Le sauna et l'eau
Le sauna repose sur une chaleur sèche, produite par un poêle dans une cabine en bois. L'eau n'y entre qu'en petite quantité, versée à la louche sur les pierres, sans aucun raccordement. Une séance de sauna s'accompagne pourtant d'eau avant et après : on se douche pour entrer propre, puis on se rafraîchit en sortant, parfois à plusieurs reprises au cours d'une même soirée.
Cette eau-là est le travail du plombier : une douche ou un seau basculant à quelques pas de la porte, une arrivée d'eau froide généreuse, une évacuation au sol et un revêtement qui supporte l'eau. Bien conçue, la phase froide reste simple et se nettoie facilement. Mal pensée, elle inonde le sol, mouille la cabine en bois et rend le parcours glissant.
La douche d'avant séance compte autant que celle d'après : elle retire crèmes, parfums et sueur, qui se déposeraient sur les banquettes et s'incrusteraient dans le bois. Elle se prend à l'eau tiède, puis l'on se sèche avant d'entrer, pour ne pas mouiller la cabine. Les deux usages peuvent partager la même douche, si elle est placée près de la porte.
Le seau basculant
Le seau basculant, en bois cerclé ou en inox, se fixe au mur au-dessus de la tête. Une chaîne ou une poignée le fait pivoter, et son contenu tombe d'un coup sur les épaules : c'est la manière la plus franche de se rafraîchir. Il se remplit seul par une arrivée d'eau froide, commandée par un robinet à flotteur ou une vanne, qui s'arrête quand le seau est plein.
L'alimentation débouche au-dessus du niveau du seau, sans jamais tremper dans l'eau, pour qu'aucun retour vers le réseau ne soit possible. Un robinet d'arrêt accessible permet de couper le seau en cas de fuite ou pendant une absence. Sous lui, le sol reçoit en une fois tout le volume du seau : l'évacuation et la pente se dimensionnent en conséquence, comme pour une douche puissante.
La douche à fort débit
La douche de la phase froide se veut généreuse : une large pomme, murale ou au plafond, qui enveloppe le corps d'eau fraîche. Elle demande un débit suffisant, donc une alimentation en eau froide de bonne section depuis le collecteur, et une pression vérifiée. Avec une alimentation trop faible, la douche coule mollement, surtout si quelqu'un ouvre un robinet ailleurs dans la maison.
La robinetterie reste simple : un mitigeur thermostatique, qui permet de passer de l'eau tiède à l'eau froide sans réglage hasardeux, ou un robinet d'eau froide seul pour les amateurs. Les commandes se manœuvrent facilement avec les mains mouillées, et l'on évite les pièces fragiles près de la cabine. Si la douche sert aussi avant la séance, l'eau chaude doit l'atteindre sans attente excessive.
Le calcaire guette les grandes pommes de douche : leurs orifices s'entartrent et le jet se déforme. Un modèle démontable, dont les orifices se nettoient facilement, garde un beau jet plus longtemps, avec un détartrage doux de temps en temps. Avec une eau très dure, un adoucisseur se raisonne à l'échelle de la maison, en gardant toujours un robinet d'eau non adoucie pour la boisson.
Sol, évacuation, éclaboussures
Le sol de la zone froide reçoit beaucoup d'eau en peu de temps, et l'on y marche pieds nus en sortant de la chaleur. Il lui faut une étanchéité sous le revêtement, une pente franche vers un siphon ou un caniveau au débit suffisant, et un revêtement qui accroche même mouillé. Une pierre ou un grès cérame à surface structurée conviennent mieux qu'un carreau poli.
Les éclaboussures sont l'ennemi de la cabine voisine. Le bois du sauna supporte mal d'être arrosé à répétition : on éloigne la douche de ses parois, ou l'on place entre les deux une paroi vitrée ou un muret. La porte de la cabine ne s'ouvre pas sur la zone mouillée, et un tapis qui sèche vite marque le passage entre l'une et l'autre.
Le siphon se choisit facile à nettoyer, car cheveux et grains de sable venus du jardin s'y accumulent vite. Un caniveau posé le long du mur évacue mieux qu'un siphon central quand l'eau arrive d'un coup, comme sous un seau basculant, et il permet une pente dans un seul sens, plus simple à carreler proprement.
Où placer la phase froide
La phase froide se place à quelques pas de la porte du sauna, sur le trajet naturel de la sortie, pour qu'on n'ait pas à traverser une pièce en ruisselant. Dans une salle de bain, la douche existante peut jouer ce rôle si elle est proche ; dans un espace bien-être, on lui réserve un emplacement dédié, à côté du seau basculant ou du bain froid.
Pour un sauna installé dans le jardin ou une dépendance, la douche extérieure demande des précautions : arrivée d'eau protégée du gel et vidangeable, évacuation conforme aux règles d'assainissement de la commune, sol qui ne devient pas boueux. Un robinet d'arrêt intérieur, avec purge, met la douche hors gel en fin de saison. Avant de fixer l'emplacement, on vérifie :
- La distance depuis la porte du sauna
- L'arrivée d'eau froide disponible et son débit
- La possibilité d'une évacuation au sol
- L'éloignement des parois en bois de la cabine
- La protection contre le gel, si la douche est dehors
Ce qui ne relève pas du plombier
La cabine du sauna, son bois, ses banquettes et sa ventilation relèvent de son fabricant ou d'un menuisier spécialisé, selon le modèle. Le poêle, son alimentation électrique et l'éclairage de la cabine reviennent à un électricien, qui applique les règles propres aux saunas. Le plombier n'y touche pas : il prépare l'eau et l'évacuation autour, et s'accorde avec ces intervenants sur les emplacements.
Ce partage se décide dès le plan. L'électricien doit savoir où tombent la douche et le seau pour placer ses commandes hors des zones mouillées, et le menuisier où passera l'eau pour protéger le bois. Un plan commun annoté par chacun évite qu'une gaine électrique croise une évacuation, ou qu'une douche arrose une paroi de la cabine dès la première séance.
Questions fréquentes
Le seau basculant gaspille-t-il beaucoup d'eau ?
Chaque basculement vide le seau entier, qui se remplit aussitôt. La consommation dépend donc de sa contenance et du nombre de passages, et l'on choisit un seau à sa mesure. Un robinet d'arrêt permet de couper le remplissage entre les séances, et d'éviter qu'un flotteur défaillant laisse couler l'eau sans fin.
L'eau doit-elle être très froide pour la phase froide ?
Non, chacun dose selon son ressenti : une douche tiède puis fraîche convient très bien. La température de l'eau du réseau varie avec les saisons, et c'est la robinetterie thermostatique qui permet de choisir. En cas de doute sur votre santé, demandez l'avis de votre médecin avant de pratiquer les contrastes de température.