Pourquoi ventiler mieux qu'avant
Les maisons d'autrefois respiraient malgré elles : fenêtres peu étanches, cheminées ouvertes, planchers disjoints. Une rénovation soignée supprime ces fuites d'air, et avec elles la ventilation involontaire qui séchait tant bien que mal la salle de bain. Dans le même temps, les douches sont devenues plus généreuses, avec des pommeaux de pluie et des débits qui produisent davantage de vapeur. La ventilation mécanique doit compenser les deux évolutions.
Le cadre est connu. L'arrêté du 24 mars 1982 relatif à l'aération des logements compte la salle de bain au nombre des pièces dont l'air est extrait, et le NF DTU 68.3 encadre la mise en œuvre des installations de ventilation mécanique. Dans une salle de bain haut de gamme, l'enjeu dépasse la conformité : marbres, bois, enduits à la chaux et miroirs supportent mal une humidité qui s'attarde, et c'est la ventilation qui décide de leur tenue.
Où placer la bouche d'extraction
La bouche d'extraction aspire la vapeur là où elle se forme. Sa place logique est en hauteur, au plafond ou en haut de mur, au plus près de la douche ou de la baignoire, car l'air chaud et humide monte. Placée à l'autre bout de la pièce, elle laisse la vapeur se répandre sur les murs avant de l'atteindre. Placée juste au-dessus de la porte, elle aspire surtout l'air qui entre, sans balayer la pièce.
La discrétion se travaille aussi. Les bouches rondes en plastique blanc ne sont pas une fatalité : il existe des bouches plates, des grilles linéaires intégrées dans une gorge de plafond, des finitions métalliques assorties à la robinetterie. La bouche peut aussi se loger dans un faux plafond au-dessus de la douche, à condition que son type convienne à cet emplacement et reste démontable pour le nettoyage. Une bouche hygroréglable, qui s'ouvre davantage quand l'air se charge d'humidité, ajuste son débit d'elle-même.
L'entrée d'air neuf
Une bouche ne peut extraire que l'air qu'on lui laisse. L'air neuf arrive par les entrées d'air des chambres et du séjour, ces fentes logées dans les menuiseries ou dans les murs, traverse la maison et rejoint les pièces humides. Pour atteindre la salle de bain, il passe sous la porte ou par une grille de transfert. Si ce passage manque, la ventilation force contre une pièce close : elle siffle et évacue mal.
Le confort se joue aussi sur la façon dont cet air arrive. Une entrée d'air en haut de fenêtre, loin des occupants, passe inaperçue ; près d'une rue passante, un modèle acoustique filtre le bruit du dehors. Dans la salle de bain, l'air qui passe sous la porte arrive au ras du sol, sur des pieds nus : un sol chauffant, ou un sèche-serviettes près de l'entrée, atténue cette sensation de fraîcheur.
Conduits, bruit et vibrations
Le bruit d'une ventilation naît surtout dans le caisson, le bloc moteur qui aspire l'air de toute la maison, et dans les conduits qui le relient aux bouches. Un caisson posé directement sur un plancher de combles transmet ses vibrations à la chambre du dessous. Monté sur des supports antivibratiles, des plots souples qui absorbent les vibrations, et placé au-dessus d'un couloir plutôt que d'une chambre, il se fait oublier.
Les conduits suivent le trajet le plus court, avec le moins de coudes possible, sans écrasement ni pli. Un conduit souple trop long ou affaissé freine l'air et le fait siffler. Des conduits isolés phoniquement, ou un court tronçon de silencieux, ce manchon garni d'absorbant placé près du caisson, réduisent le bruit transmis aux bouches. Dans des combles froids, le conduit doit aussi être isolé thermiquement : sinon, la vapeur s'y condense et l'eau redescend par la bouche.
Ventilation et matières nobles
Les matières nobles d'une salle de bain réagissent toutes à l'humidité qui dure. Le marbre et les pierres calcaires se tachent, et leurs joints se teintent. Le bois gonfle et se couvre de taches noires aux angles. Les enduits à la chaux et le tadelakt ont besoin de sécher entre deux usages pour garder leur dureté. Les miroirs perdent leur tain sur les bords. Toutes ces dégradations commencent par une vapeur qui n'a pas été évacuée.
Pour ces pièces, l'extraction doit continuer après la douche, le temps que les surfaces sèchent, et pas seulement que le miroir redevienne net. Une minuterie qui maintient la grande vitesse après l'extinction de la lumière, ou une bouche hygroréglable, s'en charge sans qu'on y pense. Un léger chauffage de la pièce aide aussi les parois à sécher. La ventilation ne s'arrête pas non plus quand la maison reste fermée : une pièce close et immobile sèche mal, et les matières en pâtissent.
Entretenir les bouches
Une bouche encrassée perd une partie de son débit et se met à siffler. La poussière, les fibres de serviettes et les résidus de laque se déposent sur ses ailettes. Elle se démonte, en général sans outil, et se lave à l'eau savonneuse selon sa notice, avant d'être remise en place bien sèche. Une bouche hygroréglable demande plus de précautions : sa notice indique comment la nettoyer sans abîmer le capteur qui commande son ouverture.
Le reste de l'installation demande un œil de temps en temps, et un professionnel pour le caisson et les conduits. Une ventilation que l'on entretient garde son efficacité et son silence ; une ventilation oubliée finit souvent bruyante, puis coupée. Ces vérifications prennent peu de temps et se notent dans le carnet d'entretien de la maison. Les plus utiles :
- une feuille de papier posée contre la bouche, ventilation en marche, doit rester plaquée
- les entrées d'air des pièces de vie, à dépoussiérer et à ne jamais boucher
- le jour sous la porte de la salle de bain, à conserver après un changement de sol
- un bruit nouveau ou une vibration du caisson, à signaler sans attendre
- les filtres d'une ventilation double flux, à changer selon la notice
Questions fréquentes
La ventilation peut-elle tourner la nuit sans gêner ?
Elle le doit, puisqu'elle fonctionne en permanence. Le silence s'obtient en amont : un caisson sur supports souples, éloigné des chambres, des conduits bien tendus et isolés, une petite vitesse adaptée à la nuit. Si l'appareil s'entend malgré tout depuis le lit, mieux vaut corriger l'installation que de couper l'extraction, qui laisserait l'humidité s'installer.
Une bouche d'extraction qui siffle, que faut-il vérifier ?
D'abord l'arrivée d'air : une porte sans jour en bas, après la pose d'un nouveau sol par exemple, oblige l'air à forcer et le fait siffler. Ensuite la bouche elle-même, peut-être encrassée ou mal réglée, puis le conduit, qui peut être écrasé. Un débit trop fort pour la taille de la bouche produit le même effet : son réglage se vérifie avec l'installateur.