne. Dans une pièce close, cette vapeur finit sur la surface la plus froide : vitrage, plafond, angle de mur, isolant sous la toiture. Protéger la maison passe par quatre leviers à combiner selon la pièce : couvrir, extraire, déshumidifier et choisir des matériaux qui tiennent.

Bain à remous en terrasse, serviettes et carafe d'eau sur le rebord

Visuel d'illustration.

Une source d'humidité permanente

L'eau chaude s'évapore d'autant plus que sa surface est grande, qu'elle est agitée et que l'air de la pièce est frais et sec. Un spa réunit ces conditions : une eau tenue à température en continu, des jets qui brassent la surface pendant les bains, et une pièce souvent plus fraîche que l'eau. Même couvert, il laisse échapper un peu d'humidité ; découvert, il en dégage beaucoup.

Cette humidité ne reste pas dans la pièce du spa. Elle diffuse vers les pièces voisines, monte vers les combles et migre dans les parois. Là où elle rencontre une surface froide, elle se condense : sur un vitrage simple, sur un pont thermique, c'est-à-dire un point du mur moins isolé que le reste, ou dans l'isolant d'une toiture. Le dégât commence souvent loin du spa, là où l'on ne regarde pas.

Couvrir le spa

La couverture isotherme est le premier levier, et le plus simple à mettre en œuvre. Refermée après chaque bain, elle coupe l'essentiel de l'évaporation et garde la chaleur de l'eau. Elle doit couvrir toute la surface, bien appuyer sur le rebord et rester tenue par ses attaches. Une couverture qui baille d'un côté, ou que l'on ne remet qu'à moitié, laisse filer la vapeur jour et nuit.

Avec le temps, la mousse isolante d'une couverture peut se gorger d'eau : elle devient lourde, isole moins et se déforme. On la soulève régulièrement pour la sécher et la nettoyer sur ses deux faces, et on la remplace quand elle ne joue plus son rôle. Un lève-couverture, bras articulé qui la soulève sans effort, rend le geste assez simple pour qu'on le fasse à chaque bain.

Extraction et entrées d'air

L'arrêté du 24 mars 1982 sur l'aération des logements classe la salle de bain parmi les pièces d'où l'air est extrait. Une pièce de spa se traite au moins comme une salle de bain très humide : l'air chargé de vapeur est aspiré et rejeté dehors, en continu ou selon l'humidité mesurée. La bouche d'extraction se place en hauteur, près du spa, là où l'air humide s'accumule.

L'air extrait doit être remplacé par de l'air neuf, sans courant d'air froid sur les baigneurs. Il arrive par des entrées d'air dans les menuiseries, par une grille de transfert depuis les pièces voisines, ou par une ventilation qui insuffle un air préchauffé. Une extraction sans arrivée d'air fonctionne mal : elle met la pièce en dépression, aspire l'air par les fissures et peut même faire refouler un conduit de cheminée.

Le conduit qui rejette l'air humide traverse parfois un comble froid : il s'isole sur toute sa longueur, sinon la vapeur s'y condense et redescend par la bouche. Le ventilateur se choisit pour un air chaud et humide, chargé des vapeurs du traitement, avec des pièces qui ne craignent pas la corrosion. Son alimentation et sa commande sont posées par un électricien.

Le rôle du déshumidificateur

Dans une pièce close, sans fenêtre ou en sous-sol, ou quand on veut éviter de rejeter dehors un air chauffé, un déshumidificateur complète l'extraction. Cet appareil aspire l'air de la pièce, le refroidit pour en condenser l'eau, puis le restitue plus sec, et souvent un peu réchauffé. Son dimensionnement dépend de la surface d'eau, des températures de l'eau et de l'air, et de l'usage : il revient à un spécialiste de la ventilation.

Le plombier intervient sur l'eau qu'il produit. Les condensats, c'est-à-dire l'eau retirée de l'air, s'écoulent en continu et se raccordent à l'évacuation par un siphon, ou se relèvent par une petite pompe si l'appareil est placé plus bas qu'elle. Un bac à vider à la main ne convient pas à un usage permanent. Le déshumidificateur ne remplace pas tout à fait l'extraction : un renouvellement d'air reste nécessaire pour la qualité de l'air respiré.

Matériaux et menuiseries

Les surfaces de la pièce doivent supporter une humidité élevée et les vapeurs du traitement de l'eau. Au sol, on retient un carrelage ou une pierre peu poreuse, posés sur une étanchéité et accompagnés d'un siphon. Les murs reçoivent un carrelage, un enduit adapté ou des plaques prévues pour les locaux très humides. Au plafond, support et peinture sont conçus pour ces ambiances, avec un pare-vapeur au-dessus quand la pièce se trouve sous la toiture.

Les menuiseries souffrent particulièrement : un vitrage peu isolant ruisselle, et un châssis en bois non protégé gonfle puis pourrit. On choisit des fenêtres à vitrage isolant et à rupture de pont thermique, des huisseries traitées pour l'humidité et une quincaillerie qui ne craint pas la corrosion, comme un inox adapté. Les produits de traitement ternissent l'acier ordinaire : radiateurs, poignées et luminaires se choisissent en conséquence.

Les signes qu'il faut agir

La pièce envoie des signaux bien avant les gros dégâts. Ils méritent d'être pris au sérieux, car l'humidité qui les provoque travaille aussi là où on ne la voit pas : dans l'isolant, derrière un doublage, sous le plancher. Un hygromètre posé dans la pièce, à distance du spa, permet de suivre l'évolution de l'humidité et de vérifier l'effet de chaque correction.

Face à ces signes, on contrôle d'abord la couverture et son usage, puis le fonctionnement de l'extraction et des entrées d'air, avant d'envisager un déshumidificateur ou des travaux d'isolation. Les corrections simples suffisent souvent, à condition de ne pas attendre que le plafond se tache. Les signes à surveiller :

  • Des vitres qui ruissellent et des appuis de fenêtre mouillés le matin
  • Des taches sombres dans les angles du plafond ou derrière les meubles
  • Une peinture qui cloque ou un enduit qui se détache
  • Une odeur de moisi qui persiste malgré l'aération
  • Des portes qui gonflent ou des métaux qui se ternissent

Questions fréquentes

Ouvrir une fenêtre suffit-il à ventiler la pièce du spa ?

Rarement. La fenêtre refroidit la pièce, crée des courants d'air désagréables et ne renouvelle l'air que de façon irrégulière, selon le vent et la saison. L'hiver, on la referme, et l'humidité s'accumule. Une extraction mécanique, avec des entrées d'air prévues pour elle, donne un résultat régulier, que l'on peut piloter selon l'humidité.

Pourquoi la couverture du spa est-elle devenue si lourde ?

Sa mousse isolante s'est probablement gorgée d'eau, à cause d'une housse usée ou d'une condensation répétée. Elle isole alors beaucoup moins et retient l'humidité au-dessus de l'eau. Un séchage, couverture retournée et aérée, peut l'améliorer un temps ; si le poids revient, elle se remplace, car elle ne protège plus la pièce.

Où placer le déshumidificateur ?

Dans la pièce du spa ou dans un local technique voisin, relié à la pièce par des gaines. Il doit rester accessible pour le nettoyage de ses filtres, proche d'une évacuation pour ses condensats et à l'abri des projections d'eau. Un modèle gainable, logé hors de la pièce, libère de la place et éloigne son bruit du spa.