Traitement de l'eau Guide

Entretenir un adoucisseur : sel, désinfection, contrôle

Laissé à lui-même, un adoucisseur finit de deux façons : il cesse d'adoucir sans prévenir, ou sa résine devient un terrain favorable aux bactéries. L'entretien qui l'en préserve tient en quelques gestes réguliers, à la portée des occupants, et en une révision plus complète confiée à un professionnel.

Vieux robinet en métal gris fixé à un mur blanc

Visuel d'illustration.

Un appareil qui demande du suivi

Un adoucisseur travaille seul, mais pas sans surveillance. Il consomme du sel, que personne d'autre ne remet ; il contient une résine humide où l'eau séjourne entre deux régénérations ; il obéit à une tête de commande dont l'horloge et les réglages peuvent se perdre. Aucun de ces points ne se voit au robinet tant que le problème n'est pas installé : quand les traces reviennent, l'appareil ne traite plus depuis un moment.

L'entretien se répartit donc en deux niveaux. Les gestes courants reviennent aux occupants : vérifier le sel, jeter un œil à l'affichage, remarquer une fuite ou un bruit inhabituel. La révision, plus technique, comprend le nettoyage des organes, la désinfection, le contrôle des réglages et de l'étanchéité. Son rythme dépend de l'appareil, de la dureté et de l'occupation de la maison : la notice du fabricant en donne la base.

Le sel et le bac

Le niveau de sel se vérifie régulièrement, et le bac se remplit avant d'être vide, sans le bourrer jusqu'au couvercle. On n'utilise qu'un sel prévu pour les adoucisseurs, dans la forme indiquée par la notice, et l'on stocke les sacs au sec, à l'abri de l'humidité qui les fait prendre en masse. Changer de sel au gré des promotions n'apporte rien : toutes les formes ne se dissolvent pas de la même façon.

Le bac se nettoie de temps en temps, de préférence quand le sel est presque épuisé. On retire le sel restant, on vide l'eau, on élimine le dépôt boueux du fond, puis on rince le bac et le puits de saumure, le tube où se loge le flotteur. Une croûte durcie au-dessus de l'eau, dite voûte de sel, se brise délicatement avec un manche en bois, jamais avec un outil métallique pointu qui abîmerait le bac.

Désinfecter la résine

La résine retient le calcium, mais elle offre aussi une grande surface où les bactéries peuvent se fixer, surtout quand l'eau stagne. D'où la désinfection périodique, qui assainit la bouteille et le circuit de saumure. Certaines têtes de commande la réalisent d'elles-mêmes, grâce à une petite cellule qui produit du chlore à partir de la saumure pendant la régénération. Les autres appareils demandent une désinfection manuelle, à intervalles réguliers.

Elle se fait avec un produit compatible avec la résine et avec l'eau de boisson, versé dans le puits de saumure avant une régénération lancée à la main. Le dosage et la marche à suivre sont ceux de la notice : un produit inadapté, ou de l'eau de Javel employée au hasard, peut abîmer la résine. Après l'opération, on laisse la régénération se terminer, puis l'on fait couler l'eau à plusieurs robinets avant de la consommer.

Contrôler la dureté de sortie

Le contrôle de la dureté est le seul moyen de savoir si l'appareil adoucit encore. Il se fait au test en gouttes, au robinet de prélèvement placé après l'adoucisseur ou à un robinet d'eau froide qu'il alimente. On compare la valeur obtenue à celle notée lors du dernier réglage, en général de l'ordre de 8 à 15 °f. Un écart de quelques degrés n'appelle pas d'intervention ; une sortie qui se rapproche de l'eau d'entrée, si.

Le moment de la mesure compte. Juste avant une régénération, la résine approche de sa limite, et la dureté de sortie peut remonter un peu ; juste après, elle est au plus bas. En mesurant toujours au même moment du cycle, par exemple en milieu de journée, on obtient des valeurs comparables d'une fois sur l'autre. Chaque résultat se note sur la fiche de l'appareil, avec la date et le niveau de sel.

La révision de l'appareil

La révision, confiée à un professionnel, reprend l'appareil organe par organe. Elle vérifie que la vanne passe correctement d'une phase à l'autre, que la saumure est bien aspirée et que l'eau de rinçage part entièrement à l'égout. Elle juge aussi l'état de la résine : une résine fatiguée retient moins de calcium, et les régénérations se rapprochent sans que la dureté de sortie s'améliore.

Une révision sérieuse se conclut par un compte rendu écrit : valeurs mesurées, pièces changées, réglages retenus, remarques sur l'installation. Ce document permet de suivre l'appareil dans le temps, d'une visite à l'autre, et de décider, le moment venu, entre une réparation et un remplacement. Elle comprend en général les opérations suivantes :

  • le nettoyage de l'injecteur et de son petit filtre, qui aspirent la saumure
  • le contrôle des joints et du piston de la vanne, et de l'étanchéité des raccords
  • la vérification du flotteur, du trop-plein et du tuyau de rejet
  • la désinfection de la résine et le nettoyage du bac
  • la mesure des duretés d'entrée et de sortie, puis l'ajustement des réglages
  • le contrôle du clapet anti-retour et du filtre placé en amont

Les signes d'un problème

Un adoucisseur en difficulté se trahit rarement d'un coup. Les premiers signes sont discrets : un niveau de sel qui ne bouge plus depuis des semaines, ou qui baisse au contraire très vite, une horloge qui clignote après une coupure de courant, un bruit d'écoulement qui ne s'arrête pas. Ils valent qu'on regarde l'appareil de plus près, avant que le calcaire ne reprenne sa place dans le ballon.

Quand l'un des signes suivants apparaît, mieux vaut ne pas attendre la révision prévue. Passez l'appareil en by-pass si l'eau devient douteuse, par exemple salée ou trouble, notez ce que vous observez, avec la date et l'affichage de la tête de commande, puis faites vérifier l'appareil avant de le remettre en service :

  • des traces blanches qui reviennent sur les parois et la robinetterie
  • un goût salé à l'eau du robinet
  • de l'eau qui déborde du bac à sel, ou qui s'y accumule anormalement
  • une chute de pression aux robinets
  • une fuite, même lente, au pied de l'appareil
  • un message d'erreur affiché par la tête de commande

Questions fréquentes

Sel de cuisine, gros sel ou pastilles : que mettre dans le bac ?

Un sel prévu pour les adoucisseurs, en pastilles le plus souvent, d'une pureté adaptée à cet usage. Évitez le sel de cuisine, le sel de déneigement et le gros sel non lavé : leurs impuretés encrassent le bac et l'injecteur. Si la notice recommande une forme précise, tenez-vous-y, car la dissolution n'est pas la même d'un sel à l'autre.

La désinfection est-elle nécessaire sur un appareil neuf ?

La mise en service comprend en général une régénération qui rince et prépare la résine neuve, et certains fabricants prévoient aussi une désinfection à cette occasion : la notice le précise. Ensuite, la désinfection suit le rythme recommandé. Elle s'impose également après une longue période d'arrêt, ou après une intervention qui a ouvert la bouteille.

Les pastilles de sel peuvent-elles s'abîmer pendant le stockage ?

Elles craignent surtout l'humidité, qui les soude entre elles en un bloc difficile à verser et favorise la formation de voûtes dans le bac. Rangez les sacs fermés, sur une étagère ou une palette, dans un local sec. Un sac pris en masse se brise avant d'être versé, sans forcer sur les parois du bac.