Tomettes anciennes ou neuves
La tomette est un petit carreau de terre cuite, souvent hexagonal et rouge, posé dans les maisons anciennes. D'après l'Insee, 8,2 % des résidences principales de Pont-l'Évêque ont été achevées avant 1919 (2023), et le bourg a conservé des maisons à pans de bois : on y trouve encore des sols de terre cuite d'origine. Ils se gardent en place s'ils sont sains, ou se déposent, se nettoient et se reposent ailleurs dans la maison.
La terre cuite neuve se fabrique à la main ou par étirage, plus ou moins dense ; plus elle est dense et bien cuite, moins elle boit l'eau. Émaillée, elle est étanche en surface ; brute, elle demande une protection. Pour compléter un sol ancien, les tomettes de récupération, vendues par les négociants en matériaux anciens, se rapprochent le mieux de l'existant, à condition de les trier par teinte et par épaisseur.
Près de la douche
La terre cuite est poreuse : elle absorbe l'eau, le savon et le calcaire. Les éclaboussures répétées à la sortie de la douche la foncent, et l'eau qui stagne fait apparaître des efflorescences, ces dépôts blancs de sels qui remontent à la surface en séchant. Dans une salle de bain, elle trouve donc sa place sur le sol de la pièce, devant la vasque ou la baignoire, mieux que sous la douche elle-même.
Une douche à l'italienne en terre cuite reste possible, mais exigeante : pente parfaite, étanchéité posée dessous, protection impeccable et renouvelée. Beaucoup préfèrent un autre matériau pour le fond de la douche, une pierre ou un carreau antidérapant, avec une transition nette. Un seuil ou un changement de matière marque alors la zone mouillée, et une paroi vitrée bien placée limite les projections sur la terre cuite.
Plancher bois et terre cuite
À l'étage, les tomettes anciennes reposent souvent sur un lit de mortier ou de plâtre étalé sur le plancher de bois. Ce poids et la souplesse du plancher comptent : avant de poser une terre cuite neuve, on contrôle les solives, car un plancher qui fléchit fend les carreaux et ouvre les joints. Une chape sèche et légère ou des panneaux, puis une natte de désolidarisation, cette membrane qui absorbe les petits mouvements, préparent un support sûr.
Au rez-de-chaussée, sur une dalle de béton, la pose est plus simple, à condition que la dalle soit sèche : une terre cuite posée sur un support humide voit les sels remonter. Une terre cuite ancienne posée à même le sol, sans dalle, laisse passer l'humidité du terrain. L'enfermer sous un vernis étanche la ferait ressortir ailleurs, au pied des murs : on la laisse respirer, et l'on assainit la pièce par une bonne ventilation.
Les joints à surveiller
Les tomettes anciennes ont des joints larges et irréguliers, faits à l'origine d'un mortier de chaux. Dans une salle de bain, ces joints sont le point faible : ils boivent l'eau, se creusent et la laissent passer jusqu'au support. En les refaisant, on choisit un mortier compatible avec la terre cuite, à la chaux ou adapté, plutôt qu'un joint de ciment trop dur qui épaufrerait les bords des carreaux, c'est-à-dire qui les ferait éclater par petits morceaux.
Avant le jointoiement, les carreaux reçoivent une première imprégnation, sans quoi le mortier les tacherait durablement. Autour de la baignoire, du WC et du meuble de vasque, un joint souple en silicone compatible avec la terre cuite remplace le mortier à la jonction avec les équipements. Un joint qui se creuse ou se fissure se reprend sans attendre, car c'est par lui que l'eau atteint le plancher.
Imperméabiliser la terre cuite
La protection se fait en deux temps. D'abord une imprégnation hydrofuge et oléofuge, qui pénètre dans la masse sans former de film : le carreau reste perméable à la vapeur, mais l'eau et les graisses perlent au lieu de pénétrer. Ensuite, selon l'aspect voulu, une finition à la cire ou à l'huile, qui nourrit la surface et lui donne sa patine. En salle de bain, cette protection se renouvelle plus souvent qu'au salon.
Le carreau doit être parfaitement sec avant traitement, et la terre cuite sèche lentement, surtout après le lavage de fin de chantier : une protection appliquée sur un carreau encore humide emprisonne l'eau et blanchit. Mieux vaut patienter et ventiler la pièce avant de passer la première couche. L'ordre des opérations ne change pas :
- Nettoyage de fin de chantier, sans acide fort
- Séchage complet, qui peut demander plusieurs jours
- Imprégnation en plusieurs passes, jusqu'à saturation
- Finition à la cire ou à l'huile, selon l'aspect voulu
Entretien au quotidien
Selon les analyses publiques du contrôle sanitaire, l'eau de Pont-l'Évêque se situe entre 24,9 et 28,1 °f suivant les réseaux (médianes de mai 2024 à juillet 2026), avec des mesures nettement variables. Les gouttes qui sèchent sur la terre cuite laissent des auréoles blanches, surtout sur un rouge sombre. Essuyer les éclaboussures, poser un tapis à la sortie de la douche et laver au savon doux, par exemple un savon noir dilué, suffit au quotidien.
Les détartrants et les produits acides sont à proscrire : ils attaquent la protection, puis les joints et la terre elle-même. Une tache de cosmétique ou d'huile s'absorbe aussitôt avec un papier, sans frotter. Quand l'eau fonce à nouveau le carreau au lieu de perler, la cire ou l'imprégnation se renouvelle après un nettoyage. Nous intervenons à Pont-l'Évêque et dans les communes voisines, comme Reux, Saint-Martin-aux-Chartrains et Surville.
Questions fréquentes
Des tomettes mouillées deviennent-elles glissantes ?
Moins qu'une pierre polie, car la terre cuite brute garde une légère texture. Une tomette cirée et brillante devient en revanche glissante sous l'eau. Devant la douche, une protection mate, un tapis de bain antidérapant et une transition vers un matériau plus accrocheur dans la douche elle-même réduisent le risque de chute.
Comment compléter un sol de tomettes auquel il manque des carreaux ?
Cherchez d'abord dans la maison : des tomettes cachées sous un meuble fixe, dans un placard ou une pièce secondaire peuvent être prélevées, puis remplacées là par des neuves. Sinon, les dépôts de matériaux de récupération en proposent ; triez-les par teinte et par épaisseur, et mélangez-les au reste pour que les raccords ne se voient pas.