Le ballon dans un placard
Dans les appartements de la ville nouvelle, le ballon électrique occupe souvent un placard de l'entrée, de la cuisine ou de la salle de bain, parfois un faux plafond de couloir. Le nouvel appareil doit tenir dans ce volume, passer par la porte du placard et celles du logement, et laisser l'accès à ses organes de réglage. Une mesure précise vaut mieux qu'une capacité recopiée sur l'ancien.
Tous les logements ne sont pas concernés. Selon l'Insee, 76,4 % des résidences principales d'Hérouville-Saint-Clair se chauffent au gaz de ville ou par un réseau de chaleur, et 19,3 % à l'électricité (2023). Dans un immeuble à chauffage collectif, l'eau chaude est parfois produite par l'immeuble ; ailleurs, une chaudière murale ou un ballon électrique s'en charge. Ce qui suit concerne ce dernier cas.
Vertical, horizontal ou plat
Le ballon vertical mural reste le plus courant et le plus efficace : l'eau chaude monte en haut de la cuve, l'eau froide reste en bas, et l'on puise une eau bien chaude jusqu'au bout. Posé sur un socle au sol, il soulage une cloison trop faible. Le modèle horizontal se loge dans un faux plafond ou au-dessus d'un placard, à condition d'être conçu pour cette position.
Un ballon vertical ne se couche jamais : sa résistance et son anode seraient mal placées. Le modèle plat, moins profond, se glisse dans un placard étroit ou derrière une porte ; il contient moins d'eau pour une même hauteur. Avant de choisir, on relève la hauteur, la largeur et la profondeur disponibles, sans oublier la place des raccords et du groupe de sécurité sous l'appareil.
La capacité qui tient dans le placard
Le placard fixe une limite, mais la capacité doit d'abord répondre aux besoins : nombre d'occupants, douches à la suite le matin, bain occasionnel. À Hérouville, où l'Insee ne compte que 0,9 % de résidences secondaires (2023), le ballon sert tous les jours. Programmé en heures creuses, il doit tenir jusqu'au soir sans laisser le dernier sous une douche tiède.
Quelques réglages aident à tirer parti d'un volume réduit. Une consigne de température suffisante, au moins 55 °C, associée à un mitigeur thermostatique à la douche, fournit davantage d'eau mitigée. Un appareil bien isolé perd moins de chaleur dans le placard. À l'inverse, un ballon trop grand pour le foyer maintient au chaud une eau qui ne sert pas.
Fixation et accès
Plein, un ballon pèse lourd, et son poids tire sur ses fixations jour et nuit. Sur un mur en béton, on utilise des chevilles et des tiges adaptées à cette charge. Sur une cloison légère en plaques ou en carreaux de plâtre, on pose l'appareil sur un trépied ou un socle au sol. En faux plafond, il repose sur un berceau fixé à la dalle, jamais sur le faux plafond lui-même.
L'accès compte autant que la fixation. Le groupe de sécurité, le capot électrique, le thermostat et l'anode doivent rester atteignables sans démonter le placard. Une porte trop étroite s'élargit ou se rend démontable, une trappe de faux plafond s'agrandit pour laisser sortir la cuve. Sous un ballon horizontal placé au-dessus d'une pièce, un bac de rétention limite les dégâts d'une fuite.
Groupe de sécurité et évacuation
Le groupe de sécurité est obligatoire sur l'arrivée d'eau froide de tout chauffe-eau à accumulation. Sa soupape laisse s'échapper l'eau dilatée par la chauffe et protège la cuve d'une surpression. Cette eau doit partir vers une évacuation, par un entonnoir siphonné qui laisse voir l'écoulement. Dans un placard sans évacuation, c'est souvent là que les installations anciennes ont été bricolées.
Un tuyau d'évacuation se tire alors jusqu'au siphon le plus proche, sous un évier ou un lavabo, avec une pente régulière. Si aucune pente n'est possible, une petite pompe de relevage prend le relais. Un écoulement permanent signale une soupape entartrée, fréquente avec une eau autour de 28 °f comme celle d'Hérouville, ou une pression d'arrivée trop forte, que corrige un réducteur de pression.
Le remplacement en pratique
Le jour du remplacement, tout s'enchaîne dans un ordre précis, du courant coupé jusqu'au premier contrôle d'eau chaude. Dans un immeuble, on prévoit aussi le passage de l'ancienne cuve par l'escalier ou l'ascenseur, en protégeant les parties communes, et son dépôt dans une filière de recyclage. L'eau froide reste en général disponible pendant l'opération, puisque seule l'arrivée du ballon est fermée.
La première chauffe se surveille : le groupe ne doit goutter que pendant la montée en température, et aucun raccord ne doit suinter. La notice et la date de pose se rangent près de l'appareil. Avec une eau dure, notez aussi de faire contrôler l'anode et détartrer la cuve à intervalles réguliers.
- Couper l'alimentation électrique du ballon au tableau
- Fermer l'arrivée d'eau froide, ouvrir un robinet d'eau chaude et vidanger par le groupe
- Déposer l'ancien appareil, puis vérifier les fixations et la ligne électrique
- Poser le neuf avec des raccords diélectriques et un groupe de sécurité neuf
- Remplir la cuve en entier, en laissant couler l'eau chaude jusqu'à disparition des bulles
- Contrôler l'étanchéité, puis remettre sous tension
Questions fréquentes
Peut-on remplacer un ballon vertical par un modèle horizontal ?
Oui, si le nouvel appareil est conçu pour la pose horizontale et si l'emplacement le permet. Les fixations, la position des raccords et l'accès au capot changent : on les prévoit avant la commande. À volume égal, un ballon horizontal fournit un peu moins d'eau bien chaude qu'un vertical.
Mon placard n'a aucune évacuation : où raccorder le groupe de sécurité ?
Au siphon le plus proche, sous un évier ou un lavabo, par un petit tuyau posé en pente régulière, ou sur une évacuation de la cuisine. Si la pente manque, une petite pompe de relevage peut convenir. Laisser le groupe couler dans un seau ou dans le vide n'est jamais une solution.
Faut-il un électricien pour changer le chauffe-eau ?
Si la ligne existante est conforme, avec un circuit dédié, une protection adaptée et une liaison à la terre, le raccordement électrique du nouvel appareil suit simplement l'ancien. Si elle est ancienne ou incomplète, un électricien la remet à niveau selon la norme NF C 15-100 avant la mise en service.