Douche Guide

Receveur de douche sur mesure : pierre, résine, carrelé

Une alcôve, un ancien emplacement de baignoire ou des murs qui ne sont pas d'équerre : les receveurs de série s'y ajustent mal. Trois techniques donnent un sol de douche exactement aux dimensions de la pièce. Elles n'ont ni le même poids, ni la même étanchéité, ni le même entretien.

Douche à l'italienne fermée par une paroi vitrée, murs en travertin et robinetterie noire

Visuel d'illustration.

Pourquoi le sur-mesure

Les receveurs de série existent dans une gamme de dimensions fixes. Dès que la douche occupe une alcôve, la place d'une ancienne baignoire ou un angle dont les murs ne sont pas d'équerre, ces dimensions laissent des bandes à combler, des joints trop larges ou une évacuation mal placée. Le sur-mesure ajuste le sol de la douche aux murs réels de la pièce, et non aux cotes théoriques d'un plan.

Il permet aussi de placer l'évacuation où le réseau le demande, de découper le receveur autour d'un poteau ou d'un coffrage, et d'accorder la matière avec le reste de la salle de bain. Trois techniques y parviennent : le receveur taillé dans une dalle de pierre, le receveur en résine fabriqué aux dimensions voulues, et la douche carrelée construite sur place. Elles diffèrent par le poids, l'étanchéité, la fabrication et l'entretien.

Taillé dans la pierre

Un receveur en pierre se façonne dans une dalle épaisse, dont la surface est creusée ou rainurée pour former la pente vers l'évacuation. Marbre, calcaire dense, granit ou pierre volcanique : la matière se choisit pour sa résistance à l'eau et sa tenue au pied mouillé, avec une finition adoucie, brossée ou rainurée plutôt que polie. Le receveur se fabrique d'après un relevé précis, pris une fois les murs montés, ce qui se prévoit dans le calendrier du chantier.

C'est la solution la plus lourde. Le plancher doit pouvoir la porter, ce qui se vérifie avant la commande, surtout à l'étage et sur un plancher en bois. Le transport, la manutention dans les escaliers et la pose demandent du monde et des précautions. Un calcaire ou un marbre restent poreux et sensibles aux acides : un traitement hydrofuge, qui limite la pénétration de l'eau, se renouvelle de temps en temps.

Moulé en résine

Le receveur en résine chargée de minéraux se fabrique dans un moule ou se recoupe à partir d'une grande plaque, selon les fabricants. Plus léger que la pierre, il intègre directement la pente et l'emplacement de la bonde, et se décline en de nombreuses teintes et textures, lisses ou imitant l'ardoise. Le sur-mesure va de la simple recoupe aux formes découpées autour d'un mur ou d'un coffrage.

Sa surface est fermée, peu sensible aux taches, et se nettoie avec des produits doux. Sa tenue dépend beaucoup de la qualité de la résine et de sa finition, qu'il faut examiner sur échantillon : couleur dans la masse ou simple couche de surface, résistance aux rayures, aspect du chant après une recoupe. Le receveur se pose sur un support plan et de niveau, ou sur des pieds réglables, selon la notice du fabricant.

Carrelé sur place

La douche carrelée se construit dans la pièce : une forme de pente, une étanchéité sous carrelage, puis le revêtement choisi, carreau, mosaïque ou pierre. C'est la liberté la plus grande : la douche prend n'importe quelle forme, son sol prolonge celui de la salle de bain sans rupture, et l'évacuation peut être un siphon ou un caniveau. Le résultat dépend de la qualité de chaque couche, invisible une fois le chantier terminé.

Elle demande plus d'étapes et de temps de séchage qu'un receveur fabriqué, et une hauteur suffisante pour loger la forme de pente, l'évacuation et le revêtement. Son poids dépend du support : un mortier de pente pèse davantage que des panneaux préformés, ce qui compte sur un plancher léger. Les joints du carrelage, enfin, demandent plus d'entretien qu'une surface d'une seule pièce, surtout avec une eau dure.

Étanchéité et raccord au siphon

Un receveur d'une seule pièce, en pierre ou en résine, est étanche en lui-même ; ses points faibles sont sa périphérie et sa bonde. Contre les murs, l'eau qui ruisselle sur le revêtement ne doit jamais trouver de chemin derrière le receveur : on traite la jonction par une bande d'étanchéité et un relevé sur les murs. Le joint souple visible n'est qu'une seconde barrière, qui s'use et se refait.

Pour la douche carrelée, toute la surface repose sur le système d'étanchéité sous carrelage, SPEC ou SEL selon les cas. Ces systèmes relèvent d'avis techniques ou de documents techniques d'application du CSTB : on se procure celui du produit réellement mis en œuvre, et l'on suit ses prescriptions pour les angles, les relevés et le raccord à l'évacuation, par la collerette du siphon, la bordure sur laquelle l'étanchéité se colle. Les points à vérifier :

  • La jonction entre le receveur et chaque mur
  • Le relevé d'étanchéité derrière le revêtement mural
  • Le raccord de la bonde ou de la collerette du siphon
  • Les traversées de tuyaux dans la zone mouillée
  • Le joint souple de finition, en dernier

Entretien et réparation

La pierre s'entretient avec des produits neutres, sans acide ni détartrant agressif, qui terniraient sa surface. Une rayure ou une épaufrure, petit éclat sur une arête, se reprend par un marbrier, souvent sur place. La résine supporte mieux les produits ménagers courants, mais pas les abrasifs : selon la finition, de légères rayures s'effacent par ponçage, d'autres demandent une retouche de la couche de surface.

La douche carrelée se répare carreau par carreau, mais chaque intervention se fait au-dessus de l'étanchéité : on y procède avec soin, sans entamer la membrane. Les joints se nettoient et se refont si nécessaire ; à base de résine époxy, moins poreux que le ciment, ils retiennent moins la saleté. Dans les trois cas, la grille et le siphon doivent rester accessibles par le dessus pour le nettoyage.

Questions fréquentes

Un receveur en pierre devient-il glissant une fois mouillé ?

Cela dépend de sa finition plus que de la pierre. Une surface polie devient glissante sous l'eau savonneuse ; une finition adoucie, brossée, flammée ou rainurée offre une meilleure adhérence. Les rainures, taillées dans le sens de la pente, guident aussi l'eau vers l'évacuation. On en juge sur un échantillon mouillé, pieds nus si possible.

Quand prendre les mesures d'un receveur sur mesure ?

Une fois les murs montés et les doublages posés, pour relever les dimensions réelles, les défauts d'équerre et la position définitive de l'évacuation. Un relevé fait sur plan, avant les cloisons, expose à des écarts qui se verraient au pied des murs. Pour la pierre, le marbrier prend souvent lui-même ce relevé, parfois à l'aide d'un gabarit.

Est-il possible de recouper un receveur en résine sur le chantier ?

Certains oui : livrés en grande plaque, ils se recoupent avec l'outil indiqué par le fabricant, puis le chant reçoit la finition prévue. D'autres sont fabriqués aux dimensions exactes et ne se retouchent pas. La notice précise ce qui est permis, et l'on s'y tient, car une recoupe mal faite reste visible.