Une pièce très humide
Un bassin chauffé évapore de l'eau en continu, et davantage encore quand on s'y baigne. Dans un volume fermé, cette vapeur se condense sur tout ce qui est plus froid que l'air : vitrages, angles de murs, ponts thermiques, structure de toiture. Laissée sans traitement, elle fait gonfler les menuiseries, cloque les peintures et nourrit les moisissures, souvent là où l'on ne regarde pas, dans l'isolant ou derrière un doublage.
À l'humidité s'ajoutent les chloramines, ces composés formés par le chlore et la matière organique apportée par les baigneurs. Elles donnent l'odeur que l'on attribue à tort au chlore, piquent les yeux et attaquent les métaux. Un bassin intérieur demande donc une enveloppe étanche à la vapeur côté chaud, une isolation continue et un traitement de l'air conçu en même temps que le bâtiment, et non ajouté après coup.
Déshumidifier et ventiler
Deux fonctions se complètent. La déshumidification retire l'eau de l'air, en général par un appareil thermodynamique qui condense la vapeur et récupère au passage sa chaleur. La ventilation renouvelle l'air pour évacuer les chloramines, qui stagnent juste au-dessus de l'eau : les bouches d'extraction se placent donc bas, près du bassin, tandis que l'air neuf arrive le long des vitrages pour les garder secs.
Une centrale de traitement d'air peut réunir les deux fonctions, avec un échangeur qui réchauffe l'air entrant grâce à l'air extrait. Quel que soit le système, une règle simple limite l'évaporation : garder l'air un peu plus chaud que l'eau, et fermer la couverture à chaque sortie de l'eau. La couverture fermée soulage nettement le déshumidificateur, la nuit comme pendant les absences, et protège la halle des pointes d'humidité.
Les matériaux qui résistent
Dans cette ambiance chaude, humide et chlorée, chaque matériau se choisit pour sa tenue dans le temps. Le grès cérame, la pierre peu poreuse et les enduits minéraux adaptés supportent bien l'eau et les nettoyages répétés. Les supports se montent en panneaux à base de ciment plutôt qu'en plaque de plâtre, même hydrofuge, et l'étanchéité sous carrelage se prolonge sur les murs exposés aux éclaboussures.
Les métaux sont le point faible. L'acier ordinaire rouille vite, et même l'inox doit être d'une nuance adaptée aux atmosphères chlorées, à faire préciser pour chaque élément : main courante, échelle, fixations, quincaillerie. Le bois se limite aux essences et aux traitements prévus pour ces conditions, et se protège de toute condensation. Au sol, autour du bassin, les finitions se choisissent d'abord pour leur adhérence pieds nus sur une surface mouillée.
Le local technique
La pompe, le filtre, le traitement et le chauffage de l'eau se regroupent dans un local séparé de la halle du bassin. Les vapeurs des produits de traitement et l'humidité ne doivent pas y circuler librement, et le bruit des machines n'a pas à s'entendre depuis l'eau. Placé au niveau du bassin ou un peu en dessous, ce local facilite l'amorçage de la pompe, c'est-à-dire son remplissage d'eau avant le démarrage.
Il doit rester accessible, ventilé et sec, avec une évacuation au sol pour les vidanges et les eaux de lavage du filtre. Les produits acides et chlorés se rangent séparément, car leur mélange dégage un gaz dangereux. L'alimentation électrique des équipements, comme celle de l'éclairage du bassin, obéit à la norme NF C 15-100, dont certaines règles visent les bassins : ce travail est confié à un électricien.
Le pool house et ses usages
Le pool house désigne le bâtiment annexe qui accompagne une piscine, couverte ou non : vestiaire, douche, sanitaires, parfois une cuisine d'été et un coin de repos. Côté urbanisme, un bassin couvert par un abri de 1,80 m de haut ou plus, ou par un bâtiment, sort du cas de la déclaration préalable : le permis de construire est en principe requis, et la mairie confirme la démarche selon le projet.
C'est ensuite un projet de plomberie à part entière. La douche se place sur le chemin du bassin, pour que chacun se rince avant de nager : c'est une prévention simple des chloramines. Les sols restent peu glissants et les évacuations accessibles pour l'entretien. Les réseaux à prévoir sont les suivants :
- des arrivées d'eau froide et chaude, avec un chauffe-eau dimensionné pour plusieurs douches successives
- des évacuations raccordées au réseau de la maison ou à l'assainissement, avec des pentes régulières
- des vannes d'isolement par pièce, pour couper un secteur sans priver la maison d'eau
- des points de vidange sur les canalisations des pièces chauffées seulement l'été, à purger avant l'hiver
- une arrivée d'eau pour les appoints du bassin, accessible depuis le local technique
Chauffer l'eau et l'air
Dans une piscine intérieure, on chauffe deux choses : l'eau du bassin et l'air de la halle, qui doit rester un peu plus chaud qu'elle. L'eau se chauffe par une pompe à chaleur branchée sur la filtration, ou par un échangeur relié à la chaudière ou au réseau de chauffage de la maison. L'air passe par la centrale de traitement d'air, par des émetteurs qui supportent l'humidité, ou par un plancher chauffant.
Les premiers leviers d'économie consistent à récupérer la chaleur que l'on rejette : celle de l'air extrait, et celle que le déshumidificateur tire de la vapeur condensée. La couverture du bassin et une régulation qui baisse la consigne pendant les absences complètent ces récupérations. Nous construisons le bassin lui-même, du terrassement à la maçonnerie ; sur place, nous examinons aussi avec vous les circuits d'eau, les évacuations et le raccordement au chauffage existant.
Questions fréquentes
Pourquoi l'odeur de chlore est-elle plus forte dans une piscine intérieure ?
Cette odeur vient surtout des chloramines, formées quand le chlore rencontre la matière organique apportée par les baigneurs. À l'air libre, elles se dispersent ; dans une halle fermée, elles s'accumulent au-dessus de l'eau. Une douche avant la baignade, une eau bien traitée et une extraction placée près du bassin la réduisent nettement.
Une grange peut-elle accueillir une piscine intérieure ?
Souvent, à condition de reprendre l'enveloppe du bâtiment : isolation continue, pare-vapeur côté chaud, menuiseries adaptées et traitement de l'air dimensionné pour le bassin. La charpente et les murs anciens se vérifient avant tout, car l'humidité les fragilise. La démarche d'urbanisme se confirme en mairie avant tout engagement.



