Marbre et pierres Guide

Poser du marbre au mur de la douche

Dans une douche, le mur de marbre reçoit le jet direct, la vapeur et le calcaire, et pèse sur un support qui ne le tient que par la colle. Sa pose suit donc un ordre strict : un support solide et étanché, une colle compatible, des pièces posées dans le bon sens, puis des coupes nettes autour de la robinetterie.

Douchette dorée à flexible noir sur un mur de marbre clair

Visuel d'illustration.

Le mur de douche, zone exposée

Le mur de douche cumule les contraintes. Il reçoit l'eau en jet, pas seulement en éclaboussures, et la vapeur chaude pénètre les joints à chaque douche. Il subit des écarts de température répétés, entre une pièce parfois fraîche et une eau très chaude, qui font travailler la colle et la pierre. Il porte enfin un revêtement lourd, tenu à la verticale, qui tend à glisser pendant la prise et tire en permanence sur son support.

Le marbre et ses joints ne sont pas étanches : l'eau finit toujours par atteindre le support, lentement, par capillarité. Si ce support craint l'eau, il gonfle, se désagrège ou moisit derrière une surface intacte, et les dégâts n'apparaissent que tard, sur l'autre face du mur ou au plafond du dessous. Toute la pose repose donc sur deux couches invisibles : un support adapté, puis un système d'étanchéité sur toute la zone exposée.

Préparer et étancher le support

Le support doit être sain, plan, d'aplomb et capable de porter la pierre. Un mur maçonné enduit convient en général ; une cloison en plaques de plâtre hydrofuges peut recevoir des pièces légères, mais un revêtement lourd demande un renfort, une plaque à base de ciment ou un panneau de construction en mousse rigide revêtu de mortier. L'aplomb compte particulièrement avec de grandes pièces : un mur qui penche fait bâiller les joints et décale les veines.

Sur ce support, on applique un système d'étanchéité sous carrelage : un SPEC, système de protection à l'eau sous carrelage, ou un SEL, système d'étanchéité liquide. Ces systèmes relèvent d'avis techniques ou de documents techniques d'application du CSTB : demandez celui du système posé, et vérifiez qu'il prévoit la pierre naturelle et la colle choisie. Les angles reçoivent une bande de renfort, et chaque traversée de tuyau une manchette, une collerette étanche qui l'entoure.

Colle et double encollage

La colle doit être compatible à la fois avec la pierre et avec le système d'étanchéité : c'est le document technique du système qui indique les colles admises. Sous un marbre clair, elle est blanche ; pour une pierre sensible à l'eau, elle est à prise rapide, ou à base de résine pour les marbres qui se déforment au contact de l'humidité. Au mur, on choisit en outre une colle à glissement réduit, qui retient la pièce pendant le durcissement.

Le double encollage consiste à étaler la colle au peigne sur le mur, puis à en beurrer une fine couche au dos de chaque pièce, avant de les presser l'une contre l'autre. Il assure un contact sans vide, indispensable dans une douche : un vide derrière une pièce retient l'eau qui a traversé le joint, forme une auréole visible à travers un marbre clair et affaiblit le collage. Le NF DTU 52.2, qui encadre la pose collée des pierres naturelles, sert de référence au poseur.

L'ordre de pose

La pose ne commence pas au sol. Le receveur ou le sol de la douche a une pente, et une première rangée posée dessus la suivrait. On trace donc une ligne de niveau au-dessus du sol, à la hauteur de la première rangée entière, et l'on fixe une règle provisoire qui sert d'appui. Les pièces se posent de bas en haut à partir de cette règle ; la rangée du bas, coupée selon la pente, se pose en dernier, avec un joint souple contre le sol.

Avec de grandes pièces, l'ordre se décide sur le calepinage : on commence souvent par l'axe du mur principal, ou par la pièce qui porte la robinetterie, pour que les découpes tombent juste. Chaque pièce se présente à sec, se manipule à plusieurs avec des ventouses, puis se règle au niveau et à la cale. À chaque angle, on décide quelle pièce recouvre l'autre, et les chants visibles, polis à l'atelier, se placent du côté de l'ouverture de la douche.

Coupes autour de la robinetterie

Le travail du plombier précède celui du poseur. Les corps encastrés du mitigeur et des sorties d'eau se posent dans le mur à une profondeur calculée d'après l'épaisseur totale du revêtement : support, étanchéité, colle et pierre. Trop profond, le corps oblige à ajouter une rallonge ; pas assez, la plaque de finition ne vient pas en appui. L'épaisseur exacte du marbre doit donc être connue avant la mise en place des réseaux, et non au moment de la pose.

Les perçages se font à la scie cloche diamantée, à l'eau, pour éviter les éclats et l'échauffement. Le trou reste légèrement plus grand que le tuyau, mais assez petit pour être couvert par la rosace, la plaque décorative du robinet. On évite les découpes qui laissent une bande étroite entre deux trous ou près d'un bord, car elle cassera. Enfin, la plaque de finition se pose avec un joint souple, sans colle rigide : la cartouche du mitigeur doit rester accessible par l'avant.

Joints et finitions

Les joints de la douche se réalisent une fois la colle sèche. Un joint à base de résine résiste mieux à l'eau et aux taches, mais il se travaille vite et laisse un voile si on ne le nettoie pas à temps ; sur un marbre poli ou poreux, on fait d'abord un essai sur une chute. Un joint à base de ciment, plus simple à poser, gagne à recevoir une imprégnation. Sa teinte suit le fond de la pierre, pour que les grandes pièces paraissent continues.

Dans les angles rentrants, à la jonction avec le sol et autour de la plaque de robinetterie, on utilise un mastic souple, car ces lignes bougent. Pour le marbre, il doit être neutre et adapté aux pierres naturelles : certains mastics libèrent un acide ou des huiles qui marquent les bords de la pierre. Les chants visibles sont polis, ou les angles saillants traités en onglet. Une imprégnation de la pierre, appliquée une fois tout sec, termine la pose.

Questions fréquentes

Une plaque de plâtre hydrofuge peut-elle recevoir du marbre dans la douche ?

Pour des pièces légères, c'est possible avec un système d'étanchéité adapté et une ossature renforcée. Pour de grandes tranches ou un revêtement épais, la charge dépasse souvent ce qu'une cloison légère accepte : on choisit alors une plaque à base de ciment, un panneau de construction ou un mur maçonné. Le document technique du système fixe les limites.

Changer la cartouche du mitigeur oblige-t-il à casser le marbre ?

Non, si la pose a été prévue pour cela. La cartouche se remplace par l'avant, après avoir retiré la poignée et la plaque de finition, à condition que celle-ci soit posée avec un joint souple et non collée. C'est un point à vérifier dès le choix de la robinetterie encastrée et de son corps.

À quel moment construire la niche de douche ?

Elle se construit avec le support, avant l'étanchéité : son fond, ses côtés et sa tablette sont étanchés comme le reste du mur, avec des bandes dans les angles. La tablette reçoit une légère pente vers la douche, pour que l'eau ne stagne pas. Ses dimensions suivent le calepinage, pour éviter les petites coupes à l'intérieur.