Une salle de bain en étage
D'après l'Insee, en 2023, 73 % des logements du Havre sont des appartements, et plus de quatre résidences principales sur dix ont été achevées de 1946 à 1970. Dans ces immeubles, la salle de bain n'est jamais un projet isolé : elle se raccorde à des colonnes et à des chutes communes, repose sur un plancher partagé avec le voisin du dessous et s'entend à travers les murs. Un projet de standing commence donc par un relevé de ces contraintes, avant le choix des matières.
Ce relevé se fait sur place, mètre en main et trappes ouvertes. Il distingue ce qui est possible sans toucher aux parties communes de ce qui demandera l'accord de la copropriété. Il évite aussi de choisir une baignoire ou une vasque qui ne passerait pas la porte. Lors de la visite, nous relevons notamment :
- la position de la chute et des colonnes d'eau, et leur distance à la douche ou à la baignoire ;
- la nature du plancher et la hauteur disponible sous le revêtement actuel ;
- l'état des canalisations privatives, de la vanne du logement jusqu'aux robinets ;
- la ventilation existante, bouche de VMC ou simple grille ;
- les accès : ascenseur, cage d'escalier, largeur des portes.
Raccorder aux chutes communes
L'eau usée s'écoule par gravité : chaque appareil doit rejoindre la chute avec une pente régulière, sans contre-pente ni coude brutal. Plus une douche ou une baignoire s'éloigne de la chute, plus il faut de hauteur sous le sol pour loger cette pente. Dans un immeuble où l'on ne creuse pas la dalle, cette hauteur se gagne en surélevant le sol de la zone de douche, ou en rapprochant les appareils de la gaine technique.
Déplacer la salle de bain dans une autre pièce n'est possible que si un chemin vers une chute existe. Traverser une dalle ou un mur porteur pour l'atteindre touche aux parties communes et demande l'accord de la copropriété, parfois l'avis d'un bureau d'études. Les pompes de relevage et les broyeurs dépannent, mais ils font du bruit, demandent de l'entretien, et certains règlements de copropriété les interdisent : on les garde pour un cas sans autre issue.
Côté alimentation, le logement se branche sur les colonnes montantes par une vanne qui lui est propre. Au-delà, les canalisations sont privatives : c'est l'occasion de remplacer un vieux réseau en acier galvanisé par du cuivre ou du multicouche, et de vérifier le débit disponible à l'étage avant de choisir une douche de tête large.
Pierre et plancher d'immeuble
Une pierre naturelle au sol, un habillage de marbre, une vasque taillée dans un bloc pèsent lourd ; une baignoire en pierre, remplie, plus encore. Le plancher d'un immeuble supporte une charge fixée à sa construction, qu'il ne faut pas deviner. Pour une pièce massive, on demande au syndic les plans de l'immeuble et, au besoin, l'avis d'un bureau d'études avant de commander.
Tout ne se joue pas sur la pierre massive. Des carreaux de pierre d'épaisseur courante, collés sur un support sain, chargent bien moins qu'une dalle épaisse posée sur une chape. Une céramique grand format, plus fine, donne l'aspect d'une pierre veinée pour un poids réduit. Dans un immeuble plus ancien, où le plancher peut être en bois, ces choix comptent double : ils évitent les flèches, ces affaissements du plancher sous la charge, et les fissures qui les accompagnent.
Isoler les bruits d'eau
Dans un appartement, les bruits d'eau voyagent par la structure : écoulement dans les tuyaux d'évacuation, coup de bélier quand un robinet se ferme d'un coup, eau qui frappe le receveur, baignoire qui se remplit tard le soir. Une salle de bain refaite ne doit pas faire plus de bruit chez le voisin que l'ancienne, et l'idéal est qu'elle en fasse moins.
Les parades se prévoient avant de fermer les murs : tuyaux d'évacuation à isolation phonique ou gainés, colliers de fixation munis de caoutchouc, sous-couche acoustique sous le carrelage, receveur désolidarisé de la dalle. Un anti-bélier, petit amortisseur placé sur l'arrivée d'eau, calme les fermetures brusques. Certains règlements de copropriété exigent de ne pas dégrader l'isolation phonique quand on change un sol : on le vérifie avant de choisir le revêtement.
Copropriété : informer ou demander
Refaire une salle de bain à l'intérieur de son lot, sans toucher aux structures, relève des parties privatives : remplacer une baignoire par une douche, changer les revêtements, reprendre les canalisations après la vanne du logement. Aucune autorisation n'est alors demandée en principe, mais le syndic doit être informé, ne serait-ce que pour programmer une coupure de colonne et prévenir les occupants.
Tout ce qui touche aux parties communes ou à l'aspect de l'immeuble se demande, en revanche : percer une dalle, intervenir sur une chute, créer une sortie de ventilation en façade, ouvrir un mur porteur. La demande passe par l'assemblée générale, qui se tient en général une fois par an : inscrivez-la à l'ordre du jour assez tôt. Dans le centre reconstruit, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, toute modification visible de l'extérieur se renseigne aussi en mairie.
Livraisons, gravats et horaires
Une baignoire, un receveur ou une dalle de pierre doivent pouvoir monter jusqu'à l'appartement. Avant de commander, on mesure la cabine d'ascenseur, les tournants de l'escalier et les portes, emballage compris. Une pièce trop grande passe parfois par une fenêtre, avec un monte-meubles ; son installation sur la voie publique demande alors une autorisation de la mairie.
Les gravats d'une salle de bain sont lourds : carrelage, chape, parfois une baignoire en fonte. Ils descendent en sacs, par l'ascenseur protégé ou par l'escalier, et une benne posée dans la rue demande, elle aussi, une autorisation. Les horaires des travaux bruyants se lisent dans le règlement de copropriété et, le cas échéant, dans l'arrêté municipal sur le bruit. Nous intervenons au Havre et dans les communes voisines, comme Sainte-Adresse, Fontaine-la-Mallet et Harfleur.
Questions fréquentes
Une baignoire îlot est-elle envisageable dans un appartement d'après-guerre ?
C'est possible, à trois conditions. Le plancher doit supporter la baignoire remplie et son occupant, ce que l'on vérifie sur plans ou avec un bureau d'études. L'évacuation, placée sous la cuve, doit trouver sa pente jusqu'à la chute, parfois grâce à un léger podium. Enfin, une robinetterie posée au sol demande des arrivées d'eau passées sous le revêtement.
Faut-il attendre que la copropriété refasse les colonnes ?
Pas forcément, mais renseignez-vous auprès du syndic : si un remplacement des colonnes est voté ou à l'étude, mieux vaut caler votre chantier dessus. Sinon, on refait les canalisations privatives jusqu'à la vanne du logement, que l'on remplace si elle force ou fuit. Les colonnes elles-mêmes restent du ressort de la copropriété.
Est-il possible d'agrandir la salle de bain sur un couloir ou un placard ?
Oui, si les cloisons à déplacer ne sont pas porteuses et si les nouveaux appareils peuvent rejoindre la chute avec une pente suffisante. Les plans de l'immeuble, ou un sondage lors de la visite, disent ce qu'est chaque mur. Gagner quelques dizaines de centimètres suffit parfois à loger une vraie douche à la place d'une baignoire étroite.