Matériaux nobles Honfleur · Côte Fleurie

Tomettes et terre cuite en salle de bain à Honfleur

Une tomette ancienne garde la patine de tous les pas qui l'ont usée. Dans une salle de bain de Honfleur, la terre cuite peut rester ou faire son entrée, à condition de respecter sa porosité, de la poser sur un support stable et de l'entretenir sans détartrant.

Salle de bain d'esprit ancien avec baignoire sur pieds et lavabo, dans une maison de campagne

Visuel d'illustration.

Le caractère de la terre cuite

La tomette est un petit carreau de terre cuite, le plus souvent hexagonal, façonné à partir d'argile puis cuit à une température modérée. Cette cuisson lui laisse une teinte chaude, du rose pâle au rouge sombre, et des nuances d'un carreau à l'autre. Au fil des années, le passage et l'entretien lui donnent une patine que l'on ne fabrique pas. C'est pour elle que l'on cherche à garder, ou à retrouver, un sol de terre cuite dans une maison ancienne.

Le recensement de 2023 de l'Insee compte 18,2 % de résidences principales achevées avant 1919 à Honfleur. Dans ces maisons, il n'est pas rare de trouver de la terre cuite au sol, parfois cachée sous un revêtement plus récent. En salle de bain, elle apporte une chaleur que le grès cérame imite rarement, mais elle réclame plus d'attention que lui, car sa surface ne se ferme pas à l'eau.

Une matière poreuse

La terre cuite est poreuse : elle absorbe l'eau, mais aussi les savons, les huiles de bain et les cosmétiques, qui y laissent des taches sombres. Non protégée, elle boit une éclaboussure en un instant. Elle rend aussi l'humidité qu'elle reçoit par-dessous : posée sur une dalle ancienne sans barrière contre les remontées, elle laisse parfois apparaître des efflorescences, ces dépôts blancs de sels que l'eau abandonne en s'évaporant à la surface.

Cette porosité décide de la place de la terre cuite dans la pièce. Elle convient au sol de la salle de bain, autour du meuble vasque, devant la baignoire ou à la sortie de la douche. Dans la douche elle-même, où l'eau stagne dans les joints et où le savon forme un film glissant, on lui préfère une pierre dense, un receveur ou un grès cérame, l'étanchéité de la douche débordant sous la jonction des deux sols.

Garder les tomettes d'origine

Un sol ancien se juge d'abord à l'oreille. On le frappe doucement, carreau par carreau : un son creux trahit une tomette décollée de son lit de pose. On repère ensuite les carreaux fendus, les manques, les zones affaissées, et l'état du plancher qui porte le tout. À l'étage, les tomettes reposent souvent sur une épaisse couche de mortier ou de plâtre, lourde pour les solives : ce poids se vérifie avant d'ajouter une baignoire.

Quand les réseaux doivent passer, on dépose les tomettes une à une, au ciseau, en les numérotant pour les reposer à leur place. Quelques-unes cassent toujours : on les remplace par des tomettes de récupération, prélevées dans un placard ou sous un meuble fixe de la maison, ou trouvées chez un négociant en matériaux anciens. Un sol encrassé retrouve sa couleur après un décapage doux, qui retire cires et saletés sans attaquer la terre.

Poser sur un support sain

Sur un plancher en bois, la terre cuite supporte mal les mouvements : les joints se fissurent, puis les carreaux se décollent. Le support doit donc être rigide et stable, avec des panneaux bien fixés et, si besoin, une natte qui sépare les mouvements du bois de ceux du carrelage. Sur une dalle, la question est l'humidité : une dalle ancienne posée sur terre-plein se contrôle avant la pose, car la terre cuite y servirait de mèche aux remontées.

Les tomettes anciennes, irrégulières, se posent à la colle en double encollage, c'est-à-dire en enduisant à la fois le support et le dos du carreau, ou sur un lit de mortier. Avant le jointoiement, on applique un produit de protection sur leur face visible : sans lui, le mortier de joint pénètre dans les pores et laisse un voile grisâtre presque impossible à retirer. Les joints, plus larges que sur un carrelage moderne, font partie de l'aspect du sol.

Protéger et nourrir

Une fois posée et parfaitement sèche, la terre cuite reçoit sa protection. Le séchage compte : un traitement appliqué sur un carreau encore humide enferme l'eau et blanchit. Deux familles existent. Les imprégnants hydrofuges et oléofuges pénètrent dans la matière sans former de film et laissent l'aspect naturel ; ils conviennent bien à une salle de bain. La finition traditionnelle, à l'huile de lin puis à la cire, donne une patine profonde, mais la cire supporte mal l'eau répétée.

L'entretien courant se fait à l'eau tiède additionnée d'un savon doux, comme le savon noir, avec une serpillière bien essorée : trop d'eau finit par traverser la protection. Les produits chlorés et les détergents agressifs décapent le traitement. Quand une goutte d'eau ne perle plus et que le carreau fonce, on nettoie, on laisse sécher, puis on renouvelle l'imprégnant, au besoin seulement dans les zones les plus sollicitées, devant le lavabo par exemple.

Le calcaire de l'eau de Honfleur

Les relevés du contrôle sanitaire, publiés réseau par réseau, placent l'eau de la commune de 28 à 32 °f selon le secteur, sur les analyses d'octobre 2025 à août 2026. Une eau aussi dure laisse un cerne blanc partout où une goutte sèche : devant le lavabo, au bord de la baignoire, à la sortie de la douche. Sur une terre cuite rouge, ces auréoles se voient de loin. La terre cuite résiste mieux aux acides qu'un marbre, mais le traitement et les joints à base de ciment, eux, ne les supportent pas.

La prévention reste la meilleure réponse : un tapis de bain absorbant à la sortie de la douche, une paroi qui retient les projections, une raclette pour chasser l'eau vers l'évacuation, un chiffon pour les éclaboussures du lavabo. Une trace installée se reprend au savon doux et à la brosse souple, puis l'on retraite la zone. Nous intervenons à Honfleur et dans les communes voisines, comme Équemauville, La Rivière-Saint-Sauveur et Gonneville-sur-Honfleur.

Questions fréquentes

Un sol en tomettes peut-il être chauffant ?

Oui, la terre cuite transmet bien la chaleur. Un plancher chauffant hydraulique, alimenté par la chaudière ou une pompe à chaleur, se pose sous les tomettes avec une mise en température progressive. Un sol chauffant électrique est raccordé par un électricien. Sur un plancher ancien, on vérifie d'abord l'épaisseur et le poids ajoutés, car tout ce qui rehausse le sol oblige à reprendre les seuils de porte.

D'où viennent les taches blanches sur des tomettes ?

Deux causes se ressemblent. Le calcaire forme des cernes là où l'eau du lavabo ou de la douche a séché. Les efflorescences, elles, apparaissent par plaques, souvent peu après la pose ou au-dessus d'une dalle humide : ce sont des sels qui remontent. On les brosse à sec, sans les laver à grande eau, et l'on traite la cause avant de protéger le sol.