Un dépôt sous vide
Le PVD, pour dépôt physique en phase vapeur, se réalise dans une enceinte sous vide. Un métal, souvent du titane, du zirconium ou du chrome, y est vaporisé puis combiné à un gaz pour former une couche très fine et très dure qui se fixe sur la pièce. Ce n'est ni une peinture ni un vernis : la couche fait corps avec la surface, ce qui explique sa résistance à l'usage.
La pièce de départ compte autant que le dépôt. Sur une robinetterie, le PVD se pose le plus souvent sur un corps en laiton préalablement chromé ou nickelé, dont la surface doit être parfaite : le dépôt, extrêmement mince, reproduit fidèlement chaque défaut du dessous. Un PVD sur un corps médiocre reste un corps médiocre. La qualité du laiton, de la préparation et des couches intermédiaires détermine la tenue de l'ensemble.
Les couleurs possibles
Le procédé offre une large palette selon le métal et le gaz employés : dorés plus ou moins chauds, laiton, champagne, cuivre, bronze, gris anthracite, noir, nickel. La finition de départ joue aussi : un même PVD doré paraît éclatant sur un support poli et satiné sur un support brossé. C'est ce qui permet d'obtenir un or brossé discret ou un or poli d'apparat avec la même technique.
Les noms commerciaux des teintes varient d'un fabricant à l'autre et ne disent rien de leur rendu réel. Un « or brossé » ici peut être plus jaune, plus rosé ou plus froid qu'ailleurs. La seule méthode fiable consiste à comparer des échantillons physiques, côte à côte, sous l'éclairage de la pièce et à côté de la pierre ou du carrelage prévus. Une photo sur un écran trompe presque toujours.
Résistance aux rayures
Le PVD est nettement plus dur qu'un chromage classique, et sans comparaison avec une peinture ou un vernis. Il supporte les frottements du quotidien, les bagues, le contact d'un flacon ou d'une brosse à dents posée sur la vasque. C'est ce qui en fait la technique de choix pour les finitions colorées, bien plus fragiles autrement. Il ne s'oxyde pas et ne ternit pas avec le temps.
Résistant ne veut pas dire inrayable. Un grain de sable sous une éponge, une poudre à récurer, un outil métallique ou un choc sur une arête peuvent entamer la couche. La rayure laisse alors apparaître le dessous, chrome argenté ou laiton, et ne se retouche pas localement : la pièce doit être remplacée ou retraitée en atelier spécialisé. Pendant les travaux, les façades PVD se montent donc en dernier, et restent protégées.
Calcaire et produits
Sur le PVD, le calcaire se dépose comme ailleurs, mais il se voit plus ou moins selon la teinte : peu sur un nickel brossé, beaucoup sur un noir ou un anthracite, où chaque goutte séchée dessine une auréole blanche. La surface lisse et dure du dépôt facilite toutefois le nettoyage, à condition d'intervenir avant que les dépôts ne durcissent. Un essuyage au chiffon doux après usage reste le geste le plus efficace.
Pour le nettoyage, de l'eau tiède et un savon doux suffisent. Les produits abrasifs, les poudres, les éponges à récurer et les détartrants puissants sont à éviter ; certains fabricants tolèrent un produit anticalcaire doux, d'autres non, et leur notice fait foi. En cas de doute, un essai sur une zone peu visible, avec un temps de contact court, évite une mauvaise surprise sur toute la robinetterie.
Comparer aux autres finitions
Face au chrome poli, le PVD apporte la couleur et une dureté supérieure, pour un entretien comparable ; le chrome garde l'avantage d'une teinte universelle, facile à assortir et à remplacer pièce par pièce. Face à une peinture ou à un revêtement époxy, souvent proposés pour les noirs mats, le PVD résiste beaucoup mieux aux rayures et aux produits. Face au laiton verni, il ne craint pas les taches d'oxydation sous un film rayé.
Face au laiton brut, la comparaison porte sur la philosophie plus que sur la technique : le PVD couleur laiton garde l'aspect du neuf, le laiton brut se patine et raconte l'usage. L'un rassure, l'autre vit. Pour une maison louée, souvent fermée ou très sollicitée, le PVD a la préférence ; pour une pièce d'apparat que l'on aime voir évoluer, le métal brut garde tout son attrait.
Accorder les pièces entre elles
Une salle de bain en PVD se pense comme un ensemble. Mitigeurs, douche de tête, douchette, bonde, siphon apparent, accessoires, sèche-serviettes, poignées de meuble : tous ne sont pas toujours proposés dans la même teinte, et les nuances d'un fabricant à l'autre se voient immédiatement côte à côte. La solution la plus sûre consiste à choisir une gamme qui couvre tous les éléments visibles, dans une seule finition.
Commandez l'ensemble en une fois, pour limiter les écarts entre lots de fabrication, et vérifiez chaque pièce à la livraison, sous une lumière franche. Si un élément n'existe pas dans la teinte choisie, mieux vaut un contraste assumé, un noir à côté d'un or par exemple, qu'une nuance presque identique. Avant de valider, comparez les échantillons :
- à la lumière du jour et sous l'éclairage du soir
- à côté de la pierre, du carrelage et du bois prévus
- en version polie et en version brossée, qui changent la teinte perçue
- sur toutes les pièces visibles, bonde et siphon compris
Questions fréquentes
Une rayure sur une finition PVD se répare-t-elle ?
Pas sur place. Le dépôt ne se retouche ni au pinceau ni à la pâte à polir : une rayure profonde qui laisse voir le dessous impose de remplacer la pièce, ou de la faire retraiter en atelier spécialisé après démontage, quand le fabricant le propose. Pour une façade de mitigeur, le remplacement est souvent la solution la plus simple.
Le PVD s'applique-t-il sur un robinet déjà posé ?
Non. Le procédé exige une enceinte sous vide et une préparation parfaite de la surface : il se réalise en usine, sur des pièces neuves, ou démontées et décapées. Recolorer une robinetterie existante relève d'un atelier spécialisé et n'est pas toujours possible. Il est presque toujours plus simple de choisir la teinte dès l'achat.
Toutes les robinetteries dorées sont-elles traitées en PVD ?
Non. Une teinte dorée peut venir d'un dépôt PVD, d'une dorure électrolytique, d'un laiton poli verni ou d'un laiton brut. Leur tenue n'a rien de comparable : une dorure électrolytique est plus tendre, un vernis se raye, un laiton brut se patine. La fiche technique doit indiquer le procédé ; à défaut, demandez-le par écrit.
