Des carreaux d'époque
Le carreau de ciment se fabrique sans cuisson. On verse les couleurs, ciment fin et pigments, dans les cases d'une grille métallique qui dessine le motif, puis l'on retire la grille, on couvre d'un mortier plus grossier et l'on presse le tout. Le dessin traverse ainsi plusieurs millimètres d'épaisseur, ce qui lui permet de vieillir sans disparaître ; la matière reste pourtant poreuse et boit l'eau, les graisses et tout ce qui la tache.
Port et station balnéaire de la Côte d'Albâtre, groupée autour de son abbatiale de la Trinité, Fécamp garde un bâti ancien : d'après l'Insee, en 2023, près de trois résidences principales sur dix ont été achevées avant 1946. Dans ces maisons, des carreaux de ciment subsistent parfois dans une entrée, une cuisine ou une ancienne salle de bain, sous un revêtement plus récent. Leurs motifs ne se refont plus à l'identique : raison suffisante pour les traiter avec égards.
Les garder en place ou les déposer
Garder le sol en place se décide sur trois critères. Le support d'abord : un carreau dont le son devient sourd quand on le tapote ne tient plus à son mortier, et une fissure qui traverse plusieurs carreaux trahit un plancher qui bouge. Le projet ensuite : si des tuyaux doivent passer dessous, ou si la douche doit s'installer à cet endroit, le sol ne peut pas rester. L'épaisseur enfin, car le revêtement neuf voisin doit raccorder sans marche.
Quand la dépose s'impose, elle se prépare : photo du sol entier, plan qui situe chaque motif, numéro au dos de chaque carreau. Le ciseau travaille dans le joint et sous le carreau, jamais sur sa face ; malgré le soin, quelques pièces se brisent. Les carreaux récupérés peuvent revenir au même endroit, ou former un tapis devant la vasque, dans la partie sèche de la salle de bain, encadré par un revêtement uni.
Nettoyer sans abîmer
Un sol ancien a souvent accumulé des couches de cire, de produits et de saleté. On commence toujours par un essai sur un carreau peu visible. Le nettoyage courant se fait au savon noir dilué ou à un savon neutre, avec une brosse souple et peu d'eau, puis un rinçage et un séchage soigneux. Les anciennes cires s'enlèvent avec un décapant prévu pour les carreaux de ciment, non acide, sans laisser tremper la surface.
Les taches qui ont pénétré demandent de la patience. Une tache de graisse se traite par un cataplasme absorbant, laissé à sécher puis retiré ; une auréole de rouille, par un produit adapté au ciment, jamais par un antirouille acide. Le ponçage, que l'on voit parfois proposé, use la couche colorée et se réserve à un professionnel, sur un sol très marqué. Mieux vaut un carreau patiné qu'un motif effacé.
Protéger de l'eau
Le traitement de protection se fait sur un sol propre et sec : une imprégnation hydrofuge et oléofuge pénètre dans les pores, freine l'eau et les graisses, et laisse la surface mate. Elle se renouvelle quand l'eau cesse de perler. Si les carreaux sont reposés, une première couche passée avant les joints empêche le mortier de joint de teinter la face, ce qu'aucun nettoyage ne rattrape ensuite.
Dans la salle de bain, l'eau vient surtout des éclaboussures et des pieds mouillés. Un tapis devant la baignoire ou la douche, une raclette sur la paroi et une extraction qui sèche vite la pièce limitent son séjour sur le sol. Sur un sol posé à même la terre, l'eau peut aussi monter par-dessous ; des efflorescences, ces dépôts blanchâtres de sels, la trahissent dans les joints, et sa cause se traite avant toute protection.
Les acides interdits
Le ciment réagit à tout ce qui est acide : la surface se ronge, devient rugueuse et les couleurs s'éteignent, de façon définitive. Sont donc bannis le vinaigre, les détartrants, les anticalcaires, certains nettoyants de salle de bain et les rénovateurs de joints. L'eau de Javel et l'ammoniaque ne valent pas mieux pour les pigments. Avant d'utiliser un produit, lisez sa composition : la mention d'un acide doit suffire à le reposer.
Le piège vient souvent du chantier lui-même : le nettoyant passé en fin de pose pour enlever le voile de joint est fréquemment acide, et il faut le remplacer par un produit adapté. Les relevés publics du contrôle sanitaire donnent à Fécamp une eau autour de 27 °f (novembre 2025 à août 2026) : chaque goutte qui sèche y laisse une trace blanche, que l'on essuie aussitôt au chiffon humide plutôt que de l'attaquer ensuite au détartrant.
Associer à une douche moderne
Les carreaux de ciment et une douche à l'italienne cohabitent très bien, à condition de ne pas les mêler. La douche reçoit son propre sol, sur une étanchéité, dans une matière qui supporte l'eau : pierre adaptée, grès cérame, mosaïque. Les carreaux anciens restent dans la partie sèche, devant la vasque ou au centre de la pièce, et la jonction entre les deux sols se marque par un profil discret ou un changement de pente.
Pour l'accord des teintes, on choisit souvent un carreau uni qui reprend une couleur du motif, ou un blanc cassé qui le laisse parler. La robinetterie et les accessoires suivent : un dessin sobre, une finition qui ne lutte pas avec les couleurs. Le nuancier du site aide à composer l'ensemble avant de choisir. Nous intervenons à Fécamp et dans les communes voisines, comme Ganzeville, Senneville-sur-Fécamp et Toussaint.
Questions fréquentes
Comment savoir si mes carreaux sont en ciment ou en grès ?
Regardez un bord ébréché : sur un carreau de ciment, le motif coloré forme une couche épaisse sur un fond gris, sans émail. La surface est mate, et une goutte d'eau la fonce en pénétrant. Un grès ou une céramique émaillée est plus dur, souvent brillant, et l'eau y perle. Les tomettes, elles, ont un corps de terre cuite rouge.
La cire convient-elle à des carreaux de ciment anciens ?
C'était la finition d'autrefois, et elle donne un bel aspect satiné. Dans une salle de bain, on lui préfère une imprégnation, plus résistante à l'eau et moins glissante. La cire peut venir en complément dans la partie sèche, en couches fines, à renouveler. Trop chargée, elle jaunit, colle et retient la saleté.
Le carreleur peut-il utiliser son nettoyant habituel après les joints ?
Seulement si ce produit n'est pas acide, ce qui n'est pas toujours le cas des nettoyants de fin de chantier. Sur des carreaux de ciment, on protège la face par une première imprégnation avant les joints, puis l'on retire le voile au savon neutre et à l'éponge, sans attendre qu'il durcisse. Demandez la fiche du produit avant son passage.
