Les dimensions d'une vraie grande douche
Une grande douche se mesure à l'aisance, pas à un chiffre sur un plan. On doit pouvoir s'y tourner bras écartés sans toucher la paroi, se tenir hors du jet pour se savonner et, si elle est prévue pour deux, s'y croiser sans se gêner. Sa longueur égale souvent celle d'une baignoire, ou la dépasse, et son entrée se franchit sans se contorsionner.
La place se gagne sur une baignoire déposée, un placard ou une partie de chambre. D'après l'Insee, plus de quatre résidences principales sur dix datent de 1971 à 1990 à Tourgéville, et leurs salles de bain ont rarement été prévues pour une douche de cette taille. Avant de dessiner, on repère le passage de l'évacuation : l'emplacement qui offre la plus belle vue n'est pas toujours celui que permet la pente.
Débit, pression et eau chaude
Deux pommeaux qui coulent ensemble demandent deux fois plus d'eau qu'un seul. Si l'alimentation est trop juste, le débit chute dès qu'un robinet s'ouvre ailleurs dans la maison. On vérifie donc la pression disponible, la section des tuyaux qui desservent la salle de bain, et l'on prévoit au besoin une alimentation plus grosse depuis la nourrice, ce collecteur d'où partent les canalisations du logement.
Le mitigeur thermostatique doit fournir ce double débit à température stable : certains modèles encastrés pilotent deux sorties, ensemble ou séparément. Côté production, une douche à deux pommeaux vide un ballon nettement plus vite. Dans une maison où toute la famille se douche le même matin, l'eau chaude se dimensionne avec cette douche en tête, et non l'inverse.
Caniveau et paroi : contenir l'eau
Le siphon central, placé au milieu de la douche, impose des pentes dans quatre directions : le carrelage doit être découpé en pointes de diamant, ce qui convient mal aux très grands formats. Le caniveau, une évacuation longue et étroite posée le long d'un mur ou à l'entrée, permet une pente dans un seul sens. Le sol forme alors un plan incliné continu, plus simple à carreler et plus agréable sous le pied.
Contre le mur du fond, le caniveau se fait oublier ; à l'entrée, il retient l'eau qui chercherait à rejoindre la pièce. Sa capacité d'évacuation doit dépasser le débit des deux pommeaux réunis. Côté projections, plus une douche est profonde, moins elle a besoin de paroi : une seule paroi fixe en verre, sans porte, suffit souvent, à condition d'orienter les pommeaux vers le fond. Un sol chauffant compense la fraîcheur d'une douche ouverte.
La paroi se fixe dans un support solide et se stabilise par une barre vers le mur ou le plafond, ou par un profilé encastré dans le sol. Un verre extra-clair, moins teinté que le verre ordinaire, met les matériaux en valeur. Un traitement anticalcaire facilite l'entretien, bienvenu avec une eau de 30 à 32 °f selon les réseaux de Tourgéville, d'après le contrôle sanitaire. Une raclette accrochée à portée de main fait le reste.
Banc maçonné et niches
Un banc maçonné fait de la douche un lieu où l'on s'attarde, et il rend service pour se raser les jambes ou aider un enfant. Il se monte en blocs ou en panneaux hydrofuges, puis reçoit la même étanchéité que le sol et les murs, sur toutes ses faces. Son assise est légèrement inclinée vers la douche pour que l'eau ne stagne pas, et ses arêtes sont adoucies.
Les niches évitent les étagères rapportées, qui finissent par rouiller ou se décoller. Elles se creusent dans une cloison ou un doublage plutôt que dans un mur extérieur, où elles créeraient un point froid propice à la condensation. Bien dessinées, elles se fondent dans le calepinage, le plan de pose des carreaux. Quelques règles les rendent pratiques au quotidien :
- les placer hors du jet principal, pour que les flacons ne restent pas sous l'eau
- les mettre à une hauteur accessible debout comme assis sur le banc
- incliner légèrement leur fond vers l'avant pour qu'elles s'égouttent
- aligner leurs bords sur les joints du carrelage
- traiter l'étanchéité de leurs angles comme celle de la douche
Matériaux nobles faciles à vivre
La pierre naturelle donne à une grande douche son caractère, mais elle a ses exigences. Un marbre ou un calcaire est poreux : il se tache, et les produits acides, détartrants compris, ternissent sa surface. Avec une eau aussi dure, on l'entretient avec des produits neutres et on le protège par un traitement hydrofuge, renouvelé de temps en temps. Au sol, une finition adoucie ou brossée glisse moins qu'un poli.
Le grès cérame en grand format imite très bien la pierre ou le béton, sans porosité, et supporte tous les produits. Le tadelakt, un enduit à la chaux lissé à la main, et le béton ciré offrent une surface sans joints, mais demandent une pose experte et un entretien suivi. Côté robinetterie, le laiton brut ou brossé vieillit avec la pièce. Dans une maison souvent fermée, une matière qui sèche vite et marque peu les traces d'eau rend chaque arrivée plus agréable.
Questions fréquentes
Peut-on chauffer le banc d'une douche maçonnée ?
Oui, avec un câble ou un film chauffant électrique noyé sous le carrelage, ou par une boucle reliée au chauffage central. La partie électrique relève d'un électricien et doit respecter les volumes de sécurité de la norme NF C 15-100. Le banc reçoit ensuite la même étanchéité que le reste de la douche.
Une douchette à main reste-t-elle utile avec deux pommeaux fixes ?
Oui. Elle sert à rincer les parois et le banc, à se laver sans mouiller ses cheveux, ou à enlever le sable des pieds au retour de la plage. Montée sur une barre ou sur un support fixe près du banc, elle se commande par l'inverseur du mitigeur thermostatique, qui répartit l'eau entre les sorties.