Jardin et extérieurs Guide

Robinets extérieurs et arrosage : protéger du gel

Le premier tuyau à geler est presque toujours celui du jardin : il court le long d'un mur extérieur, traverse un garage ou alimente un robinet en façade. Un robinet hors gel, une purge faite avant les premières gelées et un programmateur rentré à temps évitent la plupart des casses. Au printemps, la remise en eau se fait sans précipitation, pour repérer la moindre fuite.

Grande maison brun et blanc avec bow-window, sur une pelouse verdoyante, à Deauville

Visuel d'illustration.

L'eau du jardin gèle la première

Une canalisation extérieure n'a aucune chaleur pour la protéger. L'eau qu'elle contient reste immobile tout l'hiver, souvent dans un tuyau de petit diamètre, et gèle dès les premières nuits froides. En se transformant en glace, elle prend plus de place et fend le tuyau, le corps du robinet ou un raccord. La fuite n'apparaît qu'au dégel, ou à la première utilisation du printemps, parfois à l'intérieur du mur.

Les points exposés se repèrent avant l'hiver : robinets de façade, douche de jardin, alimentation d'un abri ou d'un garage non chauffé, arrivée d'un bassin, programmateur d'arrosage, et tout tronçon qui court dans un vide sanitaire ou contre un mur exposé au nord. Pour chacun, on note s'il peut être isolé par une vanne intérieure et vidangé. Ce relevé, fait une fois et accompagné de quelques photos, sert ensuite chaque automne.

Le robinet hors gel

Un robinet hors gel garde l'eau à l'abri du froid. Son corps allongé traverse le mur, et le clapet qui ferme l'eau se trouve à l'intérieur, du côté chauffé. Quand on ferme le robinet, l'eau restée dans la partie extérieure s'écoule par le bec : il ne reste rien à geler dehors. C'est la solution la plus simple pour un robinet de façade que l'on veut pouvoir utiliser en toute saison, sur une maison chauffée.

Son bon fonctionnement tient à une pente et à un geste. La pente, légère et dirigée vers l'extérieur, se règle à la pose pour que l'eau s'écoule entièrement. Le geste consiste à débrancher le tuyau d'arrosage en hiver : un tuyau resté vissé, ou un raccord rapide fermé, empêche la vidange du corps. Un robinet où l'on raccorde un tuyau gagne aussi à être protégé contre les retours d'eau, un risque dont traite la norme NF EN 1717 : un tuyau qui trempe dans un seau ou une piscine peut aspirer cette eau vers le réseau si la pression chute.

Purger les canalisations

Pour un robinet ordinaire ou une canalisation exposée, la protection passe par la purge. Elle suppose une vanne d'arrêt placée à l'intérieur, au chaud, sur la canalisation qui part vers le jardin, et si possible un petit robinet de purge juste après elle. On ferme la vanne, on ouvre le robinet extérieur, puis la purge : l'air entre d'un côté, l'eau sort de l'autre, et le tronçon exposé se vide entièrement.

Le robinet extérieur reste ensuite ouvert jusqu'au printemps, afin que l'eau résiduelle puisse s'échapper au lieu de geler dans le corps, et la vanne reçoit une étiquette, pour que personne ne la rouvre par erreur. Si le réseau du jardin n'a ni vanne intérieure ni point de purge, c'est un aménagement simple à prévoir avant l'hiver : il évite de couper l'eau de toute la maison pour protéger un seul robinet.

Les tronçons qui ne peuvent pas être purgés, dans un garage ou un vide sanitaire, se protègent par un calorifuge, un manchon isolant qui retarde le gel sans l'empêcher par grand froid. Un câble chauffant peut compléter cette protection sur les passages les plus exposés, à condition que son alimentation soit réalisée par un électricien.

Programmateur et tuyaux

Un programmateur d'arrosage vissé sur un robinet gèle facilement : il garde de l'eau dans son mécanisme, et sa membrane se fend. On le dévisse à l'automne, on le vide, on retire ses piles pour qu'elles ne coulent pas, et on le range au sec, à l'abri du gel. Les raccords rapides, les pistolets et les lances suivent le même chemin. Un programmateur oublié dehors se reconnaît au printemps : il fuit dès la première ouverture du robinet.

Les tuyaux d'arrosage se vident en les déroulant sur une pente, puis se rangent enroulés, à l'abri du gel et du soleil d'hiver, qui durcissent et fendillent le plastique. Un tuyau resté dehors plein d'eau se perce ou se déforme. Le dévidoir se vide aussi, comme les tuyaux poreux et les rampes de goutte-à-goutte posés en surface, qui se rangent ou se purgent selon leur installation.

Le réseau enterré

Une canalisation enterrée assez profondément échappe en général au gel, mais ses points de sortie restent exposés : la remontée vers un robinet sur pied, une borne de puisage, une douche de jardin ou un regard d'arrosage. Ces tronçons verticaux, à l'air ou peu couverts, sont les premiers à casser. On les vidange par le point bas prévu à cet effet, souvent un robinet de purge logé dans un regard.

Un robinet sur pied au milieu du jardin se choisit, si possible, avec un système de vidange intégré, qui laisse l'eau s'écouler dans le sol à la fermeture, sous la zone qui gèle. Le sol doit alors absorber cette eau, et un lit de graviers autour de la base y aide. On vérifie aussi que le modèle choisi protège le réseau contre les retours d'eau : l'eau du sol ne doit jamais pouvoir remonter dans la canalisation qui alimente la maison.

Remettre en eau au printemps

La remise en eau attend que les fortes gelées soient passées. On referme d'abord le robinet de purge et le robinet extérieur, puis on rouvre doucement la vanne intérieure, pour éviter un coup de bélier, cette surpression brutale qui malmène les raccords. On ouvre ensuite le robinet extérieur et on laisse couler un moment, pour purger l'air et renouveler l'eau qui a stagné dans les canalisations.

Vient le contrôle. On observe le robinet, son raccord et le mur autour : une trace humide à l'intérieur, sous la vanne ou derrière un doublage, signale un tuyau fendu pendant l'hiver. On revisse le programmateur avec des piles neuves, on raccorde les tuyaux et l'on teste chaque zone d'arrosage. Enfin, on note l'index du compteur, tout étant fermé, et on le relit un peu plus tard : un index qui avance alors que rien ne coule trahit une fuite, à rechercher avant d'utiliser le jardin.

Questions fréquentes

Même un robinet hors gel peut-il geler ?

Oui, s'il ne peut pas se vider. C'est le cas quand un tuyau ou un raccord fermé reste branché, quand la pente vers l'extérieur a été mal réglée à la pose, ou quand le clapet se trouve dans une pièce elle-même froide, comme un garage ouvert. Débranchez le tuyau dès l'automne, et faites vérifier la pose si le robinet goutte au printemps.

L'hiver s'annonce doux : faut-il quand même purger ?

Oui. Une seule nuit de gel suffit à fendre un robinet de façade ou un programmateur resté en eau, et ces nuits arrivent souvent sans prévenir. La purge prend peu de temps et se défait facilement si vous avez besoin d'eau dehors. Ce qui coûte cher, c'est la fuite repérée au printemps, parfois à l'intérieur du mur.

Quels signes trahissent une fuite sur le réseau enterré ?

Un index de compteur qui avance alors que tout est fermé, une zone de pelouse plus verte ou plus molle que le reste, un affaissement, une flaque qui revient au même endroit sans pluie. Pour confirmer, on ferme la vanne qui alimente le jardin : si le compteur s'arrête, la fuite est dehors. Sa localisation précise relève ensuite d'un plombier.