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Tondre la pelouse : hauteur, rythme et saisons

Une pelouse dense ne s'obtient pas en tondant ras, mais en tondant souvent, à la bonne hauteur et avec une lame qui coupe net. La hauteur change avec les saisons, l'herbe coupée peut rester sur place pour nourrir le sol, et des bordures nettes changent l'allure de tout le jardin. Voici les réglages et les gestes qui comptent, du printemps à l'automne.

Pelouse fraîchement tondue, en gros plan

Visuel d'illustration.

Une pelouse se règle à la saison

Une pelouse n'est pas un décor figé : c'est un tapis de graminées dont la pousse change du tout au tout au fil de l'année. Au printemps, elle est rapide et l'herbe supporte bien la coupe. En été, la chaleur et le manque d'eau la ralentissent et la rendent plus fragile. À l'automne, elle repart avec les pluies, puis s'arrête presque en hiver. Tondre de la même façon toute l'année revient à ignorer ces écarts, et c'est souvent ce qui épuise une pelouse.

Le réglage suit donc la saison, pas le calendrier. Avant chaque tonte, on regarde la repousse depuis le dernier passage, l'humidité du sol, la couleur de l'herbe et l'état des zones de passage. Une pelouse qui jaunit par plaques en été, se couvre de mousse à l'ombre ou laisse voir la terre après la tonte envoie un signal clair : elle est coupée trop court, ou trop souvent, pour ce qu'elle peut supporter à ce moment de l'année.

La hauteur de coupe

C'est le réglage qui compte le plus. Une herbe rasée perd la surface de feuille qui la nourrit, s'enracine moins profondément et laisse la lumière atteindre le sol, où la mousse et les herbes indésirables s'installent. Laissée un peu plus haute, elle ombrage sa propre base, garde la fraîcheur du sol et résiste mieux au piétinement. Le principe le plus sûr consiste à ne retirer, à chaque passage, qu'une petite partie de la hauteur des brins.

Concrètement, la coupe se relève en été et pendant les périodes sèches, quand l'herbe a besoin de toute sa feuille pour supporter la chaleur. Elle se relève aussi à l'ombre des arbres, où la pousse est plus lente et plus fine. Elle peut descendre un peu au printemps, quand la pousse est vigoureuse et le sol frais. Pour la dernière tonte de l'automne, on garde une hauteur moyenne : trop rase, l'herbe entre mal dans l'hiver ; trop longue, elle se couche et pourrit.

Une lame bien affûtée fait partie du réglage. Émoussée, elle arrache le brin au lieu de le trancher : la pointe se déchire, brunit et offre une porte d'entrée aux maladies. On contrôle l'affûtage plusieurs fois dans la saison, et l'on vérifie que la lame n'est ni voilée ni ébréchée après avoir heurté une pierre, une racine ou une bordure.

Le rythme des tontes

Une pelouse dense se tond souvent, mais jamais ras. Des passages rapprochés qui enlèvent peu favorisent le tallage, c'est-à-dire l'apparition de nouvelles pousses à la base de chaque touffe, qui épaissit le gazon. À l'inverse, laisser l'herbe monter puis la raser d'un coup provoque un choc : la pelouse jaunit, se dégarnit et cède la place aux mousses. Le bon rythme se lit sur l'herbe elle-même : on tond dès qu'elle a nettement dépassé la hauteur de coupe choisie.

Au printemps, les passages se rapprochent. En été sec, ils s'espacent, et la tonte peut même s'interrompre : une pelouse en dormance, jaunie par la sécheresse, n'a rien à gagner à être coupée, et elle reverdit avec les pluies. À l'automne, le rythme reprend, puis ralentit jusqu'à la dernière tonte. Il dépend aussi du gazon lui-même : une pelouse d'agrément fine demande des passages plus réguliers qu'une pelouse rustique, et les zones très ombragées moins que celles exposées en plein soleil.

La tonte en mulching

Le mulching consiste à hacher finement l'herbe coupée et à la laisser sur la pelouse au lieu de la ramasser. Les fragments tombent entre les brins, sèchent et se décomposent vite. Ils rendent au sol une partie de ce que l'herbe y a puisé, limitent l'évaporation et réduisent nettement le volume de déchets à évacuer. Il faut pour cela une tondeuse dont la lame et le carter sont prévus pour ce travail, ou un équipement adapté quand le modèle le permet.

