Le bois dans une pièce d'eau
Le bois est une matière vivante : il absorbe l'humidité de l'air et la rend, en gonflant puis en se rétractant, surtout dans le sens de la largeur des planches. Dans une salle de bain, ce n'est pas l'humidité ambiante qui l'abîme le plus, mais l'eau qui reste : une flaque au pied du meuble, une éclaboussure qui sèche dans un joint, une condensation répétée au plafond. Le bois mouillé sans pouvoir sécher grise, se tache, puis finit par pourrir.
Entre Honfleur et Deauville, Saint-Gatien-des-Bois est une commune rurale où s'étend la forêt de Saint-Gatien ; d'après l'Insee, 97,3 % de ses logements sont des maisons (2023), et plus d'une résidence principale sur dix y a été achevée avant 1919. Dans ces maisons, le bois prolonge naturellement le décor jusque dans la salle de bain, pourvu qu'on le place là où il pourra sécher entre deux usages.
Les essences qui tiennent l'eau
Face à l'eau, les essences n'ont pas la même résistance. Les bois exotiques denses et naturellement huileux, comme le teck ou l'iroko, supportent les éclaboussures et restent stables ; ils viennent de préférence de forêts gérées durablement, avec un justificatif d'origine. Parmi les bois d'Europe, le chêne a un cœur durable mais riche en tanins, le mélèze et le douglas offrent une tenue correcte à l'humidité. Dans tous les cas, on écarte l'aubier, la partie claire et tendre sous l'écorce, qui pourrit plus vite.
Les bois modifiés élargissent le choix. Le bois thermochauffé, cuit à haute température sans produit chimique, devient plus stable et plus résistant à l'humidité, avec une teinte plus foncée ; un frêne ou un pin ainsi traité se rapproche, en tenue à l'eau, de certains bois exotiques. Les panneaux, eux, se choisissent hydrofuges pour les caissons de meubles, en contreplaqué de qualité marine ou en panneau traité pour les pièces humides, jamais en aggloméré ordinaire.
Plan vasque et meuble
Un plan vasque en bois massif est un bel objet, mais son point faible se trouve autour des découpes : le bord de la vasque et les trous de la robinetterie exposent le bois de bout, ces fibres coupées qui boivent l'eau comme une paille. On les imprègne soigneusement avant la pose, on scelle la vasque avec un joint souple adapté, et l'on préfère une vasque à poser ou une robinetterie murale, qui éloignent l'eau des découpes.
Le meuble lui-même gagne à être suspendu : l'air circule dessous, le sol se nettoie, et une fuite au siphon se voit tout de suite. Les fixations et la quincaillerie sont en inox, pour éviter les taches noires que le fer laisse sur certains bois humides. On garde un accès au siphon et aux robinets d'arrêt par l'arrière ou par un tiroir découpé, afin de pouvoir intervenir sans démonter le meuble.
Parquet au sol
Un parquet peut habiller le sol d'une salle de bain, à condition de rester hors de la douche et d'être protégé à la sortie du bain. Le contrecollé, fait de couches de bois croisées sous une lame d'usure noble, bouge moins qu'un massif et convient mieux à une pièce humide. Il se colle en plein sur une chape sèche et plane, dont l'humidité se mesure avant la pose, plutôt que de flotter sur une sous-couche où l'eau pourrait s'infiltrer.
Le pourtour demande autant de soin que les lames. Le jeu de dilatation laissé contre les murs et autour des pieds de baignoire se ferme par un joint souple, pour que l'eau ne s'y glisse pas. Devant la douche, quelques rangs de pierre ou de carrelage séparent le bois des zones mouillées, sur une étanchéité prolongée. Pour qui veut du bois jusque dans la douche, un caillebotis en teck, posé au-dessus d'un sol étanche et amovible pour le nettoyage, apporte le bois sans le noyer.
Des finitions qui protègent
Deux familles de finitions s'opposent. Les huiles, et les cires dures à l'huile, pénètrent dans le bois sans créer de pellicule : il garde son aspect, et une zone usée se reprend localement, d'un simple égrenage et d'une nouvelle couche. Les vernis, ou vitrificateurs, forment une pellicule plus étanche, mais une rayure y laisse entrer l'eau, qui grise le bois sous le film ; la réparation demande alors un ponçage plus large.
Quelle que soit la finition, une règle s'impose : chaque pièce de bois se traite sur toutes ses faces avant la pose, dos et chants compris. Une lame protégée sur sa seule face visible absorbe l'humidité par l'arrière, se déforme et se tuile. Pour l'entretien, un savon doux et une microfibre suffisent ; on évite l'eau de Javel, les détergents agressifs et les éponges abrasives, et l'on essuie l'eau qui stagne au lieu de la laisser sécher.
Ventiler pour durer
Un plafond de douche en bois est possible, et très beau, s'il peut respirer. Les lames se fixent sur des tasseaux, avec une lame d'air derrière elles, ouverte en haut et en bas, pour que l'humidité s'évacue au lieu de stagner contre le support. Les luminaires encastrés sont choisis et raccordés par un électricien, avec l'indice de protection et les volumes que la norme NF C 15-100 impose au-dessus d'une douche.
La pièce entière doit sécher vite après chaque douche. Une extraction mécanique placée près de la douche, de préférence pilotée par un hygrostat, chasse la vapeur avant qu'elle ne se condense sur le bois. Dans une maison entourée d'arbres, où l'air reste souvent humide, ce point compte plus qu'ailleurs. Nous intervenons à Saint-Gatien-des-Bois et dans les communes voisines, comme Fourneville, Gonneville-sur-Honfleur et Saint-Martin-aux-Chartrains.
Questions fréquentes
Le chêne noircit-il au contact de l'eau ?
Il peut se tacher de noir quand l'eau reste en contact avec du fer : une vis ordinaire, un objet métallique posé, parfois une eau chargée en fer. Ses tanins réagissent avec le métal et marquent le bois. On l'évite avec une quincaillerie en inox, une finition bien entretenue et un essuyage rapide. Une tache légère se ponce puis se retraite localement.
Un bois de récupération a-t-il sa place dans une salle de bain ?
Oui, pour une étagère, un plan ou un habillage hors projections, s'il est parfaitement sec et sans trace d'anciens traitements. On vérifie qu'il n'abrite pas d'insectes, dont les petits trous de sortie et la sciure trahissent la présence, puis on le stabilise et on le protège sur toutes ses faces. Une vieille poutre de chêne fait ainsi un très beau plan, loin de la douche.
Quel entretien pour un plan vasque huilé ?
Un essuyage après usage et un nettoyage au savon doux suffisent au quotidien. Quand l'eau ne perle plus ou que le bois paraît sec et terne, on égrène légèrement la surface, on dépoussière, puis on applique une fine couche de la même huile, en essuyant l'excédent. Autour de la vasque et des robinets, on surveille les joints souples, à refaire dès qu'ils se décollent.