Marbre et pierres Guide

Étanchéité sous le marbre : protéger la douche

Une douche en marbre ne doit pas son étanchéité au marbre. La pierre et ses joints laissent passer l'eau, lentement mais sûrement ; ce qui protège les murs, le plancher et le plafond du dessous, c'est une couche invisible posée avant la pierre. Sa continuité se joue dans les angles, autour des tuyaux et au raccord du siphon.

Colonne de douche apparente en laiton sur une faïence métro blanche

Visuel d'illustration.

La pierre laisse passer l'eau

Le marbre est une pierre peu poreuse, mais pas imperméable : ses veines, ses fils et sa structure cristalline laissent l'eau progresser par capillarité. Les joints à base de ciment sont plus poreux encore, et même un joint à base de résine finit par présenter des microfissures aux jonctions. Dans une douche, l'eau a tout le temps de traverser : chaque jour, le revêtement est mouillé, puis sèche en surface pendant que l'humidité poursuit son chemin vers le support.

Un traitement hydrofuge sur la pierre ralentit l'absorption, mais il ne rend pas la surface étanche et ne protège en rien le support. Si rien n'arrête l'eau sous la pierre, elle atteint la chape, la cloison ou le plancher : une plaque de plâtre se ramollit, un bois pourrit, une colle perd son adhérence. Le marbre lui-même en souffre, car l'humidité piégée dessous le fonce par endroits et peut faire remonter des sels blanchâtres en surface.

Les systèmes sous carrelage

Sous un revêtement collé, l'eau est arrêtée par un système d'étanchéité sous carrelage. Les documents parlent de SPEC, pour système de protection à l'eau sous carrelage, et de SEL, pour système d'étanchéité liquide. Selon les produits, il s'applique sous forme liquide, en plusieurs couches avec une armature noyée dans les angles, ou sous forme de nattes collées sur le support, dont les recouvrements sont eux-mêmes collés. Le choix dépend de l'exposition de la pièce et du support.

Chacun fait l'objet d'un avis technique ou d'un document technique d'application du CSTB. Ce document décrit ce que le système admet : les supports, les colles compatibles, les revêtements autorisés, en précisant si la pierre naturelle en fait partie, et le traitement de chaque détail. Demandez celui du système posé chez vous et gardez-le avec la facture. La pierre posée sur cette étanchéité suit ensuite les règles du NF DTU 52.2 pour la pose collée des pierres naturelles.

Angles, relevés et traversées

Une étanchéité ne fuit presque jamais au milieu d'un mur ; elle fuit aux points singuliers, là où la surface change de plan ou se trouve percée. Les angles entre deux murs, et entre le mur et le sol, reçoivent une bande de renfort noyée dans le produit, qui suit les petits mouvements du bâti sans se fissurer. Au sol, l'étanchéité remonte sur les murs en relevés, sur la hauteur prévue par le document technique, pour former une cuve continue.

Chaque tuyau qui traverse le mur reçoit une manchette, une pièce souple qui l'entoure et se colle dans l'étanchéité. Les corps encastrés de la robinetterie ont souvent leur propre collerette, à raccorder avec soin. Les niches, les banquettes et les fenêtres situées dans la douche multiplient les angles : chacun se traite avec la même rigueur que les autres. Enfin, au sol, l'étanchéité déborde la zone de douche, surtout sans paroi, car l'eau va plus loin qu'on ne le croit.

Le raccord au siphon

Le siphon est le point où toutes les eaux se rejoignent, celles qui ruissellent sur la pierre et celles qui ont traversé les joints. Pour que l'étanchéité s'y raccorde, il doit posséder une platine, une large collerette conçue pour être prise dans le système. Un siphon ordinaire, simplement scellé dans la chape, laisse un passage autour de son corps : c'est là que naissent bien des fuites sous les douches à l'italienne.

La pente se forme sous l'étanchéité, dans la chape ou le support, pour que l'eau qui passerait sous la pierre rejoigne elle aussi l'évacuation. La grille du siphon se règle ensuite à la hauteur finie du marbre, ni plus haut ni plus bas, et le siphon reste démontable pour le nettoyage de sa garde d'eau, l'eau qui bloque les odeurs. Le choix du siphon et de son raccordement relève du plombier : il se fait avant la chape, en fonction du système d'étanchéité retenu.

Contrôler avant de poser la pierre

Une fois la pierre posée, l'étanchéité ne se voit plus : c'est avant qu'il faut la vérifier, en respectant le temps de séchage du produit entre les couches puis avant la pose. Pour une douche de plain-pied, on peut aussi faire un essai de mise en eau : on obture le siphon, on remplit le sol de la douche sur une faible hauteur, puis l'on surveille le niveau et le plafond de la pièce du dessous.

Des photos de chaque étape, prises avant la pose de la pierre, forment une trace utile : elles montreront ce qui se trouve sous le revêtement à l'artisan qui interviendra un jour. Lors du chantier, nous accordons une attention particulière à ce moment, le dernier où l'on peut corriger un défaut sans rien démolir. Les points à contrôler :

  • La continuité de la couche, sans manque ni bulle
  • L'épaisseur ou la consommation prescrite par le document technique
  • Les bandes de renfort dans tous les angles
  • Les manchettes sur chaque traversée et la collerette des corps encastrés
  • Le raccord à la platine du siphon

Ce qui se voit des années après

Une étanchéité défaillante se trahit lentement. Les premiers signes apparaissent souvent loin de la douche : une peinture qui cloque de l'autre côté du mur, une tache au plafond de la pièce du dessous, une plinthe qui gonfle. Sur la pierre, on remarque des joints qui restent sombres longtemps après la douche, des auréoles en bas des murs ou autour du siphon, des dépôts blanchâtres, ou une pièce qui sonne creux quand on la tapote.

À ces signes, mieux vaut agir vite : l'eau continue d'abîmer le support tant que la cause n'est pas traitée. Le diagnostic distingue une fuite de réseau, que le plombier recherche en premier, d'un défaut d'étanchéité ou de joints. Pour durer, une douche demande aussi un peu de vigilance : les mastics des angles se refont quand ils se fissurent, et tout perçage ultérieur, pour une barre ou un accessoire, se rebouche avec un produit qui reconstitue l'étanchéité autour de la cheville.

Questions fréquentes

Un hydrofuge sur le marbre suffit-il à rendre la douche étanche ?

Non. Un hydrofuge ralentit l'absorption de l'eau par la pierre et protège contre les taches, mais il ne forme pas une barrière continue, et il ne traite ni les joints, ni les angles, ni les traversées. L'étanchéité d'une douche repose sur le système posé sous la pierre ; l'hydrofuge n'est qu'une protection de surface.

Comment savoir si l'étanchéité de ma douche a été faite ?

Une fois le revêtement posé, on ne peut plus la voir sans démolir. Demandez donc à l'avance le nom du système, son document technique et des photos des étapes avant la pose de la pierre. Sur une douche existante, l'absence de traces au plafond du dessous et des joints qui sèchent normalement sont de bons indices, sans être une preuve.

Percer un mur de douche en marbre abîme-t-il l'étanchéité ?

Le foret traverse forcément la couche d'étanchéité, mais le risque se maîtrise. On perce la pierre au foret diamanté, sans percussion, on garnit le trou d'un mastic compatible avec le système avant de poser la cheville, et l'on place si possible les fixations hors des zones de ruissellement direct. Le mieux reste de prévoir ces accessoires avant la pose.