La méthode a ses conditions. L'herbe doit être sèche et la tonte fréquente, car seules de petites longueurs se hachent bien. Si l'herbe est trop haute ou humide, les fragments forment des paquets qui étouffent le gazon et le font jaunir par plaques : mieux vaut alors ramasser une fois, puis revenir au mulching. On évite aussi de laisser l'herbe coupée sur une pelouse malade ou envahie de mousse, pour ne pas entretenir le problème.

Le ramassage garde son intérêt pour les premières tontes du printemps, souvent hautes et humides, et pour celles de l'automne, quand les feuilles tombées se mêlent à l'herbe et forment un feutre humide qui étouffe le gazon. Entre les deux, le mulching peut devenir la règle, à condition de tondre plus souvent : c'est la contrepartie d'une pelouse nourrie par ses propres tontes.

Bordures et finitions

Les bordures donnent son allure à la pelouse. Le long des massifs, des allées et des murets, la tondeuse ne passe pas au ras : on reprend ces zones au coupe-bordure, le fil tenu bien horizontal pour ne pas creuser le gazon, ou aux cisailles pour les endroits délicats. Autour des troncs, on garde une distance : le fil ou la lame qui frappe l'écorce blesse l'arbre, et ces blessures répétées l'affaiblissent durablement.

Une bordure nette se dessine aussi dans le sol. Un coup de bêche ou de coupe-bordure à lame en demi-lune, de temps en temps dans la saison, redonne un tracé franc entre gazon et massif et empêche l'herbe de coloniser les plantations. Une bordure posée, en pierre, en métal ou en bois, facilite le passage de la tondeuse si elle affleure au niveau du gazon. Varier le sens de tonte d'un passage à l'autre évite enfin que l'herbe se couche toujours du même côté et que les roues creusent des ornières.

Les horaires et le voisinage

Le bruit d'une tondeuse ou d'un coupe-bordure est encadré. Les horaires d'usage de ces appareils à moteur sont fixés par un arrêté municipal ou préfectoral, qui change d'une commune à l'autre et distingue souvent les jours ouvrables, le samedi, le dimanche et les jours fériés. Ces horaires se demandent en mairie ou se lisent sur le site de la commune : mieux vaut les vérifier que se fier à ce qui se pratique ailleurs.

Au-delà du règlement, quelques égards évitent les tensions : tondre plutôt en milieu de matinée qu'au réveil des voisins, ne pas projeter l'herbe sur leur allée ou leur terrasse, prévenir avant une grosse remise en état. Un appareil entretenu, lame affûtée et moteur réglé, fait aussi moins de bruit et de vibrations. Pour une maison occupée par intermittence, la tonte se planifie avant l'arrivée des occupants, dans les horaires permis, pour que la pelouse soit nette sans gêner personne.

Questions fréquentes

Peut-on tondre une pelouse encore humide de rosée ?

Mieux vaut attendre qu'elle sèche. L'herbe mouillée se couche sous la tondeuse, la lame la coupe mal et les fragments s'agglomèrent en paquets qui étouffent le gazon. Sur un sol détrempé, les roues tassent la terre et marquent la pelouse. Si la tonte ne peut pas attendre, relevez la hauteur de coupe, ramassez l'herbe plutôt que de la hacher et vérifiez l'affûtage de la lame.

Faut-il tondre plus court avant de partir en vacances ?

Non, c'est même l'inverse qui protège la pelouse. Une herbe rasée avant une absence d'été souffre de la chaleur et se dégarnit, surtout si personne n'arrose. Tondez à la hauteur habituelle juste avant le départ. Au retour, reprenez l'herbe haute en plusieurs passages, la coupe relevée d'abord, puis descendue peu à peu.

L'herbe ramassée peut-elle servir au jardin ?

Oui. Elle se composte très bien, à condition de la mêler à des matières sèches, comme des feuilles mortes ou du broyat de branches ; seule, elle fermente et dégage une mauvaise odeur. Étalée en couche mince au pied des haies et des massifs, elle sert aussi de paillage et garde le sol frais. Le surplus rejoint la déchetterie avec les autres déchets verts.