Rester chez soi
À Caen, d'après l'Insee, 83,3 % des logements sont des appartements, et une grande partie des résidences principales date de 1946 à 1990. Bien des salles de bain y ont été conçues autour d'une baignoire, dans une pièce étroite, avec une porte qui s'ouvre vers l'intérieur. Ce plan convient tant que l'on est agile ; il devient un obstacle quand l'équilibre ou la force diminuent.
Adapter la pièce avant une chute est plus simple qu'après : on choisit à tête reposée, et les travaux restent limités. L'objectif n'est pas de médicaliser la salle de bain, mais de supprimer les gestes à risque : enjamber, se pencher, se relever sans prise, chercher l'interrupteur dans le noir. On part des difficultés réelles de la personne, pas d'un catalogue d'équipements.
Baignoire ou douche
Remplacer la baignoire par une douche est le plus souvent la priorité. En étage, une douche de plain-pied dépend de la hauteur disponible pour l'évacuation : dans les immeubles de Caen, un receveur extra-plat, posé au ras du sol ou avec un ressaut minime, est souvent le bon compromis. Il doit rester antidérapant même mouillé, avec un léger relief sous le pied.
Certaines personnes tiennent à leur bain. Il existe des baignoires à porte, qui évitent d'enjamber le rebord, mais il faut attendre qu'elles se vident pour sortir, ce qui les rend peu pratiques au quotidien. Un siège pivotant posé sur le rebord dépanne un temps. Le plus souvent, une douche spacieuse équipée d'un siège rabattable rend davantage de services qu'une baignoire adaptée.
Élargir et dégager
La porte est le premier point à regarder. Une porte qui s'ouvre vers l'intérieur peut être bloquée par une personne tombée derrière elle : on inverse son sens pour qu'elle s'ouvre vers l'extérieur, ou on la remplace par une porte coulissante. Si un déambulateur ou un fauteuil doit passer, l'élargissement de l'huisserie, c'est-à-dire du cadre de la porte, se décide avec la cloison, et avec la copropriété si le mur est porteur.
À l'intérieur, on dégage le sol : meuble-vasque suspendu qui laisse passer les genoux, suppression des tapis, sèche-serviettes fixé hors du passage. Un sol antidérapant pour pieds nus, sans seuil entre la douche et le reste de la pièce, limite les risques. La lumière compte aussi : un éclairage franc, un interrupteur près de la porte et une veilleuse sur le trajet depuis la chambre.
Appuis et robinetterie
Les barres d'appui se placent là où l'on change de position : à l'entrée de la douche, près du siège, à côté du WC. Elles doivent supporter tout le poids d'une personne qui glisse, ce qui dépend autant de la barre que du mur. Dans les immeubles de cette époque, les cloisons en carreaux de plâtre ou en brique creuse exigent des fixations spéciales, voire un renfort posé derrière le carrelage.
La robinetterie se choisit pour être utilisée sans effort ni risque de brûlure, y compris par une personne dont la vue ou la sensibilité des mains diminue. Quelques équipements font une vraie différence au quotidien, sans transformer la pièce en salle de soins ; ils se combinent selon les besoins de chacun et peuvent s'ajouter au fil du temps :
- un mitigeur thermostatique, avec une butée qui évite l'eau trop chaude
- des manettes à levier, faciles à manœuvrer même avec des mains raidies
- une douchette sur barre, réglable en hauteur et utilisable assis
- un siège de douche rabattable, fixé au mur
- un WC rehaussé ou suspendu à la bonne hauteur, avec une barre à portée de main
Aides publiques et autorisations
Des aides publiques existent pour adapter un logement à l'avancée en âge. MaPrimeAdapt', présentée sur anah.gouv.fr, peut en faire partie selon votre situation. Le plus sûr est de vous renseigner avant de vous engager, en gardant à portée de main un devis détaillé, poste par poste, qui décrit précisément les équipements prévus et leur emplacement.
Si vous êtes locataire, les travaux se demandent d'abord par écrit au propriétaire, dont l'accord est nécessaire. En copropriété, un aménagement intérieur de la salle de bain ne touche pas les parties communes ; seule une intervention sur un mur porteur ou sur la chute demande l'avis de l'assemblée générale. Prévenir le syndic du chantier reste une bonne habitude.
Organiser des travaux courts
Dans un appartement de Caen, un chantier d'adaptation se prépare pour durer le moins longtemps possible, surtout quand la personne continue d'y habiter. Tout se choisit avant le premier jour : receveur, robinetterie, barres, siège, revêtements. Les mesures sont prises lors de la visite et le matériel est commandé à l'avance, pour qu'aucune pièce manquante n'immobilise la salle de bain.
Pendant les travaux, la douche est hors service : prévoyez une solution chez un proche ou dans une autre salle d'eau. Le WC, lui, reste utilisable le soir chaque fois que l'organisation du chantier le permet. Prévenez le gardien et les voisins, et réservez l'ascenseur si le règlement le prévoit, pour que l'évacuation des gravats se fasse sans encombre.
Questions fréquentes
Peut-on garder la baignoire et ajouter seulement des barres ?
C'est possible à court terme : une barre verticale à l'entrée de la baignoire et une autre le long du mur aident à entrer et à sortir. L'enjambement reste toutefois l'un des gestes les plus risqués. Si la personne a déjà du mal à lever la jambe, mieux vaut programmer le passage à la douche avant qu'une chute ne l'impose.
Faut-il changer le WC en même temps que la douche ?
Ce n'est pas obligatoire, mais c'est souvent judicieux si les travaux ouvrent déjà la pièce. Un WC trop bas oblige à forcer sur les genoux : une cuvette rehaussée, ou un WC suspendu posé à la bonne hauteur, associé à une barre d'appui, facilite beaucoup le quotidien. Dans des toilettes séparées, l'intervention peut aussi se faire plus tard.