Piscine Guide

Local technique de piscine : filtration et raccordements

Pompe, filtre, vannes, traitement, chauffage et coffret électrique : toute la mécanique du bassin tient dans une petite pièce. Ce local technique se conçoit en même temps que la piscine, car sa place, sa ventilation et ses raccordements décident de la facilité de l'entretien, et de la tranquillité de la maison, pendant toute la vie du bassin.

Mosaïque de piscine en carreaux bleus et turquoise

Visuel d'illustration.

Le cœur de la piscine

Le local technique abrite ce qui fait vivre l'eau. La pompe aspire l'eau par les skimmers et la bonde de fond, la pousse à travers le filtre, puis la renvoie vers les refoulements. Sur ce circuit se greffent le traitement, électrolyseur ou doseur, la pompe à chaleur par une dérivation, et parfois une régulation automatique du pH. Le coffret électrique commande l'ensemble et programme les heures de filtration.

Un local bien conçu se reconnaît à ce qu'on y travaille sans contorsion : chaque appareil s'isole par ses vannes, se démonte par des raccords à écrou et se lit d'un coup d'œil, manomètre compris. À l'inverse, un local exigu, humide ou mal éclairé décourage l'entretien régulier, et les petites fuites y passent inaperçues jusqu'à abîmer la pompe ou le coffret.

Où placer le local

La distance au bassin compte d'abord. Plus les canalisations d'aspiration sont longues, plus la pompe peine et plus son amorçage devient délicat. On place donc le local au plus près, de préférence à hauteur du plan d'eau ou un peu au-dessous : la pompe, dite en charge, reste alors pleine d'eau à l'arrêt. Au-dessus du niveau de l'eau, il faut un clapet qui retient l'eau dans l'aspiration et une pompe capable de s'amorcer seule.

Le local peut être enterré près du bassin, construit comme un petit abri de jardin, logé sous la plage ou installé dans une dépendance. Chaque solution a son point faible. Un local enterré craint l'inondation et demande un puisard, une petite fosse équipée d'une pompe de relevage. Un garage expose voiture et outils aux vapeurs des produits. Et près des chambres, le ronronnement de la pompe s'entend la nuit.

Pompe, filtre et vannes

Le circuit suit un ordre établi : aspirations, pompe avec son préfiltre, filtre, puis chauffage et traitement, avant le retour au bassin. Le préfiltre, panier placé devant la pompe, arrête feuilles et insectes. Le filtre, qu'il soit garni de sable ou de verre ou équipé d'une cartouche, se commande par une vanne multivoie, le sélecteur qui oriente l'eau vers la filtration, le lavage, le rinçage ou l'égout. Le traitement vient en dernier, pour ne pas exposer les autres appareils à un désinfectant concentré.

Les vannes rendent l'installation maîtrisable. Elles répartissent l'aspiration entre skimmers et bonde de fond, isolent un appareil pour le démonter, règlent le débit vers la pompe à chaleur et permettent de vidanger les canalisations exposées avant l'hiver. Chacune mérite une étiquette qui dit ce qu'elle commande. Les points à prévoir sont les suivants :

  • une vanne par aspiration, skimmers et bonde de fond séparés
  • des vannes d'isolement avant et après la pompe et le filtre
  • un by-pass, c'est-à-dire trois vannes montées en dérivation, pour la pompe à chaleur
  • un manomètre sur le filtre, qui signale le moment de le laver
  • des raccords à écrou pour déposer un appareil sans couper les tubes

L'électricité, par un électricien

Le coffret électrique alimente la pompe, l'éclairage, le traitement et parfois la pompe à chaleur. Il se fixe dans le local, à l'abri des projections et de l'humidité, assez haut pour rester hors d'eau en cas de fuite. Pour les installations électriques à basse tension, la norme NF C 15-100 prévoit des règles propres aux bassins : leur application relève d'un électricien, à qui ce travail est confié.

Côté plomberie, on lui facilite la tâche en prévoyant tôt les fourreaux entre la maison et le local, et entre le local et le bassin pour l'éclairage. La programmation de la filtration, les protections et les éventuelles commandes à distance se discutent ensemble, électricien et plombier, avant la pose. Un schéma simple, laissé dans le local, rappelle à quoi sert chaque protection du coffret.

Évacuer les eaux de lavage

Laver un filtre à sable ou à verre envoie vers l'égout une quantité d'eau importante, chargée des impuretés retenues. Cette eau doit partir vers un réseau prévu pour elle, et jamais vers le terrain voisin. Le local se raccorde donc à une évacuation dimensionnée pour ce débit, avec un regard accessible, plutôt qu'à un tuyau souple que l'on déroule jusqu'au caniveau à chaque lavage.

Le réseau qui peut recevoir ces eaux dépend du règlement d'assainissement de la commune : interrogez la mairie ou le service des eaux avant de creuser. Avec un assainissement individuel, la question demande encore plus de soin, car une eau chlorée peut perturber le fonctionnement de la fosse ; le service qui contrôle l'assainissement individuel dans la commune précise ce qui est admis. La vidange du bassin, elle, obéit à ses propres règles.

Ventiler et accéder

Les produits de traitement dégagent des vapeurs corrosives qui attaquent les métaux et l'électronique. Le local se ventile donc par deux ouvertures, l'une basse et l'autre haute, et les produits se rangent dans une armoire ou un coin dédié. Acide et chlore se tiennent à distance l'un de l'autre, chacun sur un bac de rétention qui recueille une éventuelle fuite, car leur contact libère un gaz toxique.

L'accès conditionne l'entretien. La porte doit laisser passer un filtre ou une pompe de remplacement, l'éclairage permettre de lire le manomètre, et le sol rester sec, avec une évacuation pour les fuites. En hiver, le local se protège du gel ou se vidange. Lors de la visite, nous vérifions avec vous la place réservée à chaque appareil et l'espace nécessaire pour travailler autour.

Questions fréquentes

Peut-on installer le local technique dans le garage ?

C'est possible si le garage est proche du bassin, à condition de séparer les produits de traitement du reste : leurs vapeurs corrodent outils, vélos et carrosserie. Une armoire ventilée vers l'extérieur, un sol qui retient les fuites et une évacuation pour les eaux de lavage rendent cette solution acceptable.

Un local technique enterré risque-t-il d'être inondé ?

Oui, s'il n'est pas conçu pour l'éviter. Une fuite sur le filtre, un orage ou une nappe qui remonte suffisent à noyer la pompe et le coffret. Un puisard équipé d'une pompe de relevage, un couvercle étanche et un coffret fixé en hauteur limitent ce risque, à condition de contrôler régulièrement la pompe de relevage.